24.04.2009
groumpf m'a encore culbutée ce matin
je sais plus bien comment ça c'est passé...
ah si! j'allais pisser quand soudain il m'a chopée et han han han sploutch
ce qu'y'a de génial avec groumpf c'est qu'on perd pas de temps à se dire des poèmes ou à se regarder le blanc de l'oeil
vite fait vite fini
on peut se remettre à picoler
par contre hein son foutre y'en a pas lourd mais c'est du concentré, mettez même pas les pieds dans un endroit où il s'est branlé
avec lisa on est sans arrêt enceintes jusqu'au ras des nichons
c'est emmerdant parce qu'ils filent plus de sacs plastique gratuits à monoprix, sous prétexte de sauver la terre, genre l'excuse bidon, du coup on va être obligées d'utiliser des sacs poubelles avec lisa pour transporter nos foetus au container, au niveau discrétion ça le fait mais dis donc le coût n'est pas le même
ça il s'en fout groumpf, le fric et lui ça fait deux
08:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nichon, beuverie, humour, branlette, pognon, société
18.04.2009
la globalisation ça marche à quoi?
Au fric. Il n'est pas forcément inutile de le rappeler: ramenée à l'essentiel, débarrassée de tout clinquant, la globalisation c'est une histoire de gros sous. C'est un mouvement de l'argent. C'est l'argent qui cherche un terrain de jeu plus vaste, parce qu'à force d'être confiné dans un même espace il a du mal à se multiplier, et il s'asphyxie. Pendant des siècles, cette petite pratique a voulu dire une seule et unique chose: faire la guerre. Envahir la ville voisine. On les raconte différemment, mais les guerres ont toujours été faites pour remettre l'argent en mouvement, pour conquérir d'autres marchés, pour s'emparer des ressources des autres. Faire respirer l'argent.
Si je voulais faire une comparaison, ce qui me viendrait à l'esprit ce serait la conquête de l'Ouest. Là aussi l'objectif était d'agrandir le terrain de jeu de l'argent pour lui permettre de se reproduire. Le Far-West était l'agrandissement idéal du terrain de jeu: des kilomètres de terres qu'ils suffisait d'aller prendre [en passant sur le cadavre encore tiédasse des Indiens coco faudrait voir à pas l'oublier, n.d'.i.j.] pour les remplir de consommateurs. Le seul problème, pour le monde d'alors [à part les Indiens], c'était la distance. Et voici la solution: le chemin de fer. Un peu comme internet aujourd'hui, le chemin de fer raccourcissait l'espace et le temps. Il transformait un espace gigantesque en un unique pays. Il fallait cependant le construire, et pour cela il fallait de l'argent, et pour en trouver il fallait qu'il y ait tout de même des gens prêts à risquer leurs propres sous, et après cela il fallait encore qu'un tas de gens aient vraiment envie de monter dans ce train et de s'en aller refaire leur vie à des milliers de kilomètres de là. Il fallait qu'un tas de gens soient convaincus que l'Ouest, ça existait vraiment. Jamais ils ne seraient partis, ces trains, si l'on n'avait pas réussi, bien avant de les construire, à y faire monter l'imagination des gens.
Il y a dix ans, la globalisation c'était exactement ce genre de chose. Une chose qui n'existait pas mais qui pouvait devenir réelle: à la condition que tout le monde se persuade qu'elle existait.
Alessandro Baricco, Next. Petit livre sur la globalisation et le monde à venir, 2002.
08:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, alessandro baricco, économie, capitalisme, pognon, usa, consommation
20.03.2009
enculé d'écureuil
on croyait qu'il faisait pousser des noisettes dans le respect des conventions collectives et des 35 heures, en réalité c'était une couverture, depuis le début il opérait de juteux placements financiers à court terme ce chacal
enfin cet écureuil
résultat la crise
mondiale!
