02.05.2009
pub et cinéma
La grande pub n'est plus de saison. Il importe de distiller les marques non plus dans des espaces qui leur sont réservés à côté des contenus, mais au sein même de ces contenus. A condition de rendre cette fusion ludique et acceptable. Le phénomène est bien connu des téléspectateurs américains: en 2004, la société PQ Media a comptabilisé 9.334 intrusions de marques dans les émissions télévisées américaines, ce qui représente un investissement d'un montant total de 4,25 milliards de dollars, en hausse de 23% par rapport à 2003. Ainsi, les candidats du jeu de téléréalité "Survivor", isolés sur une île déserte tels des Robinson, survivent-il grâce aux chips Doritos et à la bière Mountain Dew!
Au cinéma, où le placement des produits assure une bonne part du budget des films, des scènes entières sont scénarisées en fonction des impératifs de ces annonceurs clandestins. On sait que les films de James Bond constituent une publicité ambulante pour des marques de voitures, de montres ou de whiskys. Mais Steven Spielberg s'impose aussi comme un des maîtres du genre. En 1982, l'extraterrestre E.T. manifestait un appétit hors norme pour les Reese's Pieces, une marque américaine de bonbons. En 2002, dans Minority Report, dont l'intrigue se déroule en 2054, le réalisateur offre une postérité à des marques comme Pepsi, Reebok, Guinness, Century 21 et Gap grâce à des plans, voire des séquences entières, totalement inutiles mais, pour le plus grand bonheur de la production, grassement rémunérées.
En France, les adeptes de ce Truman Show qui n'a plus rien de futuriste ont pour noms, entre autres, Claude Lelouch ou Luc Besson. Par le truchement de sa société de production EuropaCorp, ce dernier assure une publicité suivie pour Peugeot dans la série des films "Taxi".
Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.
accuser notre ami E.T. maintenant...
jusqu'où ira la paranoïa de mme bénilde?
d'autant que:
La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.
Jacques Séguéla.
08:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marie bénilde, jacques séguéla, publicité, cinéma, médias, usa, marketing
01.05.2009
retirer mes guignols d'irak
et pas dans cent sept ans hein
maintenant!
pendant qu'on y est, retirer les troupes d'afghanistan
retirer les troupes d'un peu partout en fait
rapatrier tous ces pauvres crétins et débloquer du pognon pour leur apprendre un vrai métier
refonder l'assurance maladie, l'assurance chômage, les retraites, arranger tout le bordel de façon à offrir à chacun une vie décente
mettre un terme au hold-up permanent de la finance
avec le blé récupéré, assurer la transition vers la décroissance
quoi d'autre?
ah oui, désarmorcer ces saloperies de missiles nucléaires, bon dieu je sais même pas combien y'en a au juste, démanteler le complexe militaro-industriel quoi merde
rouvrir évidemment le dossier du 11 septembre
avec, pour changer, une commission réellement indépendante
traduire bush et sa clique (et les financiers au-dessus d'eux) en justice pour crimes contre l'humanité
bon là c'est la fête du travail, pas de bol, mais je m'y mets demain matin, promis
08:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bush, obama, usa, politique, golfe, guerre, 11 septembre
29.04.2009
la vérité sur le 11 septembre
trève d'incurie! foin d'incompétence! éructa groumpf
et tout naturellement c'est lui qui fut désigné pour présider la nouvelle commission d'enquête sur les attentats de sinistre mémoire et du 11 septembre, laquelle commission (totalement indépendante) rend aujourd'hui ses conclusions, arrachées de haute lutte aux ténèbres de l'oubli et de la propagande maisonblanchienne, au prix de bien des heures de beuverie et autres tirages de cheveux, sans compter les pauses pipi, caca, pipi-caca, dégueulis, branlette et sandwiches au gruyère
et ces conclusions stupéfiantes les voici:
- le world trade center N'A JAMAIS EXISTE!! ce que vous avez vu (ou cru voir) sur les cartes postales dans le ciel de new york, c'était soit des images de synthèse, soit une maquette d'à peine quelques mètres de haut comme le prouve la photo ci-dessous (rappelons qu'un gorille mâle mesure en moyenne 1,75 m, même en érection):
signé les membres de la commission: lisa, insanity jane, groumpf, régis, le chien à régis, un ami drogué qui passait
ça vous la coupe hein
bon la commission travaille actuellement d'arrache-pied et à bride abattue en vue de produire une DEUXIEME conclusion tout aussi ébouriffante que la première, mais alors là j'ai pas envie d'en parler encore, c'est trop prématuré
08:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 septembre, usa, king kong, beuverie, humour, branlette
18.04.2009
la globalisation ça marche à quoi?
