24.04.2009
groumpf m'a encore culbutée ce matin
je sais plus bien comment ça c'est passé...
ah si! j'allais pisser quand soudain il m'a chopée et han han han sploutch
ce qu'y'a de génial avec groumpf c'est qu'on perd pas de temps à se dire des poèmes ou à se regarder le blanc de l'oeil
vite fait vite fini
on peut se remettre à picoler
par contre hein son foutre y'en a pas lourd mais c'est du concentré, mettez même pas les pieds dans un endroit où il s'est branlé
avec lisa on est sans arrêt enceintes jusqu'au ras des nichons
c'est emmerdant parce qu'ils filent plus de sacs plastique gratuits à monoprix, sous prétexte de sauver la terre, genre l'excuse bidon, du coup on va être obligées d'utiliser des sacs poubelles avec lisa pour transporter nos foetus au container, au niveau discrétion ça le fait mais dis donc le coût n'est pas le même
ça il s'en fout groumpf, le fric et lui ça fait deux
08:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nichon, beuverie, humour, branlette, pognon, société
23.04.2009
on achète bien les cerveaux
Dans les pays développés, la pression publicitaire atteint une telle ampleur qu'elle génère de multiples effets pervers dont on commence seulement à prendre la mesure: altération du fonctionnement des médias, menaces sur l'information, concurrence faussée, envahissement des marques, aliénation de l'individu... La publicité n'a plus rien d'une douce musique d'ambiance mais s'impose à nous sous son vrai visage: une idéologie au service de la préservation d'un ordre économique et social.
Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.
mais rassurez-vous:
La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.
Jacques Séguéla.
08:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, société, capitalisme, médias, marie bénilde, jacques séguéla
21.04.2009
la théorie du salarié méchant
On pourrait penser que, prenant conscience du fait que leurs collègues sont au chômage par leur faute, les salariés qui ont un travail sympathiseraient avec l'idée qu'ils doivent renoncer à tirer parti de leur nature frivole et vagabonde, laquelle leur permet d'empocher la rente (sous forme de hausse de salaire) qui est le prix de leur fidélité. C'est trop compter sur leur bonté d'âme! Ces insiders confortablement assis sur leurs privilèges n'hésiteront pas au passage à pousser leur avantage, et à mener la vie dure aux outsiders. C'est ce qu'a bien perçu la théorie du salarié méchant, appelée fort sobrement "le modèle insiders-outsiders".
Lorsqu'il existe du chômage, la tentation pourrait être grande pour les salariés restés sur le carreau (les outsiders) de proposer leurs services à bas prix aux patrons, pour concurrencer les insiders. Une telle baisse des enchères serait susceptible de ramener le plein-emploi. Dès lors, il suffit de comprendre pourquoi cette baisse du salaire ne peut en vérité se produire, pour justifier la persistance du chômage.
C'est que les insiders ont une capacité de nuisance qu'on imagine à peine. Si des outsiders tentaient d'en rabattre sur leurs prétentions salariales (pour se faire embaucher), les insiders pourraient se venger de deux manières: en refusant de coopérer avec zèle avec ces nouveaux arrivants (par exemple, en refusant de les former à leurs nouvelles tâches), et en les harcelant pour leur gâcher une partie de leur plaisir. Ceci provoquerait, d'un côté, une augmentation des coûts de rotation de la main-d'oeuvre pour l'entreprise (une embauche serait alors d'autant plus coûteuse que les anciens refuseraient de coopérer avec les nouveaux) et de l'autre côté, celui des outsiders, une augmentation de leur salaire de réservation (pour compenser les désagréments que s'apprêtent à leur faire subir leurs futurs collègues). Autrement dit, si les outsiders proposent de baisser les salaires pour se faire embaucher, les insiders ont le pouvoir de rendre leur embauche tout de même coûteuse à l'entreprise (en limitant leur coopération avec eux), à quoi s'ajoute le pouvoir de faire passer le goût aux outsiders de diminuer leur salaire (en leur promettant la vie dure). Puisque l'embauche risque finalement de se révéler coûteuse pour l'entreprise, et que le harcèlement subi par les outsiders les dissuade de baisser leur salaire, le chômage est une situation d'équilibre.
