12.03.2009
capitalisme à la mad max
On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l'opacité et le manque de contrôle de l'industrie financière -- en particulier des hedge funds --, la menace de dépression, voire d'effondrement qui pèse sur l'économie mondiale, n'est pas due au manque de contrôle; elle est due à l'incapacité du capitalisme de se reproduire. il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d'imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l'industrie financière cherche à éviter: la dévalorisation de masses gigantesques d'actifs financiers et la faillite du système bancaire.
[...] La sortie du capitalisme aura lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s'opérer. La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d'Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les massacres et trafics d'êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d'anticipation.
André Gorz, Ecologica, 2008.
la menace de dépression...
il a écrit ça évidemment avant la big dépression dont au sujet de laquelle on est dedans jusqu'aux sourcils
andré gorz est clamsé juste avant le bouquet final, c'est quand même con
il s'est suicidé même
avec sa meuf
à l'issue d'une de ces innommables "graves maladies" que nous autres sapiens sapiens avons inventées avec nos petites mains et nos petits neurones, on est trop forts moi je dis
07:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : andré gorz, capitalisme, économie, suicide, massacre, afrique, science-fiction, malnutrition, société, politique
31.12.2008
capitaine, nous plongeons au coeur du trou noir!
- branchez les aérofreins bon dieu!
- inutile capitaine, dans l'espace y'a pas d'air, d'ailleurs le trou noir est trop puissant, il a déjà englouti des milliards de milliards d'euros, plus trois continents avec les gens qui vont avec et aussi une famille de ratons-laveurs qui passait par là
- enfer! je hais les ratons-laveurs
- moi aussi capitaine
- pilote, vos trous de nez s'agrandissent démesurément
- c'est la faute aux effets de marée capitaine
- n'empêche, votre port de tête est désormais non réglementaire, sans parler de votre longueur d'onde qui s'étire désagréablement, comptez sur moi pour vous coller un rapport gratiné au cul dès que nous aurons rattrapé l'horizon événementiel
- argh!
- n'essayez pas de m'amadouer
- ...
- et cessez de faire le mort bon dieu, j'ai horreur de ça, faites plutôt machine arrière! redressez la barre! inversez les propulseurs! poussez les manettes à fond les manettes et les gaz à fond de train! ça passe ou ça casse! alimentez les rétrofusées! il reste des frites? envoyez la purée! et ne lésinez pas sur la soupe primordiale! allons! rendez-vous utile! faites péter la mécanique (surtout la quantique)! mais gardez les factures hein! sinon tintin pour le remboursement des frais, vous savez comment ils sont dans l'administration, jean-foutre et compagnie, alors ouvrez l'oeil! verrouillez les écoutilles! passez la surmultipliée! tirez la bobinette et la chevillette cherra! ou le contraire, je ne sais pas, je ne sais plus, tout est si étrange ici, nous entrons probablement dans un univers parallèle à causalité inversée où les lois de la finance vivent au crochet de quelques singularités cosmiques pourries de blé, qu'en pensez-vous?
- argh!
- regardez! toute notre civilisation subit un décalage vers le rouge, c'est fascinant n'est-ce pas?
- oui capitaine
- est-ce que le bouclier fiscal a tenu bon?
- oui capitaine, y'a juste le disque d'accrétion qu'a un peu morflé sous l'effet de la pression économique intense
- quelle camelote
- surtout sur les bords capitaine, si je peux me permettre
- d'un autre côté, ça signifie que nous avons franchi le point de non retour, quelles sont les probabilités d'un krach de grande envergure?
- l'interféromètre à piston indique pas loin de 100% capitaine, mais bien entendu tout dépendra de notre vitesse de libération
- sans compter que tout est relatif pilote, n'oubliez jamais ça bon dieu
- oh oui capitaine
07:43 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, capitalisme, humour, science-fiction, économie, écriture
16.12.2008
ressources (presque) humaines
comme les ressources pétrolières, comme le gaz naturel, l'eau, le caviar, tout
l'heure est grave les mecs
les ressources humaines s'épuisent en quantité comme en qualité
où trouver désormais des gueux qui acceptent, comme il y a deux siècles, de trimer quatorze heures par jour en échange d'un croûton de pain transgénique?
et d'opportunément crever juste au seuil de la retraite?
où?
je vous le demande
c'est malheureux à dire mais les pauvres sont aujourd'hui pourris de droits et d'avantages sociaux
en europe les syndicats leur promettent à tous maison, voiture, haut débit et dieu sait quoi encore!