Au fric. Il n'est pas forcément inutile de le rappeler: ramenée à l'essentiel, débarrassée de tout clinquant, la globalisation c'est une histoire de gros sous. C'est un mouvement de l'argent. C'est l'argent qui cherche un terrain de jeu plus vaste, parce qu'à force d'être confiné dans un même espace il a du mal à se multiplier, et il s'asphyxie. Pendant des siècles, cette petite pratique a voulu dire une seule et unique chose: faire la guerre. Envahir la ville voisine. On les raconte différemment, mais les guerres ont toujours été faites pour remettre l'argent en mouvement, pour conquérir d'autres marchés, pour s'emparer des ressources des autres. Faire respirer l'argent.
Si je voulais faire une comparaison, ce qui me viendrait à l'esprit ce serait la conquête de l'Ouest. Là aussi l'objectif était d'agrandir le terrain de jeu de l'argent pour lui permettre de se reproduire. Le Far-West était l'agrandissement idéal du terrain de jeu: des kilomètres de terres qu'ils suffisait d'aller prendre [en passant sur le cadavre encore tiédasse des Indiens coco faudrait voir à pas l'oublier, n.d'.i.j.] pour les remplir de consommateurs. Le seul problème, pour le monde d'alors [à part les Indiens], c'était la distance. Et voici la solution: le chemin de fer. Un peu comme internet aujourd'hui, le chemin de fer raccourcissait l'espace et le temps. Il transformait un espace gigantesque en un unique pays. Il fallait cependant le construire, et pour cela il fallait de l'argent, et pour en trouver il fallait qu'il y ait tout de même des gens prêts à risquer leurs propres sous, et après cela il fallait encore qu'un tas de gens aient vraiment envie de monter dans ce train et de s'en aller refaire leur vie à des milliers de kilomètres de là. Il fallait qu'un tas de gens soient convaincus que l'Ouest, ça existait vraiment. Jamais ils ne seraient partis, ces trains, si l'on n'avait pas réussi, bien avant de les construire, à y faire monter l'imagination des gens.
Il y a dix ans, la globalisation c'était exactement ce genre de chose. Une chose qui n'existait pas mais qui pouvait devenir réelle: à la condition que tout le monde se persuade qu'elle existait.
Alessandro Baricco, Next. Petit livre sur la globalisation et le monde à venir, 2002.
08:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, alessandro baricco, économie, capitalisme, pognon, usa, consommation
18.02.2009
le rock fait mousser la bière
Au lieu de tout simplement intervenir dans des publicités pour de la bière, comme ils l'auraient fait dans les années 1980, des artistes comme Hole, Soundgarden, David Bowie et les Chemical Brothers jouent désormais lors de concerts organisés par les brasseurs. La brasserie Molson, propriétaire à 50% du seul producteur national de concerts du Canada, promeut son nom presque chaque fois qu'une vedette du rock ou de la pop monte en scène. [...] Mais, dès le milieu des années 1990, Molson se lassa d'être reléguée en fond de scène. Les vedettes du rock avaient une fâcheuse tendance à accaparer les feux de la rampe et, pis, elles insultaient parfois leur sponsor au cours du spectacle.