c'est la naïveté qui nous tuera tous moi je dis
n'empêche avec lisa quand on a appris l'ignoble vérité, on s'est dit bordel de dieu mais faut réagir, on va quand même pas laisser ce crétin à fourrure assassiner l'économie planétaire avec notre pognon
on a tout retiré
le banquier chialait et s'agrippait à ma jupe-culotte avec ses doigts crochus remplis de bagouses en gueulant naaan pitié à l'avenir on sera réglo je vous jure, il a fallu que lisa lui foute un coup de saton sans ça je le traînais jusqu'à l'appart, gras comme il est ce porc c'est épuisant
bon c'est bien joli mais seulement maintenant on est drôlement emmerdées, imagine, les soixante sept mille six cent douze euros cinquante et un (nos éconocroques sur le rmi depuis 1992) on sait pas où les planquer pour pas que les cambrioleurs les trouvent
pourtant on a cherché
sous le lit y'a pas de place, c'est plein de tampax (ou des kleenex je sais pas) usagés et de canettes vides
dans le placard à fringues y'a jamais eu de fringues mais y'a une araignée qui trône, grosse comme la chatte à la voisine et avec le même regard vicieux qu'elle (la voisine), avec lisa on a plus osé s'approcher de la lourde depuis peut-être trois ans
dans mon soutif j'ai essayé mais primo ça fait une bosse ça comme, les gens s'écartent dans la rue, les flics m'arrêtent en criant haut les mains et tout et où qu'est mon permis de port d'arme, bon, deuzio les biffetons deviennent assez rapidement gras et puants et ils en veulent plus à monoprix, ni même à l'arabe du coin, pour te dire
la culotte à lisa, régis y a glissé dix balles un jour qu'on faisait un concours de strip-tease de putes, ben on les a jamais retrouvés
les chiottes c'est risqué, y'a trop de passage
sous l'évier y'a un rat mort
dans le frigo y'a des courts-jus
scotcher le pèze sous la table? impossible, c'est déjà plein de crottes de nez
dans la terre du ficus j'ai pensé, hé hé, génial, c'est pas trop humide vu qu'on l'arrose jamais, c'est depuis qu'un jour ce bâtard verdâtre a failli envahir toute la pièce, on a décidé avec lisa de pas l'encourager dans cette voie, bonne idée la terre du ficus ouais seulement j'ai pas réussi à faire sortir cette saloperie de forme de vie végétale, il a dû faire pousser des racines à travers le pot, le plancher, peut-être une partie de la croûte terrestre pour trouver de l'eau l'enculé, je me disais bien qu'il avait bonne mine ces derniers temps
la baignoire c'est également un des endroits les plus secs de l'appart, mais manque de bol y'a groumpf qui dort dedans
foutre
le pognon c'est que des problèmes continuellement
06:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, économie, pognon, capitalisme, culotte
14.03.2009
le monde selon monsanto
de Marie-Monique Robin (2008)
07:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, pollution, environnement, santé, monsanto, politique, ogm, société, pognon
13.03.2009
groumpf, fils de pute des âges farouches
c'est le jour des dinosaures qu'on a déconné
avec régis
en pays étranger, sur une route de campagne et tout, c'est bourré de chinetoques et autres négros à l'affût tapis dans l'ombre pour te piquer tes euros ou te vendre sa petite soeur prépubère, on en a fait encore une fois la triste expérience
avec régis
ne jamais descendre de voiture sans une excellente raison, jamais
seulement moi tu comprends après sept bières et de nombreuses émotions j'avais comme qui dirait la vessie au bord des petites lèvres, une de ces envies de pisser c'est bien simple j'aurais pu remplir le stade de france à l'aise, comme johnny, et j'ai dit à régis qui pilotait comme un fou ma bagnole intertemporelle en faisant profil bas à cause de la merde en train de sécher dans son froc arrête-toi là j'en peux pu, il a freiné en catastrophe et je me suis vidée dans l'herbe en feulant comme une bête tellement c'était bon
et je pissais et je pissais, ça en finissait plus
soudain j'entends la portière qui se referme doucement et le moteur qui fait vroo vroooar, putain je me retourne en gueulant régis je t'en supplie me laisse pas toute seule dans cette contrée inconnue, mais bizarrement la bagnole avait pas bougé et la portière était toujours ouverte comme je l'avais laissée, régis se penche et me crie mais non voyons, je fais juste tourner le moteur pour pas qu'elle cale, imagine qu'elle cale ici et qu'elle démarre plus, on serait mal hein
bon toute tremblante je finis de me pisser à moitié sur les guiboles en demandant on est où au fait?
chais pas, la préhistoire ça se ressemble partout
barrons-nous maintenant
yes
et là on réintègre le présent pour de vrai
sauf qu'au moment d'entrer dans l'appart on aperçoit une sorte d'ours qui nous suit en faisant une sorte de bruit genre groumpf groumpf groumpf
putain non je fais à régis, pour ton clebs à la limite ça c'est arrangé, mais un ours lisa voudra jamais
mais je le connais pas cet ours!