Au total, le pouvoir de nuisance des salariés en place est responsable du chômage des laissés-pour-compte. Et si l'affaire paraît immorale, c'est que l'on perd de vue que si les outsiders étaient à la place des insiders, ils feraient exactement la même chose.
Avouons-le cependant, dire que les insiders sont des salariés méchants n'est pas une traduction honnête de l'esprit de cette théorie. Ils sont plutôt égoïstes, et potentiellement méchants. Ceux qui ont un emploi ne se réjouissent pas, en effet, du chômage des autres. Ils ne font que tirer avantage du droit du premier arrivant, qui leur dispense une rente de situation (un salaire supérieur au taux qui équilibrerait le marché) extorquée par le pouvoir de nuisance dont ils disposent. Toutefois, qui peut nuire n'est pas forcément méchant, d'autant qu'à l'équilibre il ne se passe rien: pas de nouvelle embauche, pas de harcèlement donc, et encore moins de comportements non coopératifs. Tout est dans la menace, au cas où...
Il y a ainsi, dans cette théorie, comme un ressort digne des films d'épouvante, où plane partout une menace, qu'on ne voit jamais, mais qui règle la tragédie. Ce qui a l'avantage pratique de combiner le plaisir qu'on éprouve à se faire peur, avec le constat d'une réalité paisible où les salariés au travail sont en apparence d'honnêtes travailleurs. Brrrr...!
Ayons toutefois une pensée émue pour les patrons, que ces menaces intimident tout de même, et qui se trouvent finalement rançonnés par leurs propres salariés, puisqu'ils doivent les payer plus cher pour apaiser leur courroux. Halte à l'exploitation des petits capitalistes par les gros salariés!
Laurent Cordonnier, Pas de pitié pour les gueux, 2000.
petit bouquin hilarant qui passe en revue le tissu de propagande constitué par les diverses théories économiques du chômage
08:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent cordonnier, capitalisme, travail, économie, propagande, société
19.04.2009
heureusement y'a lalanne
mais si, la maison du bonheur et toutes ces conneries, souviens-toi
il veut (je cite) "sauver l'humanité" le mec
ça tombe bien: comme chanteur il était fini, mais c'est le genre qui rebondit lalanne, jamais en panne d'idées, le chômedu connais pas
bon attention il sauve l'humanité à condition évidemment qu'on vote pour lui au lieu des fachos habituels
voter oui
mais si, souviens-toi, c'est quand tu glisses dans la boîte transparente un papier avec le nom des fachos dessus
car c'est le genre qui croit encore à la république lalanne, à la démocratie, au droit de vote et tout, il te parle du "caractère éminemment citoyen de sa démarche", te cite le gars danton et n'hésite pas à se placer dans la lignée des "malraux, césaire et (tadaaaa!) schwartzenegger"
pour te dire un peu dans quelle merde on est
d'ailleurs il le dit lui-même lalanne: "la patrie est en danger"
sans rire il a dit ça
le mec
je parie qu'il connaît la marseillaise par coeur hein, mais c'est normal aussi, il est chanteur à la base
"il faut prendre la bastille" qu'il dit encore
je sais pas ce qu'on va en foutre mais admettons
"il faut le faire de façon non violente", donc pas comme nos ancètres qu'étaient des vrais sauvages, non, nous c'est différent, ici c'est le 21ème siècle connard, faudrait pas l'oublier, on est au 3ème millénaire après que jésus il a dit "aimez-vous les uns les autres et passe-moi le pinard steuplé", par conséquent sans violence ok, zéro violence, "une révolte par le vote", d'ailleurs entre nous la violence c'est trop has been, aujourd'hui en 2009 plus personne ne s'entretue, les gens sont civilisés putain, c'est l'ère du verseau, haré haré, alors les massacres, les guerres, les génocides, les viols, l'exploitation de l'homme par l'homme et inversement, la démolition méthodique de la planète, tout ça c'est ter-mi-né, on en parle plus, on se contente de voter pour lalanne et basta, il s'occupe du reste
car en effet: "j'ai décidé d'agir"
quelle force hein, on sent le mec qui ira jusqu'au bout de sa décision d'agir
le plus fort c'est quand cette salope de mamiejosette l'interroge perfidement: "Que peut apporter à l'Europe le candidat "écologiste" Francis Lalanne!!!!!!!"