Incapable de le supporter, Molson organisa en 1996 son premier Blind Date Concert. Le concept, exporté depuis aux Etats-Unis par la société-soeur Miller Beer, est simple: il s'agit de lancer un concours dont les gagnants pourront assister à un concert exclusif organisé par Molson et Miller. Et voici l'argument décisif: garder secret le nom du groupe jusqu'à ce qu'il entre en scène. La tension monte (soutenue par des campagnes publicitaires nationales qui la font mousser), mais le nom que chacun a sur les lèvres n'est ni celui de David Bowie, des Rolling Stones, de Soundgarden, d'INXS... mais celui de Molson et Miller.
Naomi Klein, No Logo, 2000.
07:25 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : naomi klein, rock, publicité, marketing, consommation, usa
05.02.2009
guerre en direct
La couverture de l'opération "Tempête du désert", lors de la guerre du Golfe, en 1991, ne pouvait donner lieu qu'à un malentendu, les médias promettant de montrer la "guerre en direct", alors que les militaires avaient décidé de ne proposer aux journalistes que des leurres.
[...] Le professeur Mark Cristin-Miller, de l'université de New York, le confirme: "'Tempête du désert' a été une opération de propagande d'une dimension sans précédent. Ce fut un désastre pour la presse occidentale et pour le peuple américain, car tout a été orchestré comme une chorégraphie et manipulé par le Pentagone. Et les médias l'ont accepté."
[...] Les guerres, dans un univers surmédiatisé, sont devenues de grandes opérations de promotion politique qui ne sauraient être conduites en dehors des impératifs de relations publiques. Elles doivent produire des images propres, limpides, répondant aux critères du discours de propagande ou, en termes contemporains, du discours publicitaire.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
tempête du désert... attends ça me dit quelque chose...
c'est pas la suite de la guerre des clones?
avec will smith c'est ça?
ouais, si je me souviens bien c'est quand le joker (qu'on croyait mort) refait surface déguisé en ben laden et menace de sodomiser mère teresa si on lui refile pas fissa les clés du faucon millenium vu qu'il en a un besoin urgent pour échapper aux griffes de la malédiction de la momie transgénique d'hitler
on l'a vu avec lisa
(le film, pas le joker)
je te raconte pas comme on a chialé à la fin surtout quand le brillant général américain bourré de médailles et de tempes grisonnantes rate une marche en descendant de son bombardier atomique et se foule une cheville et qu'on lit la souffrance et l'incompréhension dans ses yeux égarés et qu'il pousse sa gueulante déchirante sur fond de villes bougnoules irradiées:
WHY!
ça m'a tuée
06:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, usa, médias, golfe, cinéma, ignacio ramonet, politique
11.01.2009
réduire la population
La seule manière d'assurer un maximum de bien-être à un maximum de personnes tout en préservant le capitalisme est une baisse de la population. [...] Les stratégies modernes de réduction de la population auront forcément un coût. Il devra être le moins élevé possible, ne nécessiter aucun équipement spécial et n'exiger qu'un minimum de personnel. Le modèle Auschwitz est le contraire de ce qu'il faut pour atteindre l'objectif.
[...] La sélection des "victimes" ne devra être le fait de personne, sinon des "victimes" elles-mêmes. Elles se choisiront elles-mêmes sur des critères d'incompétence, d'inaptitude, de pauvreté, d'ignorance, de paresse, de criminalité et ainsi de suite; en un mot, elles se trouveront dans le groupe des perdants.
[...] L'ère des fortes oppositions politiques et des grands fronts de solidarité tels qu'ils se sont développés à propos du Viêt-nam, du Chili, du Nicaragua ou de l'Afrique du Sud -- cette ère-là est terminé. Lorsqu'il sera question des batailles contemporaines conduites par les pauvres, avec leurs stratégies politiques confuses et leurs massacres en apparence aveugles, il faudra toujours laisser sous-entendre que cela se passe chez des barbares et des sauvages, que le monde civilisé considère ces conflits comme pitoyables, infantiles et insolubles. La cohésion de l'Occident en sortira renforcée, ce qui est un avantage supplémentaire.
La réaction du monde civilisé aux conflits des pays du Sud n'en devrait pas moins se centrer sur les missions humanitaires. Si une telle proposition peut paraître en contradiction avec notre objectif final, n'oublions pas que sauver cinquante personnes, de préférence en présence de caméras, peut constituer un rideau de fumée bien pratique pour en éliminer cinquante mille.