en afrique et au brésil ces abrutis meurent du sida avant même d'avoir atteint leur plein développement physiologique!
en chine à la rigueur
en inde
en inde et en chine ok
ça fait pas bézef
bon au niveau natalité on sent bien qu'ils ont fait des efforts mais c'est loin d'être suffisant
lors de la précédente réunion on s'était dits que peut-être éventuellement des robots...
mais en fait non
au final on s'aperçoit que c'est absolument la merde à mettre au point
alors comment on fait?
comment on fait?
j'attends
parce que moi les gars, rien que pour tondre la pelouse et tailler les haies de thuyas de mes cent quatre vingt dix neuf mille huit cent douze hectares de résidences secondaires, perso j'ai besoin de quatre mille esclaves à temps plein
minimum
je descendrai pas en dessous de trois mille huit
t'ajoutes les chauffeurs, goûteurs, coiffeurs, porteurs, serviteurs, précepteurs, accompagnateurs, collaborateurs, administrateurs, auxiliaires, comptables, secrétaires, assistants, caméristes, commis, domestiques, agents de change, gouvernantes, valets de pied, gardes du corps, cuistots, échansons, adjoints, jardiniers, écuyers, bonniches, grands chambellans, courtiers, espions, maîtres d'hôtel, tueurs à gages, majordomes, intendants, assesseurs, larbins, contremaîtres, manucures, pédicures, exécutants, exécuteurs des basses oeuvres, hommes de loi, hommes politiques, hommes de main, hommes de peine, gardiens, bagagistes, portefaix, porte-drapeaux, porte-parole, porte-flouze, porte-poisse, factotums, chaperons, laquais, soubrettes, nurses, femmes de ménage, femmes de chambre, femmes de compagnie, femmes d'agrément, femmes de rechange, femmes de secours, simples salopes, salopes première classe, salopes de haut vol, salopes de bas étage, bonnes à tout faire, odalisques, courtisanes, propagandistes, chargés de missions, sous-fifres, sous-merdes, estafettes, videurs de cendriers, videurs de poubelles, râcleurs de boue sous les godasses, raconteurs d'histoires de toto, coupeurs de cheveux en quatre, cracheurs dans la soupe, jeteurs de sorts, pisseurs dans des violons, taquineurs de rondelles, briseurs de grèves, gratteurs de pare-brise en hiver, tailleurs de crayons, tailleuses de pipes et autres shampooineuses de gland, je m'en tire pas sans mon petit troupeau de je dirais vingt mille têtes, et pas n'importe quoi, attention, pas du bicot analphabète hein? rien que de l'éduqué qu'a fait l'université, qui parle trois langues et tout
bon bon
bon calmos, paniquez pas, j'ai peut-être la solution
je dis bien peut-être
en tout cas une piste et, sans me vanter, ça mériterait qu'on cogite un brin là-dessus
le mec de roswell
ouais parfaitement le petit homme vert
enfin vert...
vert gris bleuâtre mauve, ça dépend de l'éclairage et de sous quel angle on le regarde, par exemple si tu te mets comme ça de biais il est carrément rose bonbon l'alien, je vous jure, ça me l'a fait
bref l'armée est entrée en communication avec lui
la semaine dernière
il était dans les vingt trois heures locale je dirais
oui c'est ça, la bourse de tokyo venait de clôturer et soudain il se met à causer
et causer et causer
plus moyen de l'arrêter ce con
ça faisait vingt ans qu'il avait pas ouvert le bec aussi, faut voir ça, depuis sa capture il avait pas dit un mot et tout à coup paf! on sait pas ce qui lui a pris, peut-être que c'est le temps qu'il leur faut pour apprendre notre langue
mais correct attention, vous verriez comme il cause bien
maintenant si vous voulez il vous récite la bible en verlan et sans respirer
d'ailleurs il respire pas
déjà c'est un sacré avantage sur nos gueux habituels
non il respire jamais, c'est comme ça, ils sont tous comme ça sur sa planète
quand je dis planète, c'est plutôt une sorte d'empire galactique qui remplit les trois quarts de l'univers connu, genre
ouais ça fait du monde
dans les soixante mille trilliards de trilliards il a dit
ou trilliards de trilliards de trilliards je sais plus exactement mais j'ai les chiffres quelque part
bon à proprement parler c'est pas de la ressource humaine, je reconnais, mais n'empêche comme réserve de main-d'oeuvre ça devrait le faire non?