tu noteras les guillements autour d'écologiste, genre elle lui fait comme ça la chiennasse: "écologiste hein mon cul, t'es qu'un gros bouffon francis", seulement après y'a des millions de français qui vont le lire alors elle peut pas trop se lâcher et elle le sait bien cette pute, je vous file son mail pour lui envoyer des gros mots: mamiealive@live.fr, et dites-y aussi de se calmer avec le point d'exclamation, elle risque de péter la touche et de se payer une tendinite en prime, je sais de quoi je parle, ça me l'a fait l'autre jour, je me branlais un peu nerveusement quand soudain je...
bref
réponse du tac au tac (avec des vrais morceaux de tutoiement fraternel dedans) de mon francis: "Pour répondre à ta question, mamiejosette, il faudra d'abord que tu m'élises député européen. Car si je n'ai pu rien faire de concret en tant qu'artiste, je pense pouvoir le faire en tant que député européen. Une chose est sûre, si je ne suis pas député, je continuerai à ne pouvoir rien faire."
là c'est le summum, on touche le fond de sa pensée politique, regarde, il dit clairement:
- "tu votes pour moi et ENSUITE je réponds à tes questions débiles hein, donnant donnant"
- "si t'es pas au moins député tu peux rien faire ma vieille, rien, bon d'accord tu peux chier ton bulletin dans l'urne mais ça sert strictement à que dalle, ce que je vous ai dit précédemment sur le droit de vote et les valeurs républicaines c'était juste du pipeau pour vous enculer, putain les veaux faut tout leur expliquer c'est épuisant"
rien à dire, lalanne connaît déjà toutes les ficelles du métier
08:25 Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, francis lalanne, humour, musique, écologie, carla bruni, branlette
18.04.2009
la globalisation ça marche à quoi?
Au fric. Il n'est pas forcément inutile de le rappeler: ramenée à l'essentiel, débarrassée de tout clinquant, la globalisation c'est une histoire de gros sous. C'est un mouvement de l'argent. C'est l'argent qui cherche un terrain de jeu plus vaste, parce qu'à force d'être confiné dans un même espace il a du mal à se multiplier, et il s'asphyxie. Pendant des siècles, cette petite pratique a voulu dire une seule et unique chose: faire la guerre. Envahir la ville voisine. On les raconte différemment, mais les guerres ont toujours été faites pour remettre l'argent en mouvement, pour conquérir d'autres marchés, pour s'emparer des ressources des autres. Faire respirer l'argent.