Susan George, Le Rapport Lugano, 2000.
la susan n'empêche elle a rien inventé, regarde, elle a tout pompé sur le bon dr kissinger qui écrivait déjà en 1974 dans Incidences de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des Etats-Unis et sur ses intérêts outre-mer (tout un programme):
Pour perpétuer l'hégémonie américaine du monde et assurer aux Américains un libre accès aux minéraux stratégiques de l'ensemble de la planète, il est nécessaire de contenir, voire de réduire la population des treize pays du Tiers-monde (Inde, Bangladesh, Nigéria...) dont le poids démographique à lui seul les condamne, pour ainsi dire, à jouer un rôle de premier plan en politique internationale.
les amerloques doivent avoir un "libre accès" aux richesses de "l'ensemble de la planète" capito?
07:37 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, guerre, henry kissinger, susan george, auschwitz, usa, tiers-monde
07.01.2009
manufacturing consent, noam chomsky & the media, 1992
En 1978, c'était devenu un vrai génocide. On évalue à 200.000 le nombre de personnes qui ont été tuées. Les USA avaient fourni 90% des armes. Dès l'invasion, les cargaisons affluent. Quand les armes viennent à manquer, l'administration Carter augmente les livraisons. D'autres pays suivent. Le Canada, l'Angleterre, la Hollande, tous ceux qui veulent s'enrichir sont là pour veiller au massacre. On ne se soucie pas en Occident de questions d'atrocités s'il y a un profit à faire. Cet exemple l'illustre parfaitement...
génocide "oublié" au timor oriental
génocide cambodgien monté en épingle pour désigner à l'opinion les "vrais" méchants
les grands médias au service de washington et de l'occident
au service du pognon, quoi
la routine
autre documentaire indispensable sur et avec chomsky
07:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chomsky, politique, usa, médias, guerre, génocide, emule
20.12.2008
manatane
un couple d'indiens algonquins ramasse des champignons sur une île de la côte est de l'amérique du nord vers 1600, soudain l'homme s'assied par terre en se tenant le dos, la femme se retourne, exaspérée
douce truie du matin - museau qui refoule! c'est encore moi qui fais tout le boulot
museau qui refoule - je t'aiderais bien, douce truie du matin, mais y'a mon lumbago qui recommence à me travailler, faut que je reste un petit moment sans remuer le fion sinon je sais comment ça va finir: je vais en baver tout le week-end, obligé de rester avec les vieilles et les nourrissons pendant que les copains s'éclateront à la chasse au hérisson, merci bien
truie - sale menteur, je suis sûre que tu simules, et pis déjà quand on est fragile du dos on se balade pas en jupette en plein mois d'octobre, je m'excuse
museau - c'est l'été indien
truie - oh arrête un peu avec tes arguments bidon! la vérité c'est que je m'échine à te tricoter des caleçons longs en poils de mouffettes mais tu les mets jamais, on dirait que tu le fais exprès, franchement... tiens! des girolles... c'est des girolles au moins, ça?
museau - quoi donc?
truie - mais ça!
museau - mais je vois que dalle d'ici, truie, tu comprends donc pas que si je me tourne d'un millimètre je reste coincé?
truie (exaspérée, elle vient les lui mettre sous le nez) - ça!
museau - t'es malade ou quoi? c'est des cèpes
truie - sans blague?
museau - ben ouais, regarde la forme du truc, pis l'odeur, pis là quand c'est jaunâtre comme ça sous le pourtour du chapeau, tu vois? alors pas de doute c'est des cèpes
truie - t'es sûr?
museau - trois plumes de corbeau et deux cailloux noirs brillants
truie - tenu, on demandera au sorcier
elle repart ramasser
il veut hausser les épaules mais ça lui fait un mal de chien
truie (apercevant quelque chose au loin) - tiens! des blancs
museau - ah non hein! si c'est blanc à l'extérieur t'y touches surtout pas, c'est des vénéneux, c'est de la vraie saloperie, bas les pattes!
