05.05.2009

pub et nouvelles technologies

Via GMail, le service de messagerie de Google, un logiciel scanne les courriels, identifie les centres d'intérêt des utilisateurs et leur adresse ensuite des annonces ciblées. "Les outils de recherche pourront bientôt passer au peigne fin non seulement des documents au format Microsoft Office ou PDF, mais aussi des messages instantanés, des courriels, de la musique et des images", écrit Charles Ferguson dans la Technology Review. "Avec le développement de la reconnaissance vocale et du haut-débit, il sera également possible d'indexer et d'analyser des conversations téléphoniques."

Comme toutes les nouvelles technologies fondées sur le principe de la gratuité, les moteurs de recherche n'assurent leur ascension qu'au prix d'un contrôle toujours plus étroit du consommateur. Dès l'an 2000, sur une idée de Jacques Attali, Publicis créait une filiale, Net Intelligenz, dont la mission consiste justement à "surveiller, étudier et analyser tous les forums et conversations entre internautes pour le compte de ses clients." Les entreprises prennent ainsi connaissance des commentaires qui circulent sur leurs produits, mais aussi de la concurrence et des tendances en cours afin de récupérer à leur guise les mots et les expressions clés. Six ans plus tard, le PDG de Publicis n'en est déjà plus au stade du laboratoire lorsqu'il annonce la migration de son groupe vers les nouvelles technologies: "Nous souhaitons amener nos grands clients, annonceurs comme médias, à préempter le futur, à négocier les tournants du numérique, de la mobilité et de l'interactivité." En décembre 2006, le rachat du groupe américain Digitas, leader de la communication numérique et interactive, permet à Publicis de renforcer son savoir-faire en matière de profilage de ses clients. L'heure de la nouvelle bataille du "tracking", autrement dit du pistage électronique des données personnelles, a sonné. Gageons qu'elle saura rendre la publicité encore plus ciblée et moins intrusive, non seulement acceptée mais intime, voulue et incontestable. Bien que diffuse, l'adhésion au système publicitaire n'en serait que plus totale.

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

"préempter le futur"... beau lapsus de capitaliste hein?

heureusement que:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.

02.05.2009

pub et cinéma

E.T. l'extra-terrestre.jpgLa grande pub n'est plus de saison. Il importe de distiller les marques non plus dans des espaces qui leur sont réservés à côté des contenus, mais au sein même de ces contenus. A condition de rendre cette fusion ludique et acceptable. Le phénomène est bien connu des téléspectateurs américains: en 2004, la société PQ Media a comptabilisé 9.334 intrusions de marques dans les émissions télévisées américaines, ce qui représente un investissement d'un montant total de 4,25 milliards de dollars, en hausse de 23% par rapport à 2003. Ainsi, les candidats du jeu de téléréalité "Survivor", isolés sur une île déserte tels des Robinson, survivent-il grâce aux chips Doritos et à la bière Mountain Dew!

Au cinéma, où le placement des produits assure une bonne part du budget des films, des scènes entières sont scénarisées en fonction des impératifs de ces annonceurs clandestins. On sait que les films de James Bond constituent une publicité ambulante pour des marques de voitures, de montres ou de whiskys. Mais Steven Spielberg s'impose aussi comme un des maîtres du genre. En 1982, l'extraterrestre E.T. manifestait un appétit hors norme pour les Reese's Pieces, une marque américaine de bonbons. En 2002, dans Minority Report, dont l'intrigue se déroule en 2054, le réalisateur offre une postérité à des marques comme Pepsi, Reebok, Guinness, Century 21 et Gap grâce à des plans, voire des séquences entières, totalement inutiles mais, pour le plus grand bonheur de la production, grassement rémunérées.

En France, les adeptes de ce Truman Show qui n'a plus rien de futuriste ont pour noms, entre autres, Claude Lelouch ou Luc Besson. Par le truchement de sa société de production EuropaCorp, ce dernier assure une publicité suivie pour Peugeot dans la série des films "Taxi".

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

accuser notre ami E.T. maintenant...

jusqu'où ira la paranoïa de mme bénilde?

d'autant que:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.