Si je voulais faire une comparaison, ce qui me viendrait à l'esprit ce serait la conquête de l'Ouest. Là aussi l'objectif était d'agrandir le terrain de jeu de l'argent pour lui permettre de se reproduire. Le Far-West était l'agrandissement idéal du terrain de jeu: des kilomètres de terres qu'ils suffisait d'aller prendre [en passant sur le cadavre encore tiédasse des Indiens coco faudrait voir à pas l'oublier, n.d'.i.j.] pour les remplir de consommateurs. Le seul problème, pour le monde d'alors [à part les Indiens], c'était la distance. Et voici la solution: le chemin de fer. Un peu comme internet aujourd'hui, le chemin de fer raccourcissait l'espace et le temps. Il transformait un espace gigantesque en un unique pays. Il fallait cependant le construire, et pour cela il fallait de l'argent, et pour en trouver il fallait qu'il y ait tout de même des gens prêts à risquer leurs propres sous, et après cela il fallait encore qu'un tas de gens aient vraiment envie de monter dans ce train et de s'en aller refaire leur vie à des milliers de kilomètres de là. Il fallait qu'un tas de gens soient convaincus que l'Ouest, ça existait vraiment. Jamais ils ne seraient partis, ces trains, si l'on n'avait pas réussi, bien avant de les construire, à y faire monter l'imagination des gens.
Il y a dix ans, la globalisation c'était exactement ce genre de chose. Une chose qui n'existait pas mais qui pouvait devenir réelle: à la condition que tout le monde se persuade qu'elle existait.
Alessandro Baricco, Next. Petit livre sur la globalisation et le monde à venir, 2002.
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14.04.2009
j'ai même pas envie de me battre
au fond je sais pas pourquoi je me crève le cul à écrire ou recopier toutes ces conneries, juste pour garder la tête hors de l'eau peut-être mais en vérité j'ai même pas envie de lutter
pourquoi tant de luttes?
soyons zen
convaincre? convaincre les autres qu'il faut être anticapitaliste et décroissant? tu veux dire expliquer le truc à des crétins tellement obtus qu'ils pigent pas ça tout seuls? j'aime encore mieux foutre la tête dans le con d'une femelle éléphant (bukowski), y'a des trucs qui s'expliquent pas
ok t'énerve pas, sois zen je te dis, sinon je te pète la gueule
bon admettons que j'arrive à convaincre cinq abrutis, mettons groumpf, régis, le chien à régis, ma soeur (cette truie) et l'autre enculé qu'elle a épousé, çui qui hurle à la mort et castagne ses chiards à coups de ceinturon quand ils foutent un coude sur la table ou qu'ils ont une mauvaise note à l'école, lui pour le convaincre il me faudra bien dix ans et après on va où avec une équipe de bras cassés pareille hein?
et même soyons fous, supposons qu'en pétant je répande des vapeurs hypnotiques ou alors que mon style s'améliore à tel point que j'arrive au bout de vingt piges d'efforts à convaincre comme besancenot avec sa belle gueule des centaines, voire des milliers de pauvres cons, bon, on fait quoi?
décroissance c'est bien joli mais ça veut rien dire
on se fixe des objectifs réalistes, c'est ce qu'ils disent dans le manuel du petit résistant, on fait "pouf-pouf-ce-se-ra-toi-qui-se-ra-ré-so-lu-en-pre-mier-mais-si-le-roi-ne-le-veut-pas..." etc. et là ça tombe disons sur le problème de la bagnole, alors mon troupeau d'adorateurs et moi on fait la grève de la bagnole, on fait plein de manifs et surtout on roule en vélo tous les jours, la révolution ça commence par son propre mode de vie, on a super l'air con au milieu des embouteillages mais on s'en branle et un jour on crève du cancer comme tout le monde et on a rien résolu, les milliards d'autres veaux ont continué à polluer sans se poser la moindre question dans leur cervelle bien lavée par la télé, à part de se dire qu'est-ce qu'elle me fait chier cette salope avec sa bécane pourrave pourquoi qu'elle se range pas je vais être en retard au taf sale pute écolo de mes couilles etc., c'est même pas qu'ils soient tellement cons les milliards de veaux en question, pas plus cons que moi, ça serait dur, mais c'est juste qu'ils y pensent pas, ils pensent à que dalle, ils ont la caboche remplie par les nouvelles du 20 heures et ça leur suffit, ça occupe toute la place
et même même alors puisque t'insistes supposons même qu'avec mes milliers de lèche-culs au lieu de faire du vélo comme des mongoliens on foute le feu à l'élysée et qu'on installe une dictature féroce interdisant les bagnoles, la pub, la guerre, les salaires de plus de mille euros, le nucléaire, l'agriculture chimique, le concours de miss france et des flopées d'autres trucs dangereux pour la santé
bon
on peut faire le malheur des gens contre leur gré hein, ça s'est vu, alors pourquoi pas le bonheur?