truie - nan je te parle des trois types qui s'amènent là-bas, c'est des blancs
museau - où ça? (essaie de se tourner sans succès) putain de bordel de vertèbres de merde, ils sont comment?
truie - blancs, très blancs
museau - alors pas de doute c'est des blancs
truie - ils viennent vers nous
museau - évidemment, les blancs ça vient toujours vers les autres, c'est investi d'une sorte de mission sacrée les blancs, ça peut pas rester dans son coin cinq minutes, c'est comme ça
truie - ce qu'ils sont zarbis!
museau - zarbis comment?
truie - leurs sapes c'est n'importe quoi, pis ils sont en équilibre sur des grandes bestioles, des sortes de caribous sans cornes, tu verrais ça, c'est d'un ridicule
museau (essaie encore de se tourner puis renonce) - ouais ben arrête un peu de te bidonner comme ça, truie, ça pourrait les énerver, les blancs des fois c'est chatouilleux au niveau de l'ego, ça se prend pas pour de la merde
truie - ils s'approchent... les voilà... (chuchote:) ils s'arrêtent
un temps
museau (chuchote:) - et maintenant ils font quoi?
truie (chuchote:) - ils nous regardent dans le blanc des yeux, enfin surtout moi... oh la vache!
museau (chuchote:) - quoi? qu'est-ce qui se passe?
truie (chuchote:) - le blondinet là, tu verrais ça
museau (chuchote:) - quoi?
truie (chuchote:) - ben il a une peau superbe, pâle comme j'ai jamais vu, c'est magnifique
museau (chuchote:) - pfff! et après?
truie (chuchote:) - et après je te ferais bien une tabatière avec ses couilles, je pense à des trucs pratiques moi, j'ai un ménage à tenir
museau (chuchote:) - pas question
truie (chuchote:) - pourquoi? on n'a qu'à les buter tous les trois, je les bute?
museau (chuchote:) - nan
truie (chuchote:) - steuplé
museau (chuchote:) - on est pas des sauvages putain, fous-leur la paix! on risquerait l'incident diplomatique
truie (chuchote:) - dommage
museau (chuchote:) - en parlant de tabatière, je vais m'en griller une petite moi... (sort une longue pipe et fume)... ils veulent quoi au fait les guignols?
truie (chuchote:) - chut! attends, justement on est en train de jacter... (à haute voix:) ouais alors mon mec là, çui qu'a un lumbago c'est museau qui refoule, et moi c'est douce truie du matin, enfin mon nom officiel si vous voulez c'est douce truie adipeuse et pétomane qui parfume l'atmosphère du tipi dans la moiteur sereine du matin, mais vous pouvez m'appeler truie... (oeillade)... je vous ai jamais vu par ici, qu'est-ce qui vous amène?
elle éclate de rire
museau (chuchote:) - quoi? qu'est-ce qu'il a dit?
truie (chuchote:) - tu devineras jamais
museau (chuchote:) - mais quoi?
truie (chuchote:) - ils sont barjos, je te jure, tu sais ce qu'il me dit?
museau (chuchote:) - mais non!
truie (chuchote:) - ils veulent acheter l'île
museau (chuchote:) - quelle île?
truie (chuchote:) - ben l'île où on est là actuellement en train ramasser des girolles, enfin surtout moi, l'île où t'as posé ton gros cul sous prétexte de mal au dos mon salaud
museau (chuchote:) - ah oui, cette île là
truie (chuchote:) - voilà
museau (chuchote:) - mais qu'est-ce qu'il veulent en foutre?
truie (chuchote:) - est-ce que je sais moi?
museau (chuchote:) - bon peu importe... (à haute voix:) de toute façon, messieurs, l'île est propriété du...
truie (chuchote:) - attends, ferme-la!
museau (chuchote:) - mais elle est pas à nous cette île! dis-leur que c'est pas possible, l'île appartient au grand esprit
truie (chuchote:) - j'ai une meilleure idée... (à haute voix:) vous en offrez combien?