dans un premier temps
s'ils sont d'accords?
les petits martiens?
pour bosser?
mais attends ils sont ra-vis!
faut savoir que chez eux depuis qu'ils ont réalisé l'avènement de la civilisation des loisirs et du bonheur total ben c'est triste à dire mais ils s'emmerdent comme des rats morts
c'est bien pour ça qu'y'en a tellement qui se baladent en soucoupes volantes dans nos parages
même une planète minable comme la nôtre, à la vitesse de la lumière pour eux c'est toujours quelques minutes de dépaysement
les pauvres vieux
s'ils bouffent?
bien sûr qu'ils bouffent, tu les prends pour qui?
bon c'est encore une information classée secret défense mais à vous je peux bien le révéler: ils se nourrissent exclusivement, tenez-vous bien, de pommes de terre
pommes de terre, oui
des patates quoi, des vulgaires patates
appelons un chat un chat
ah pas des frites attention, moi j'ai dit des frites? certainement pas, non, justement pas des frites les gars mais des patates, ce truc marron plus ou moins foncé en forme de... en forme de rien d'ailleurs, je l'ai vu faire le gars roswell, il nous a montré, ils les épluchent pas, ils les gobent comme des cacahuètes et après ça va dans un estomac spécial qu'ils ont à peu près à ce niveau-là entre le zgeg et le nombril pour décomposer entièrement la patate en nutriments, c'est impressionnant
crues évidemment
crues!
mais oui! c'est ça le plus beau: ils bouffent exclusivement des patates crues!
ça y est, vous pigez?
pas besoin de gazinières les mecs! hé hé! total bénef pour l'environnement! des hordes de petits merdeux d'écolos viendront à genoux nous sucer le jonc pour nous remercier hein? faut voir ça
moi je le vois
cela dit il reste un obstacle à surmonter
je ne vous le cache pas
ahem
la production mondiale de patates doit passer à, d'après mes calculs hein, faudrait voir à affiner, six cent mille trilliards de trilliards de quintaux an
ou trilliards de trilliards de trilliards je sais plus
si possible dès cette année
08:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, capitalisme, humour, humanité, dictature, science-fiction, roswell
24.11.2008
silent running, 1972
film amerloque prétendument sf mais authentiquement de merde, je sais pas comment c'est le titre en français vu que dans ma version les mecs dégoisent en italien, c'est le joies d'internet, remarque j'ai tout pigé quand même, y'a quatre jeunes bradpitts avec la raie au milieu de l'espace enfermés dans une sorte de grande poutrelle en ferraille piquée au 2001 de kubrick sauf qu'ils ont rajouté une forêt en conserve, une "nature" à la walt disney avec des arbres et des petits lapins, de la flotte et des brins d'herbe et tout et tout, ils ont juste oublié les mouches à merde mais y'a même un potager où lowell (notre héros) se fait pousser des melons et des fraises rapport au fait qu'il aime pas le vomi lyophilisé que l'ordinateur de bord leur sert à la cantoche, lowell pour tout vous dire c'est un rebelle, une sorte de josé bové intergalactique, d'ailleurs son prénom c'est freeman, le mec libre, pendant que ses potes font des courses de quads dans les coursives en ricanant comme des cons, lui il s'habille en jésus pour repiquer ses oignons, bon chacun son truc, là dessus ils reçoivent un appel radio comme quoi il faut faire exploser tous leurs écosystèmes en bouteille et rentrer à la maison les mecs, la mission est finie, youpi! s'écrient les trois copains de lowell et aussi sec, avec visiblement une grande jouissance (des gens qui aiment leur boulot ça fait plaisir à voir) ils se mettent à planter des bâtons de dynamite entre les rangs de choux-fleurs mais notre ami lowell préfère les assassiner (ses copains, pas les choux-fleurs, assassiner un chou-fleur c'est