mettons que ça marche, je veux dire que non seulement des hordes de débiles en liesse me supplient de rester encore au pouvoir pendant 99 ans et après on verra, mais en plus l'eau redevient (au bout de quatre ou cinq générations hein) potable, l'air respirable, les villes habitables, la bouffe bouffable etc. et c'est là, à ce moment précis que l'échec retentissant de toute une vie de lutte me saute en pleine face en faisant zip quand il roule et bap quand il tourne et brrr quand il marche hé ho attends une minute...
(me dis-je)
il faut se battre pour avoir de l'eau propre maintenant?!
alors là plutôt crever
d'ailleurs ça tombe bien, je suis lâche
08:16 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, société, politique, pollution, écologie, croissance
12.04.2009
la fin du travail-emploi
Autre piste pour créer artificiellement des postes: salarier toutes les activités humaines, même les plus banales. N'aidez plus les personnes âgées à traverser la rue, c'est le travail d'un jeune sans emploi. Gardez-vous d'aller bècher le jardin du grand-père, c'est l'affaire d'une société de services... Autrement dit, les pays pauvres sont en avance: petit vendeur à la sauvette, cireur de chaussures, nettoyeur de pare-brise sur les parkings, tondeur de pelouse, livreur de pizza, voilà des "emplois de proximité" à créer en Europe! Avec de telles solutions, le statut de salarié stable est en train de devenir un privilège. La pression sur l'emploi tend à restaurer le statut de pur prolétaire, celui qui ne possède que sa force de travail.
Mais l'inventaire des recettes anti-chômage ne s'arrête pas là: on peut aussi chercher les moyens de le masquer. Modifier sa définition administrative, radier des listes les personnes qui omettent le pointage, établir une rotation par le biais des stages, favoriser les préretraites. Et transformer lycées et universités en immenses garderies. Une bonne partie des 2.250.000 étudiants français quitteraient sans doute du jour au lendemain l'université si un travail convenable leur était proposé.
Le point limite sur le chemin de l'absurde finit par être atteint: détruire les produits avant même qu'ils soient portés sur le marché. Utilisée depuis des décennies dans le domaine de l'agriculture (destruction de marchandises pour soutenir les cours), la méthode s'est étendue à l'industrie, et même à l'édition.
D'autres procédés sont plus radicaux: l'achèvement, la clé de voûte du culte de la croissance, c'est évidemment la guerre. De ce point de vue, les guerres modernes ont permis la création d'emplois avec une efficacité étonnante. La production massive d'armes et de munitions -- qui, par définition, ne servent qu'une fois et qui, en se détruisant, détruisent aussi les autres produits -- fournit depuis longtemps des emplois par centaines de milliers. Faut-il rappeler que l'industrie de l'armement offre directement un bon million d'emplois dans l'Union européenne? La soif de produire ne trouve plus ses limites et conduit aux pratiques les plus abjectes. Sarajevo ou Bagdad: sans vergogne, les Etats qui ont laissé se perpétrer les carnages investissent la place avant même la signature de la paix, afin d'être les premiers à empocher les contrats de reconstruction.
Gérard Moreau, Dictature de la croissance, 2005.
07:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gérard moreau, travail, dictature, société, croissance, guerre
10.04.2009
tout sauf le chômage
Un petit fait apparemment banal montre à quel point le travail a pu changer de statut en ce début de XXIème siècle: la disparition des "vêtements du dimanche". Aujourd'hui, on peut se laisser aller le dimanche, sortir sans se raser, porter un gros pantalon de velours ou un jean. Les vêtements plus soignés sont réservés à la semaine: la distinction entre semaine et dimanche existe encore, mais le rapport s'est inversé. Au bureau les tenues choisies, au dimanche le laisser-aller. Cette modification du costume révèle une mutation profonde: la sacralisation a glissé du dimanche aux jours de la semaine. C'est le travail qui est devenu sacré.
[...] La valorisation à laquelle nous assistons ne touche pas tous les aspects du concept de travail. Ce n'est pas une reconnaissance de l'effort, ou du travail manuel; nous n'assistons pas non plus à une revalorisation des professions de grande utilité sociale, celles d'infirmière ou d'instituteur, par exemple. Et c'est encore moins la glorification du beau dans le travail, de ce que l'on appelait "la belle ouvrage". Non, ce qui est à l'honneur aujourd'hui, c'est l'emploi, quel que soit son contenu. Tout, sauf le chômage.
[...] Nous sommes sous la tutelle d'une idéologie fascisante qui veut voir tout le monde au travail. La liberté, l'autonomie de la personne fait peur. Solliciter un emploi, cela signifie aussi chercher quelqu'un qui, chaque jour, me dira ce que je dois faire.
Gérard Moreau, Dictature de la croissance, 2005.
08:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gérard moreau, travail, dictature, société, croissance
08.04.2009
une nouvelle structure de la finance
Le développement de la consommation de masse a modifié en profondeur la structure de la propriété financière, soumise à un double mouvement: diffusion de la richesse dans la société et centralisation des fonds au sein d'organismes financiers puissants. Les capitaux ne sont plus la propriété exclusive de quelques riches bourgeois. peu à peu, le nombre et le poids relatif des petits épargnants a grandi. les personnes aux revenus les plus bas disposent elles-mêmes souvent de quelques centaines d'euros sur un livret de caisse d'épargne. Parallèlement à cette répartition sur des bases financières élargies, la gestion financière s'est concentrée en un petit nombre d'organismes très puissants. En drainant les capitaux diffus dans la société, banques, assurances, caisses d'épargne, caisses de retraite sont devenues les centres du pouvoir financier.
Ainsi, le couple prolétariat/bourgeoisie tend à être supplanté par une société de masse qui connaît encore des inégalités marquées, mais dans laquelle chacun, ou presque, est à la fois producteur, petit capitaliste et consommateur. Cependant, les mécanismes fondamentaux demeurent les mêmes. Le moindre épargnant attend que les sommes placées dégagent un profit. Et les organismes financiers se portent garants de cette rentabilité. Autrement dit, le citoyen producteur/consommateur/épargnant est l'acteur essentiel de tout ce fonctionnement, qu'il fasse volontairement ou non tourner les rouages de la machine. Le banquier agit comme exécuteur d'une volonté collective. Quel client lui demandera de dégager moins de profits afin de réduire la dette des pays les plus pauvres?
Gérard Moreau, Dictature de la croissance, 2005.
07:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, capitalisme, société, croissance, gérard moreau, tiers-monde
07.04.2009
bouhouhou!... bachougne est clamsé!...
que je suis malheureuheuheuuuuuuuuuse!... snirfffffle!...
nan je déconne bien sûr, en fait je m'en branle grave, de mon point de vue d'ailleurs c'est simple: tout le monde peut bien crever là tout de suite, ça m'indiffère totalement
mais n'empêche que ça fait drôle
sacré bachougne
plus rien ne sera jamais comme avant
rien
jamais
déjà pour commencer il chantera moins bien, forcément
tu me diras il chantait plus des masses hein, sur son dernier album c'est le cancer du poumon qui assure toute la partie vocale du début à la fin, faut le savoir, seulement sur la pochette il est même pas crédité le cancer, penses-tu, y'a des histoires de gros pognon derrière, je parierais que cet enculé de bachougne s'est goinfré 100% des droits d'auteur sans filer un centime à sa tumeur, c'est dégueulasse mais c'est comme ça, c'est des pratiques courantes dans le chôbiznesse, résultat la tumeur en question, se sentant clairement entubée, en conçut une grande amertume et rumina l'impitoyable (quoique lente) vengeance que l'on sait, et prends ça dans ta gueule mon bachougne
ah putain
le choc que ça nous a fait avec lisa...