museau (chuchote:) - truie! tu fais chier
truie (chuchote:) - ta gueule... (à haute voix:) bon... euh... doublez la mise et l'île est à vous, ok?
museau (chuchote:) - on va avoir des emmerdes, je le sens
truie (chuchote:) - mais non, mais non... (à haute voix:) tope-là mon petit pote! et aboule les coquillages maintenant, cinquante hein? pas un de moins... (chuchote:) putain de sa race, ils en avaient plein les poches les mecs, j'en étais sûre, je peux sentir le pognon à distance moi
museau (chuchote:) - c'est malhonnête ce que tu fais
truie (chuchote:) - oh arrête un peu avec ta morale à deux balles, on dirait un gamin
museau (chuchote:) - n'empêche qu'un jour ou l'autre ces pauvres ahuris s'apercevront que tu les as entubés, c'est fatal, et alors là...
truie (chuchote en comptant les coquillages:) - vingt, vingt et un, vingt deux, et alors là quoi?
museau (chuchote:) - ben je sais pas mais...
truie - trente sept, trente huit, pardon?... ouais ça va de là jusqu'à la falaise là-bas à l'autre bout, toute cette putain d'île quoi, comme on a dit, sans me vanter faut reconnaître que vous avez fait une sacrée affaire les mecs aujourd'hui hein, vous avez bien fait de venir, quarante sept, quarante huit, quarante neuf et... quoi?... (pouffe et chuchote:) oh l'autre! il demande comment elle s'appelle
museau (chuchote:) - qui ça?
truie (chuchote:) - ben l'île! ils veulent savoir comment on l'appelle
museau (chuchote:) - non!
truie (chuchote:) - je te jure! complètement débiles ces blancs, ils croient que les îles ont des noms
museau (chuchote:) - bien fait pour toi, t'es bien attrapée maintenant, je te l'avais dit qu'on aurait des emmerdes
truie (chuchote:) - penses-tu! je vais inventer un truc, n'importe quoi, ils seront contents, tu vas voir... (à haute voix:) elle s'appelle mana... euh... manana... euh non... manata qu'elle s'appelle... quoi?... manatane ouais c'est ça, grand, elle s'appelle manatane, c'est chouette comme nom, pas vrai? ça veut dire l'île aux trois blaireaux
museau (chuchote:) - franchement des fois tu me dégoûtes
truie (chuchote:) - mais ferme un peu ta grande gueule, le mec il est ravi, tu verrais ça, il en peut plus de joie, il répète comme ça manatane, manatane, il va aller retrouver ses congénères là-bas je sais pas où dans la jungle pourrave d'où ils sortent les blancs et il va leur faire comme ça manatane manatane manatane, ils vont tous se branler pendant des siècles avec ce mot, tu vas voir, et grâce à qui?
museau (chuchote:) - pfff! ils sont trop naïfs aussi ces blancs
truie (chuchote:) - tu m'étonnes, ils sont graves de chez graves
museau (chuchote:) - s'ils sont tous comme ça chez eux, elle ira pas loin leur civilisation, enfin si on peut appeler ça une civilisation hein, moi je leur donne encore dix ans et pis ils disparaissent de la face de la terre, comme les dinosaures, et crois-moi en les éliminant le grand esprit leur fait une sacrée fleur
truie (chuchote:) - tiens ils s'en vont
museau (chuchote:) - acheter une autre île peut-être... (se met à rire)
truie (sourire figé) - ouais ciao les gars, à la revoyure!
museau - ah les cons! pourquoi pas acheter des bonshommes aussi pendant qu'on y est? et pis vous voulez pas mon foie? mes reins? et pis la flotte des rivières? et pis le droit de pisser dedans? nan mais où est-ce qu'on va avec des tordus pareils?
truie (sourire figé, faisant de grands signes d'adieu) - c'est ça cassez-vous les macaques, je vous ai assez vus avec vos caribous sans cornes et vos chapeaux qui craignent la mort, putain même une nuit sans lune j'oserais jamais me balader sapée comme ça, d'où qu'elle peut bien sortir cette soi-disant culture à ton avis? tu crois qu'ils ont vraiment traversé la mer comme il a dit le blondinet?