30.04.2009

pub et indépendance des médias

tsunami.jpgLa publicité a été introduite au XIXème siècle pour aider l'information à atteindre le plus grand nombre de lecteurs; puis, les médias avaient identifié les annonceurs comme leurs principaux clients, auxquels l'information devait s'adapter; le dernier acte se joue quand la presse se vend à la publicité et en arrive à falsifier l'information. La couverture du tsunami asiatique permet d'en prendre la mesure. L'événement, qui s'est produit le dimanche 26 décembre 2004, n'a été rapporté dans la semaine qui a suivi ni par Métro, ni par 20 Minutes, ni par L'Express, ni par Le Nouvel Observateur, ni par Le Point, ni par Le Figaro Magazine. Le tsunami a fait 295.000 morts. Mais l'événement a malencontreusement eu lieu entre Noël et le jour de l'an. Or, cette semaine-là, les journaux "gratuits" et la presse magazine d'actualité ne paraissent pas. Car la période des fêtes de fin d'année se caractérise par une décrue importante de la publicité. Les annonceurs et les acheteurs d'espace publicitaire partent en vacances. Pas question pour eux d'annoncer dans un magazine ou un quotidien qui ne sera pas lu dans des pays exotiques ou sur les pistes de Val d'Isère et Chamonix. "Il n'y a pas de news magazines pendant les fêtes de Noël, non parce qu'il n'y a pas d'actualité, mais parce qu'il n'y a pas de publicité à ce moment-là", a reconnu en février 2005 Marc Lecarpentier, qui fut patron de Télérama pendant vingt-six ans.

[...] L'Oréal est l'un des tout premiers annonceurs français. Grâce à l'appui de son agence Publicis et de son patron Maurice Levy, il est en mesure de faire entendre ses intérêts aux journaux qui seraient tentés de nuire à son image. Rares sont les journalistes français qui se risquent à mettre en doute les allégations publicitaires de L'Oréal lorsque la marque affirme, au printemps 2004, que sa crème amincissante réduit de façon visible l'apparence de la cellulite ou que sa lotion antirides diminue visiblement les rides d'expression. Il a fallu que l'Advertising Standard Authority impose en Grand Bretagne le retrait de telles publicités pour que des journaux comme Le Monde, Libération ou Les Echos rendent compte, en août 2005, de cette décision qui mettait en cause la véracité des prétendues "preuves scientifiques" apportées par L'Oréal.

[...] En 1987, Francis Bouygues se rend maître de TF1. Présentateur du journal télévisé sur la Une, Bruno Masure note immédiatement un changement: "Le curseur bouge. Avant on avait les pressions politiques, là c'est les pressions économiques. C'est-à-dire qu'il y a des annonceurs très puissants qu'il ne faut pas trop chagriner. C'est vrai qu'on avait des débats en conférence de rédaction quand on mettait en cause des grosses boîtes comme Nestlé: qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on ne fait pas, consultons le service juridique, etc. Ce sont des gens qui annoncent chez nous, alors si on les emmerde, ils vont supprimer leur budget."

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

bruno t'es qu'un sale menteur!

et même pas poli en plus

car en effet:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.

28.04.2009

pub et politique

Rabin-Mitterand-et-Peres.jpgUn président porté au pouvoir grâce à la pub? Plus que tout autre, François Mitterrand aura contribué à installer la publicité au coeur des campagnes électorales des années 1980. En la matière, un personnage va jouer un rôle centrale: Jacques Pilhan, collaborateur de Jacques Séguéla pour la campagne sur la "force tranquille" et, dès 1981, conseiller en communication de l'Elysée et de Matignon. C'est lui qui convertit la gauche à l'idée que la communication à l'américaine peut être un instrument non seulement de conquête mais aussi de pérennisation du pouvoir. En 1984, il crée une agence chargée de promouvoir l'image du président de la République ainsi que celle d'entreprises ou d'institutions publiques. La publicité n'est plus vue comme un mal nécessaire propre à toute société capitaliste mais comme la marque d'une civilisation moderne au diapason de laquelle les nouvelles générations socialistes doivent s'accorder. L'argent coule à flots, les affiches sont imprimées en masse et les valises de billets circulent.