c'est pas dur, dès que la nouvelle est tombée comme une vieille merde sur les téléscripteurs vite on s'est foutu des cierges dans le cul (un xxl chacune) et on a allumé la télé en signe de deuil
pis alors bien sûr vas-y qu'on picole et picole et picole...
plus qu'avant je veux dire
quand je pense que mon beau bachougne ze guitare hiro que j'écoutais rauquer dans ma chambrette d'adolescente est devenu d'un seul coup d'un seul une grosse flaque de vomi au fond de sa jolie boîte en sapin, moi ça me remue
en revanche héhé la tumeur se porte bien, merci pour elle, c'est costaud ces bestioles-là hein, quelque part le cancer c'est le triomphe de la VIE, la grande partouze microscopique et microbienne que rien n'arrête, l'infiniment petit qui au final nous bouffera tous, d'ailleurs le toubib qu'a ouvert bachougne pour voir un peu si des fois c'était pas la tête de delco ou quoi il a vite refermé, la pétoche de sa vie le mec, imagine, le truc avait déjà tout boulotté du nombril aux amygdales, un truc tout noir et gluant et qui bougeait encore, au début il a cru un oiseau mazouté mais non, c'était le cancer!! alors n'écoutant que son courage il l'a bombardé avec des rayons gamma mais ça n'a eu strictement aucun effet, sauf que le machin est devenu vert fluo, bref ils ont vite cloué le cercueil et bonjour chez toi bachougne
à l'heure qu'il est la tumeur a probablement bâfré tout le capiton et (mais après une petite sieste digestive hein, on est pas des chiens) s'apprête à sonder le bois avec ses milliards de tentacules visqueux
je veux pas vous affoler mais elle grossit, grossit...
elle engloutira la planète comme je te siffle un pack de bière, pour te dire
la galaxie: deux packs
dark vador avec son étoile de la mort et toute sa flotte de crétins casqués: quatre packs et demi, pas plus, le côté obscur de la Force n'est pas de taille à lutter contre le cancer à bachougne, en vérité je vous le dis mes poteaux y'a rien à faire, on va tous y passer, repentez-vous, repentez-vous!
surtout toi mamie hélène, repens-toi salope!
mais oui c'est sa faute à mamie hélène, parfaitement, car un jour que j'étais haute comme trois clopes, bien avant que mon bachougne il la casse sa pipe, au temps béni où la mort et le cancer n'existaient même pas, je me souviens, mamie m'a emmenée où elle bossait (histoire de pas me laisser seule à la maison, j'aurais été capable de me branler ou de faire des conneries, ou les deux) et où elle bossait c'était (tenez-vous bien) une sorte de hangar immense REMPLI DE FEUILLES DE TABAC qui pendouillaient en train de sécher, oui, j'affirme aujourd'hui (haut et fort) que ma propre grand-mère maternelle en ligne directe, la chair de ma chair quelque part, fut en réalité une ordure nazie co-responsable de l'épidémie mondiale de cancer et de la mort prématurée de millions de cons (et connes) qui voulaient seulement avoir l'air intelligent comme lucky luke, des millions de victimes (dont mon bachougne) mamie tu m'entends?
ah merde j'oubliais qu'elle est sourdingue en plus
tu faisais ça uniquement pour le fric hein, chienne putride, que satan te ronge le coeur!
07:42 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cancer, bashung, santé, musique, société, pollution