en transe, il n'entend pas
truie - leurs coquillages sont magnifiques, ça faut reconnaître, regarde çui-là
en transe, il ne réagit pas
truie - je vais me le mettre là sur les trous de nez, avec çui-là aussi, les copines vont hurler de jalousie
museau (hurle:) - aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!
truie - putain museau mais t'es complètement malade! je me suis pissée dessus tellement tu m'as foutu une de ces pétoches
museau (hurle:) - aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!
truie - quoi? mais quoi? t'as vraiment mal ce coup-ci?
museau (en transe) - je vois d'immenses arbres se dresser, de verre et de métal, je vois l'homme blanc avec un aquarium sur la tête, galopant tel un jeune bison fougueux dans les prairies infinies de la lune, je vois...
truie - mais t'as trop méfu mon salaud!
museau (sort de sa transe) - hein?... putain t'as raison... elle est trop redoutable la beuh cette année... bon tu m'aides à me relever?
07:23 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, usa, humour, théâtre, écriture, truie, caribou
09.12.2008
t'es pas venu à mon anniversaire, sale chien
- j'avais la crève, grosse truie
(régis et moi on a des rapports plus sains depuis quelques temps)
- moi aussi
- la crève le jour de ton anniv? c'est d'un goût
- je perdais les eaux par les trous de nez, donnant naissance à des tarzans colossaux qui se répandaient partout, sur les invités comme sur le gâteau, j'ai cru mourir
- mourir le jour de ton anniv? ça non plus ça se fait pas
- dommage, les gens sont déjà sur place, imagine si je crève que le lendemain et que les mêmes sont obligés de revenir, rien qu'en essence, en gaz à effet de serre, bonjour le gaspi, je suis étonnée qu'il en parle pas nico dans son pacte
- nico sarko?
- hulot, enfin c'est pareil
- et les cadeaux?
- on m'enterre avec, on m'enterre avec tout ce que je possède, je serai comme une reine égyptienne au milieu de mes bijoux en plastique, mes limes à ongles, mes chouchoux crasseux, mes pâtes à cul parfumées à la kro
- comme ça, quand les archéologues du futur te déterreront, ils apprendront un tas de choses sur notre civilisation disparue
- pas question qu'on me déterre
- pour la science
- touche à ton cul, j'interdis formellement qu'on me reluque le fémur ou qu'on se serve de mes os pour faire du pognon, même dans dix mille ans, tous ces connards avant de promener partout des morceaux d'australopithèques à moitié pourraves est-ce qu'ils ont seulement demandé la permission aux descendants?
- bon alors l'incinération?
- jamais, je préfère méfu de mon vivant
- même clamsée t'es une chieuse
- je t'aime aussi
- à propos de méfu j'ai rêvé qu'on devenait des gorilles
- moi j'ai rêvé de george bush, il jouait au ballon avec une mappemonde comme charlot dictateur
- et alors?
- les usa étaient énormes, ils enveloppaient presque toute la terre, il restait juste un bout d'océan de l'autre côté et, au milieu de l'eau, blottis les uns contre les autres, je te le donne en mille
- quoi?
- la france, l'iran et la corée du nord
- la france? c'est absurde
- nos rêves sont absurdes
- nos vies sont absurdes
- la vie tout court est un truc absurde, regarde les vers de terre par exemple
- quoi les vers de terre?
- ils bouffent d'un côté et chient de l'autre toute la sainte journée, c'est pas absurde ça? ils voient que dalle, ils ont pas de zyeux, ils creusent comme des cons leur chemin à travers l'espace-temps jusqu'à ce qu'un piaf ait pitié d'eux et les boulotte pour abréger leurs souffrances
- l'univers est absurde si tu vas par là, tous ces machins qui tournent en rond au lieu d'aller tout droit
- voilà, t'as pigé
- toutes ces particules qui passent leur temps à s'annihiler sans faire de bruit
- n'empêche t'aurais pu venir salaud
- connasse
11:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, sarkozy, humour, écologie, science, usa, truie