pas un assassinat, soyons sérieux) il préfère assassiner ses trois potes afin de sauver sa forêt, ses piafs et ses poireaux, même si bon je reconnais que le premier meurtre c'était comme qui dirait un accident ok, en tout cas pour les deux autres y'a pas photo, freeman lowell t'es qu'un pourri comme tout le monde et pis c'est marre, d'ailleurs le mec il a des remords à mort alors comme il a rien à picoler il essaie de prendre la tangente, laquelle à cette époque-là traverse justement les anneaux de saturne, un genre d'ouragan en couleurs très chouette sur grand écran quoiqu'aussi dépourvu de vérité scientifique que ma petite nièce de poils de cul, cependant lowell sait pertinemment qu'il est dans un film amerloque et que par conséquent il n'échappera pas à la justice des hommes ni à ces cauchemars horribles dans lesquels il revoit les trois blaireaux crever, c'est vrai ils faisaient exprès d'écrabouiller ses tulipes avec leurs quads de merde mais quand même putain qu'est-ce qu'ils lui manquent au père lowell! surtout que les robots savent pas jouer au poker, ou alors ils gagnent ces bâtards, bref la vie a pris un arrière-goût de chiotte et freeman, pas con, préfère en finir en se faisant sauter le caisson avec tout ce qu'y'a autour, vaisseau, robots, dildos mais surtout pas ses nanarbres chéris, son air pur en boîte, ses crapauds bien cleans, ses topinambours, ça jamais! notre héros les envoie continuer seuls leur route dans la nuit sidérale avec juste un petit robot reprogrammé exprès pour en prendre soin, planter des arbres, arracher les mauvaises herbes, faire gicler les intestins des limaces entre les doigts d'acier de sa servopince, peut-être bouffer des radis, ça on sait pas
consternant
et le mot est faible
bordel mr lowell (et aussi mr trumbull, réalisateur de ce caca sur celluloïd) m'enfin les arbres se plantent tout seuls! vous saviez pas? les forêts, les petits lapins, mr lowell, ils ont absolument pas besoin de ta face de pet pour vivre et croître et prospérer, ils ont juste besoin qu'on arrête de les tuer, nuance, car des millions d'années avant que le bon dieu de bush et d'obama n'aie l'idée saugrenue d'inventer ta race de crétins les arbres savaient déjà pousser comme des grands, ça te la coupe ça hein? c'est des safe-made-trees les arbres, lowell, alors tu vois ton petit robot boiteux avec son sécateur et son arrosoir joliment colorié tu peux te les carrer profond dans le cul
en douceur toutefois (à cause du sécateur)
y'a même une sorte de serment solennel que lowell a affiché au dessus de son lit dans le vaisseau: moi, en tant qu'americain, je jure de préserver la nature et gnagnagna... là j'ai failli gerber
ceci dit j'aime bien les films sf des années 70
je les regarde sans penser à rien
comme une bouse
11:21 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, cinéma, usa, environnement, nature, merde, brad pitt
28.10.2008
mais lisa ce mec est bleu
lui ai-je fait remarquer, et c'était la pure vérité, bleu de chez bleu l'animal, même pas bleu-blanc-rouge comme les gens à peu près normaux ou bleu avec des petites étoiles qui tournent en rond en ricanant mais juste bleu, bêtement bleu...
- enfin lisa ma chopine en sucre réfléchis deux secondes, tu vas tout de même pas confier l'exploration des profondeurs de ton doux vagin et tout ce qui s'ensuit à cette chose sortie d'on sait pas où? c'est peut-être même pas une créature de dieu notre seigneur si ça se trouve
- ...
- c'est un schtroumph?
- les schtroumphs sont tout petits je te signale, et d'ailleurs il parle normalement
- il a très bien pu apprendre notre langue
- alors mettons que j'ai dans l'idée de me faire défoncer les ovaires par le schtroumph géant, voilà, t'es contente?