groumpf groumpf
on a réveillé lisa de sous la table de la cuisine: tu le connais toi?
nan c'est qui?
groumpf
on dirait qu'il veut nous dire son nom a déclaré régis en plissant les yeux sous l'effort intellectuel
groumpf groumpf
moi jane j'ai fait en m'esquintant le nichon gauche d'un coup de poing
moi groumpf a fait groumpf
je crois que c'est pas un ours a fait régis
ben non a fait lisa, c'est un mec préhistorique, ça se voit au premier coup d'oeil, moi lisa
moi groumpf
pour les présentations c'est réglé a fait régis
un immigrant clandestin j'ai fait, ce salaud a profité que je pissais pour se glisser à l'arrière de la bagnole, et toi t'as rien vu
ben non a fait régis
on peut même plus s'arrêter pisser au paléolithique, c'est un monde
en parlant de pisser a fait lisa, il reste des bières?
merde j'ai fait, qui a du pognon?
moi j'ai que dalle a fait lisa
moi je t'ai tout donné tout à l'heure a fait régis
moi groumpf a fait groumpf
merde j'ai encore fait
mais finalement j'ai déniché un peu de pognon dans le bac à glaçons et on est allés chez l'arabe, groumpf et moi, prendre deux packs et du jambon blanc, l'arabe s'est marré, on dirait mon imam il a fait, c'est groumpf j'ai fait, c'est un mec préhistorique, il sort tout droit de sa cambrousse et connaît que dalle au monde moderne c'est pourquoi je l'ai pris sous mon aile afin de lui apprendre des machins essentiels comme le langage et le pognon, s'il a besoin d'un permis de séjour a fait l'arabe en glissant un clin d'oeil entre sé et jour, putain c'est vrai j'ai fait t'as même pas de papiers je parie, moi groumpf il a fait
après on a couru à l'appart, je venais de me rappeler un truc, régis j'ai gueulé, tout le continuum va péter d'une seconde à l'autre!
hein? mais non a fait régis, cette histoire d'oscillations c'était juste pour te décider à m'accompagner
j'y ai filé un coup de boule et ensuite on a décapsulé la bibine, pour se mettre à l'aise groumpf a enlevé ses espèces de peaux de bêtes dégueulasses et on a pu voir qu'il avait un zgeg énorme et des dispositions pour la picole
c'est déjà ça je me suis dit
07:52 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, écriture, beuverie, zgeg, nichon, pognon
23.02.2009
faucheurs dans la mouise
c'est pas la suite de gorilles dans la brume, c'est un mail que j'ai reçu
prière d'envoyer un peu de pognon et/ou de faire tourner l'info sinon je vous cause pu, ces faucheurs-là c'est quand même des gens qui prennent des risques pour nous éviter de bouffer du caca
si vous me croyez pas, allez vous faire voir ailleurs
Sujet: Solidarité avec les 32 de Villereau
Date: Sun, 22 Feb 2009 10:35:48 +0100
De: faucheurs.ogm@laposte.net
Répondre à: faucheurs.ogm@laposte.net
Pour: insanityjane@free.fr
Bonsoir,
Les 32 faucheurs volontaires de Villereau ont lancé un appel à solidarité que vous trouverez ci-dessous et en pièce jointe.
Merci de les soutenir et de diffuser largement cet appel.
Le 14 août 2006, nous avons neutralisé une parcelle d’essai Monsanto sur la commune de Villereau (Loiret). Il s’agissait de la variété de maïs NK 603 MON 810 (gène de résistance au roundup + gène insecticide Bt). Après notre mise en garde à vue, un jugement de première instance (février 2007) et un jugement d’appel (décembre 2007), notre pourvoi en Cassation a été rejeté en novembre 2008. Nous sommes donc définitivement condamnés au regard de la législation française pour destruction du bien d’autrui commise en réunion.
Les peines se composent de prison avec sursis (3 à 4 mois) et d’amendes qui vont de 1500 à 3000 euros, somme à laquelle il faut ajouter pour 16 d’entre nous 300 euros pour refus de prélèvement d’ADN, soit un total de 60300 euros qui n’inclut pas les frais (270 euros par personne).