[...] Jacques Pilhan a poussé si loin le sens du produit "branché" et de l'adaptation au marché qu'il s'est mis au service de Jacques Chirac et de sa fille Claude lors de l'élection présidentielle de 1995. Sept ans plus tard, Lionel Jospin puise à son tour dans le sérail de Jacques Séguéla pour mener campagne sur le "présider autrement". A l'écoute de ses spin doctors, le locataire de Matignon en oublie de faire appel aux militants du Parti socialiste, priés de s'effacer devant le savoir-faire des gourous de la communication. Une stratégie couronnée de succès le 21 avril 2002.

[...] Quand la publicité se mêle de politique, ce n'est évidemment pas de façon désintéressée. Une campagne électorale fournit toujours l'occasion de nouer des relations étroites avec de futurs gouvernants susceptibles de faire alléger les lois contraignantes et de confier à une agence un budget de communication publique ou une campagne d'intérêt général. [...] La proximité d'intérêts des grandes agences avec les idées libérales ne fait guère de doute. Seule une idéologie prônant un interventionnisme minimal de l'Etat, la privatisation des biens et la mise en concurrence des services joue en faveur d'un développement des dépenses de publicité et, partant, de la rémunération des agences. La posture mitterrandienne d'un Jacques Séguéla ne doit donc pas faire illusion: la publicité s'est mise au service d'un discours électoral, d'un homme, avant de s'employer à le faire évoluer dans un sens conforme à ses intérêts: "Mitterrand est le premier qui comprendra qu'il fallait passer de la propagande à l'information et, très vite, de l'information à la communication", dit-il. Les temps se prêtent alors à la mise en scène publicitaire: tournant de la rigueur et promotion du slogan "Vive la crise!", réhabilitation du profit... Si les agences de publicité mettent leur "art" au service des politiques, elles sont d'abord à l'écoute des grandes entreprises capitalistes qui les font vivre. Ainsi la propagande électorale a-t-elle fini par se fondre dans les intérêts de la publicité.

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

mais tout ça n'est probablement qu'un tissu de calomnies puisque:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.

25.04.2009

pub et santé publique

clope pekin.jpgIl n'existe pas de publicité sans profit. Une campagne pour l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), en 2002, mettait en évidence les agents toxiques qui entrent dans la composition de la cigarette. Remarquée par les professionnels, elle assura la renommée de ses concepteurs. L'un d'entre eux a ensuite rejoint le groupe Leo Burnett (Publicis), où il s'est efforcé de développer la consommation des tabacs Philip Morris dans des pays à fort potentiel comme la Chine.

La publicité ne connaît pas de frontières. Pas même, parfois, celles de la légalité. Depuis l'entrée en vigueur de la loi Evin, en janvier 1992, qui interdit toute promotion directe ou indirecte du tabac, les publicitaires sont passés maîtres dans l'art de contourner la législation: animations dans les lieux de vente, échantillonnage de produits dérivés lors d'événements culturels ou sportifs... La Communauté européenne n'est en effet jamais parvenue à faire adopter la directive de 1998 qui prévoyait d'interdire toute communication des fabricants de tabac: il en allait de la rediffusion des grands prix de formule 1.

Désormais, les industriels de la cigarette se tournent vers des marchés émergents, comme l'Inde, la Chine ou la Turquie. Des pays où la communication n'est pas soumise aux mêmes contraintes et où les états-majors du marketing publicitaire ciblent des populations jeunes considérées comme "vierges" à l'aide de distributions gratuites dans les discothèques, du sponsoring des activités sportives, etc. Il en va de même pour les alcool: les fabricants conçoivent des produits de transition fruités, sucrés et légèrement alcoolisés pour convaincre des générations entières d'adopter les nouveaux modes de vie occidentaux. Face à de telles stratégies, les gouvernements préfèrent généralement traiter les effets par des politiques de santé publique plutôt qu'agir sur les causes en limitant le champ d'action du marketing.

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

gardons néanmoins à l'esprit que:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.

23.04.2009

on achète bien les cerveaux

marie bénilde - on achète bien les cerveaux.jpgDans les pays développés, la pression publicitaire atteint une telle ampleur qu'elle génère de multiples effets pervers dont on commence seulement à prendre la mesure: altération du fonctionnement des médias, menaces sur l'information, concurrence faussée, envahissement des marques, aliénation de l'individu... La publicité n'a plus rien d'une douce musique d'ambiance mais s'impose à nous sous son vrai visage: une idéologie au service de la préservation d'un ordre économique et social.

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

 

 

 

mais rassurez-vous:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.