- c'est dégueulasse
- raciste
on s'est regardées en chiens de ma chienne et ses yeux ont lancé des éclairs que j'ai évités in extremis en plongeant derrière le canapé, c'était fini entre nous, je suis restée un moment histoire de l'aider à vider les canettes mais ensuite je suis partie lâcher des caisses et pisser dans les ruelles nocturnes, il était genre deux heures du mat', un brouillard malsain me trempait le cul et j'avais aucune idée d'où aller traîner mes grolles à part chez régis mais chez régis y'avait sempiternellement rien à picoler (sauf de la suze, pour vous dire comme il est zarbi et mal dans sa peau régis, la suze c'est pour les petites filles, les bourgeoises ou à la rigueur les putains quand elles veulent faire semblant de se noircir avec le client avant de monter mais garder un minimum de présence d'esprit histoire d'être en état de négocier au moment où il lui viendra l'idée -- et elle finit généralement par lui venir -- de tenter l'enculade) cependant moi j'étais prête à tout, même à la suze
régis était content de me voir
régis est toujours content de me voir vu qu'il a toujours dans l'idée de m'enfiler un jour ou l'autre comme au bon vieux temps où on s'enfilait, c'est-à-dire au siècle dernier, ils en parlent pas dans les livres d'histoire mais c'est la pure vérité, il m'a indéniablement enfilée au moins trois fois, dont une pendant mon grand coma éthylique de la saint sylvestre 1998, à l'époque bénie où je faisais pas encore peur aux sdf quand je les croisais dans les quartiers glauques
je me suis affalée dans son espèce de fauteuil tout mou et il a sorti sa suze en me lançant son clin d'oeil le plus vicelard du genre "je sais que t'aimes ça ma salope" et c'était dégueulasse bien sûr mais ça m'a réchauffée, on a vidé la boutanche et bavardé tranquille en grillant deux trois clopes, ensuite au dodo, je me suis désapée et glissée dans son pieu, régis a éteint la lumière, je l'ai entendu ôter sa robe de chambre à la con et se prendre les pieds dans la rallonge de l'ordi mais il a fini par atterrir sous la couette sans trop de dégâts
- pourquoi t'as pas éteint la lampe après? t'avais peur que je vois tes couilles?
- idiote
- n'essaie pas de me la fourrer, on est bien d'accord hein?
- mais oui jane, dors maintenant
- ok
mais comme j'avais sifflé peut-être vingt trois cafés dans la soirée et qu'au fond je suis rien qu'une grosse allumeuse, au lieu de compter les moutons ou les petits négros affamés je me suis tout bonnement mise à me frotter le fion contre son calbard et c'était d'autant plus facile que je prenais à peu près toute la place dans son pauvre pieu et que la seule position tenable qu'il pouvait adopter sans se casser la gueule sur le lino c'était plié en deux et collé contre mes arrières, autrement dit la position classique de la cuillerée de saindoux, et là comme ça dans le noir on peut dire que je l'ai puissamment travaillé de mes pseudopodes fessiers pendant un bon quart d'heure en rêvassant à une bonne mousse bien tiède qui me remplirait toute quand soudain...
soudain rien
alors là j'ai bondi, allumé la lumière et arraché son caleçon à régis
le bout de son zgeg était tout bleu
- toi aussi régis?
- ils ne nous veulent pas de mal jane, essaie de comprendre, au contraire ils sont là pour nous sauver
je l'ai planté là, je préférais me geler les miches dans le brouillard
17:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, vagin, science-fiction, zgeg, fion, poésie, sdf
27.10.2008
la "vraie connaissance"
La vie se réduit à un processus de destruction et d'exploitation d'autres matières, et si nécessaire d'autres vies. En conséquence, la vie est agression, et une vie réussie est une agression réussie. La vie est la lie de la matière et l'humain est la lie de la vie. Il n'existe rien hormis matière, forces, espace et temps qui, réunis, constituent le pouvoir. Rien ne compte excepté ce qui compte pour soi. La force crée le droit et le pouvoir est source de liberté. Chacun est libre de faire ce qui est en son pouvoir, et si on souhaite survivre et prospérer il vaut mieux agir en fonction de ses propres intérêts. Si d'aventure vos intérêts entrent en conflit avec ceux d'un autre groupe, laissez-le lancer sa puissance contre vous; chacun pour soi. Si au contraire vos intérêts coïncident, laissez-le travailler pour vous, et contre tous les autres. Nous sommes ce que nous mangeons. Or, nous mangeons tout.
Ken McLeod, La Division Cassini, 1997.