Or, au moment où notre pourvoi en Cassation était rejeté, le Conseil d’Etat a déclaré illégales les autorisations d’essais OGM accordées en 2006. L’essai que nous avons neutralisé n’aurait donc jamais dû être autorisé. Entre la décision suprême du Conseil d’Etat et nos condamnations successives, la Justice est en contradiction. Notre situation est donc scandaleuse Par ailleurs, à la suite du Grenelle de l’environnement, le gouvernement français a décidé de suspendre en janvier 2008 la culture du MON 810 (gène insecticide Bt), ce qui légitime encore plus notre action.
Comble d’injustice, cette condamnation permet à Monsanto de réclamer des dommages et intérêts qui risquent d’être substantiels.
Considérant que nous n’avons pas agi par intérêt personnel mais en état de nécessité et pour le Bien Commun, nous faisons appel en urgence à la solidarité financière de chacune et de chacun, même sous forme de petits chèques (de 1 à 10 euros) libellés à l’ordre du Trésor public (notez au verso "solidarité Villereau" ). Votre contribution, même minime, participera à donner tout son sens à notre action.
Avec nos remerciements,
Les 32 de Villereau
---
Envoyez au plus tôt vos chèques à l’adresse suivante :
Anne Martin – Gilles Guellier
Ferme de La Guilbardière
41120 MONTHOU SUR BIEVRE
Nous invitons les associations à diffuser cet appel et à nous contacter pour leurs dons
(seuls les particuliers peuvent faire un chèque à l’ordre du Trésor Public)
---
Vous pouvez télécharger la version pdf imprimable de cet appel sur:
http://www.monde-solidaire.org/spip/IMG/pdf/Appel_32_Cent...
10:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, politique, capitalisme, monsanto, ogm, santé, pollution, justice, pognon
29.01.2009
la chaîne de m. bouygues
En septembre 1994, au moment où Bouygues, Alcatel et la Lyonnaise des Eaux se battaient pour décrocher le 3ème réseau de radio-téléphonie, un quotidien aussi peu porté à la contestation du système économique que le Wall Street Journal relevait l'existence en France d'un "circuit virtuellement fermé dans lequel le clientélisme politique et l'influence médiatique peuvent compter autant que la stratégie industrielle et le savoir-faire technologique."
Bouygues l'emporta quelques jours seulement après s'être déjà vu attribuer le contrat du grand stade olympique de Saint-Denis, pour une valeur de deux milliards de francs. Dans la perspective d'une élection présidentielle, TF1 pesait alors beaucoup plus lourd. Au demeurant, le candidat Balladur avait veillé à ne pas mécontenter trop longtemps les rivaux malheureux de la société Bouygues: la Lyonnaise des Eaux prendrait en mains une partie des réseaux de télévision câblée de la Caisse des Dépôts; Alcatel gèrerait la téléphonie cellulaire. Bien naïf celui qui imagine que la presse est un secteur où on ne peut que perdre de l'argent...
[...] Comment annoncer avec ménagement à un journaliste que, pour lui aussi, "Lip, c'est fini", qu'il dispose d'à peine plus de pouvoir sur l'information qu'une caissière de supermarché sur la stratégie commerciale de son employeur? Tant de stages, tant de précarité, tant de contrats à durée déterminée pour en arriver là: on se rêvait l'héritier de Bob Woodward, on est le tâcheron de Martin Bouygues.
[...] Recevant Dominique Strauss-Kahn, le présentateur du JT de TF1, Jean-Claude Narcy, le sermonne: "Réduire le temps de travail est une chose. Encore faut-il que les travailleurs acceptent de baisser leurs salaires. Comment espérez-vous les en persuader?" Façonné malgré lui par le carcan néolibéral ambiant, le téléspectateur jugea vraisemblablement qu'il s'agissait là d'une question de bon sens. Et puis, peut-être, il imagina: et si le journaliste avait choisi de formuler comme ceci la fin de sa demande: "Encore faut-il que les détenteurs de revenus du capital acceptent de rogner sur leurs rentes qui, toutes les études le démontrent, ont fortement progressé depuis quinze ans. Comment espérez-vous les en persuader?" Le temps d'un rêve, DSK eût été désarçonné, l'économie serait redevenue pluraliste, et TF1 aurait cessé d'être la chaîne de M. Bouygues.
Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, 1997.
07:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, télévision, politique, économie, pognon
23.01.2009
surveille ton prochain comme toi-même
ça existait déjà chez les rosbeefs et les amerloques
(je t'en parlais là)
maintenant chez nous
dans ma ville
après un test dans 26 départements, le volontariat citoyen démarre en indre-et-loire
la sécurité c'est l'affaire de tous, lance le préfet
dorénavant, parmi tous les crétins que tu croises dans la rue, dans le bus, au boulot, dans l'ascenseur, à la boulangerie, y'aura une proportion inconnue de citoyens volontaires, sortes d'apprentis cowboys bénévoles prêts à brandir leur badge de faux flics au moindre pet de travers, lacérage de pub ou autre fumage de joint sur un banc
bonjour la sécurité
et sinon pour arrêter sarko qui nous a rackettés de 500 milliards le mois dernier, des volontaires?
14:42 Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : police, société, humour, sarkozy, pognon, tours
une vie de merde
Dans la société, c'est vraiment comme dans les gâteaux: y a trois couches. La première c'est celle du dessus, des gens qui n'ont pas la plus petite idée de ce qui se passe dans la vraie vie. Même s'ils passent par la case licenciement, ils touchent alors des indemnités telles qu'elles feraient vivre une famille de smicards pendant vingt ans. Ceux-là ne touchent pas terre, ne connaissent pas de la vie la même face que les deux autres catégories.
La deuxième c'est la mienne, celle des gens paisibles qui n'ont besoin que d'un feu de bois et des copains pour être heureux. C'est déjà un luxe. Ceux-là vivent souvent à la campagne où l'on gagne peu mais où l'on vit mieux parce qu'on se fout du pognon. Une bonne catégorie dans laquelle on possède souvent sa maison et on a un salaire. Le revenu n'est pas élevé mais les besoins non plus; en adaptant le budget aux dépenses, ça passe. Là, on est davantage dans le réel.
Après, il y a la vie d'Aubépine. Une vie de merde, boulot du même métal, habitat pourri, violence, délinquance, stress, police, huissiers et maladie. Comment en irait-il autrement? Certains cumulent les mandats, d'autres les casseroles. Ce qui s'est passé pour elle? Trois fois rien. Un mot de travers et le supérieur hiérarchique a pris la mouche. Il avait peut-être aussi tout simplement une copine à placer. Quoi qu'il en soit, elle a été lourdée brutalement et remise dans son univers "d'avant", sans cellule de soutien psychologique. Victime une nouvelle fois. Ce qui a un coût en termes de santé. C'est par là que cela lâche souvent en premier. Aubépine, qui n'a pas l'âge de ce type de pathologie, a fait un AVC (accident vasculaire cérébral)...
Anne Carpentier, Petit précis de révolte élémentaire, 2004.
09:18 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anne carpentier, société, travail, merde, pognon, logement, santé
28.12.2008
loisirs: shopping
sur son cv, dans la rubrique loisirs, tout en bas, au lieu de branlette ou éclusage de mousses comme écrivent les gens normaux, elle, elle met ça:
shopping
même pas honte d'être une sale truie
non seulement elle cherche un job salarié telle le collabo moyen
en plus de ça, quand elle bosse pas, elle passe le temps à acheter des trucs
l'endoctrinée type
l'ultraconsommatrice fanatique
vaillante petite fourmi parmi des milliards d'autres dans la grande fourmilière capitaliste, obéissant petit rouage de l'immense machine à broyer les bonshommes
teupu
le lavage de cerveau n'a rien laissé derrière, pas une circonvolution qui dépasse
d'un autre côté c'est honnête de sa part
la soumise annonce la couleur avec une rare franchise:
messieurs les exploiteurs, je meurs d'envie de collaborer
par pitié prenez-moi toute!
possédez-moi!
faites de moi votre chose, oh oui, en échange d'un salaire de misère que je m'engage solennellement à remettre illico dans le circuit en acquérant toutes choses inutiles en plastique que vos altesses auront la bonté de me désigner comme indispensables à mon épanouissement en tant que truie!
quel capitaliste peut demeurer insensible à ce genre d'argument?
car les fachos ont aussi un coeur, n'est-ce pas?
(n'est-ce pas?)
reste à déterminer si la pouf est sincère
de nos jours on ne peut plus faire confiance à personne, et si ça se trouve ce qu'elle appelle du shopping c'est rien que des trucs de gauchistes, des trucs sans intérêt pour le marché, comme par exemple acheter une clémentine transgénique d'occase chez emmaüs pour le petit noël de ses cinq chiards
ça s'est vu
prudence, donc...
07:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, travail, capitalisme, consommation, économie, pognon, truie