petit roman marrant qui décrit entre autres une société anarchiste, le passage ci-dessus est stratégiquement placé en plein milieu du bouquin, c'est leur philosophie, "le pouvoir est source de liberté" ça rappelle le "être armé c'est être libre" de van vogt
à part ça, tous les défauts du genre: explications techniques chiantes à longueur de pages et retournements de situations complètement bidons
10:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : avenir, capitalisme, science-fiction, humanité, politique, société
08.10.2008
batman il sait pas voler
c'est ce que vous vous dites, avouez, vous avez lu mes conneries et vous vous êtes dit comme ça finement: "cette grosse truie confond avec superman, parce que batman il a jamais su voler", et d'ailleurs quand on y réfléchit c'est quand même un peu naze de la part d'un homme-chauve-souris hein mais qui prend le temps de réfléchir de nos jours? réfléchir quelque part c'est baisser sa garde, surtout pour un super héros, autant offrir sa batrondelle au gland toujours décalotté des forces du MAL
alors oui c'est vrai que batman avant il savait pas voler, au départ même il savait strictement rien faire mais c'est pas sa faute, c'est un gosse de riches
seulement un jour il s'est planqué incognito derrière un gratte-ciel pour voir comment ce sale con prétentieux de superman pouvait bien s'y prendre, un type même pas franchement américain entre parenthèses, même pas humain j'ai l'impression, fort en gueule ça oui mais injectez-lui trois milligrammes de kryptonite et vous pourrez lui chier sur la permanente, un guignol quoi, donc batman a bien regardé et regardé et reregardé encore pendant des mois mais manque de pot ça allait trop vite et on voyait que dalle de comment il fait super-soi-disant-man
casse la tienne! quand on a pas de superpouvoirs on a des idées et batman a eu celle de passer les films de superman au ralenti, en particulier les scènes où il s'envole en faisant wooosh -- soit dit en passant c'est comme ça que notre héros (batman, pas l'autre merdeux) a découvert que ce porc kryptonien s'arrangeait pour toucher la chatte à loïs lane en hypervitesse toutes les fois que la pauvre passait à sa portée, enfin quand je dis la pauvre une greluche qui taille des pipes à des créatures d'une autre espèce entre nous c'est plutôt salope zoophile qu'on devrait l'appeler hein -- et je parle pas non plus du coup de la cabine téléphonique, vous vous rappelez quand clark kent la grosse tapette entre dans la cabine, se met à tourner comme une toupie et hop en une demi-seconde il a changé de costard? bon tous ceux d'entre nous qui ont tenté de se désaper dans une cabine téléphonique un soir de cuite savent que c'est scientifiquement impossible, a fortiori en une demi-seconde, seulement superman trichait!! au ralenti on distingue nettement les fermetures éclair dissimulées dans la couture du froc et le bouton pression derrière la cravate, dire que cet enculé d'alien s'est foutu de nous pendant tant d'années! mais putain qu'est-ce qu'on attend pour le foutre dans un charter destination sa planète pourrave?!...
pourquoi je vous raconte tout ça au fait?
ah oui donc batman mate les films et pige tout de suite le truc, après il restait plus qu'à s'entrainer
au début il s'est pas mal viandé faut reconnaitre
13:49 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : batman, usa, science-fiction, humour, politique, société, pipe
07.10.2008
batman a fait de la politique
pas longtemps remarque mais bon
c'était au moment des émeutes en banlieue vous vous rappelez? sauf qu'à gotham city c'était pas des voitures qu'ils brûlaient mais carrément des trains des gratte-ciel entiers (en amérique tout est plus grand) chaque nuit trois cent mille jeunes à moitié anthropophages affrontaient douze corps de meuuurinz' rappelés d'irak en urgence
là batman a dit "stop"
mais comme il était tout seul dans la pénombre de sa batcave humide à bouffer son batcassoulet ça a donné à peu près "chtopf" et des peaux de fayots enrobés de graisse et de salive sont tombés sur le tableau de bord géant avec des loupiotes partout et des tas d'écrans en couleur qui lui servent à voir où sont les malfrats et qu'est-ce qu'ils branlent à l'instant T d'un moment donné
"merde" a encore dit batman
c'était tellement l'anarchie dans les rues de gotham city que pour trouver une femme de ménage à cette heure là...
alors à la place il est allé trouvé le maire de gotham city dans son bureau tout en bois cuiré pas pour lui faire nettoyer son tableau de bord non bien sûr mais pour lui parler du genre "écoutez m'sieur l'maire on peut pas continuer comme ça moi de mon côté je lutte comme un fou contre la criminalité et vous pendant ce temps là vous fabriquez des délinquants et des révoltés par milliers avec vos lois iniques votre répression à la hitler et votre libéralisme sans frein alors qu'en fin de compte on devrait plutôt travailler ensemble main dans la main vous croyez pas?"
le maire justement était en train de fignoler son abri anti-atomique en prévision d'une opération coup-de-poing annoncée par le pentagone pour mater la révolte et comme il aime bien travailler en musique il avait mis son baladeur à fond
"LAÏKEUVEURDJINN" il gueulait en remuant du fion et tout
il a sursauté en voyant soudain batman à côté
"putain tu m'as fait peur grand couillon" il a fait en posant ses écouteurs et sa truelle
"désolé m'sieur"
"qu'esse-tu fous là? tu peux pas prendre rendez-vous comme tout le monde? franchement à quoi ça sert que j'engraisse un putain de directeur de cabinet et trois secrétaires dégueulasses au pieu, tu peux me dire?"
batman s'est gratté le haut du crâne entre les oreilles "non m'sieur, je veux dire: je sais pas m'sieur"
"d'ailleurs pourquoi t'es pas sur le champ de bataille en train d'écrabouiller les faces de tous ces enculés de gauchistes afin de sauver la liberté la démocratie le bonheur le progrès la civilisation l'american way of life et tous ces trucs inventés par nos pères et les pères de nos pères hein?"
"ben c'est que justement m'sieur vous allez peut-être trouver ça bizarre mais ces derniers temps je m'interroge pas mal sur... ahem... la disons validité de notre combat"
"..."
"du point de vue moral je veux dire"
"..."
"est-ce que par exemple politiquement..."
"aaaaaah ouèè d'accord! c'est des questions politiques qui t'escagassent? va voir le président vieux c'est lui qui s'en occupe"
"super" a fait batman "merci m'sieur l'maire" et il s'est envolé au dessus de la ville en évitant adroitement les roquettes et les morceaux de corps humains tout sanglants qui filaient de ci de là dans la nuit froide et agitée de gotham city
16:29 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : batman, usa, science-fiction, humour, politique, société, révolution, golfe
06.10.2008
j'ai été salope avec soljénitsyne
particulièrement salope là
mais c'est pas sa faute à lui je sais bien, il dit des trucs vrais, par exemple il parle de morale et bien entendu ça sert strictement à rien parce qu'un crétin qui se met disons trois millions d'euros dans la poche tu peux toujours lui parler de morale jusqu'à demain matin il t'écoutera même pas il dormira du sommeil du juste les bras croisés sur sa viande, trois millions d'euros pour un seul abruti ou même pour toute une famille d'imbéciles c'est une somme ridicule et immorale, un gosse de six ans sait ça d'instinct pis après vers sept et demi tu tombes sur un débile encravaté à la télé et là tu te dis (éventuellement) que coûte que coûte un jour putain t'auras le même costard que lui sauf que soljénitsyne avait pas la télé l'enculé
bref
perso les connards à cravates et autres putes à ravalement permanent c'était pas non plus mon style, je lisais de la sf où les mecs du futur se baladaient dans des combinaisons fluo ou même le cul à l'air mais surtout ils se la coulaient douce sans rien branler sauf parfois quand un truc foirait (c'est-à-dire à longueur de bouquins) et que par exemple l'astéroïde fou téléguidé par les transneptuniens menaçait d'aplatir comme une crêpe leur belle et peinarde et raffinée civilisation, laquelle à la fin reprenait généralement son cours de justesse et les mecs (sans même attendre que tu aies tourné la dernière page) recommençaient à s'en foutre jusque là et à s'enculer sous les soleils jumeaux
là dessus la réalité débarque et on me parle de lutte et de courage
c'est le mur où je me cogne la tête depuis
plus tard je découvre la branlette et là ça va un peu mieux mais à peine car au fond je suis inconsolable
14:13 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : soljénitsyne, science-fiction, branlette, morale, pognon, télévision
20.08.2008
j'te kiffe trop, t'es super
en réalité faut pas croire au premier degré tout ce que je dis
j'adore les super héros
toute foetus déjà je voulais leur ressembler quand je serais grande (mais ça a foiré)
par exemple quand batman bouffait un sandwich dans son repaire secret des égoûts de gotham city ben moi je courais m'acheter un panini
ou alors quand spider (man) s'élançait du haut du gratte-ciel je me viandais de la balançoire
ou quand il lançait sa toile gluante je m'entrainais à viser le chien avec mes crottes de nez
ma mère ça l'énervait elle disait que j'y arriverais jamais à réaliser mon rêve
alors quand la maison était endormie seule dans le grenier j'ouvrais le vasistas pour contempler la ville tentaculaire vautrée à mes pieds comme une salope et j'attrapais une pneumonie en jurant qu'un jour quand je serais grande je leur montrerais de quoi je suis cap (mais ça a foiré aussi)
en fait tout a foiré ma vie est une bouse et tous ces chacals avec des noms en -man y'en a pas un qu'a remué le bout de la queue pour venir me sauver de la médiocrité
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