07.02.2009
s'informer sans effort est une illusion
Tandis que s'entrechoquent des géants pesant plusieurs milliards de dollars, comment pourrait survivre une information indépendante? Dans un monde de plus en plus piloté par des entreprises colossales qui obéissent à la loi du business et aux seules logiques commerciales, et où tant de gouvernements semblent passablement débordés par les mutations en cours, comment être certains que nous ne sommes pas médiatiquement manipulés?
[...] Beaucoup de citoyens estiment que, confortablement installés dans le canapé de leur salon à regarder sur le petit écran une sensationnelle cascade d'événements à base d'images souvent fortes, violentes et spectaculaires, ils peuvent s'informer sérieusement. C'est une erreur totale. Pour trois raisons: d'abord parce que le JT, structuré comme une fiction, n'est pas conçu pour informer, mais pour distraire. Ensuite, parce que la rapide succession de nouvelles brèves et fragmentées (une vingtaine par JT) produit un double effet négatif de surinformation et de désinformation: il y a trop de nouvelles, mais trop peu de temps consacré à chacune d'elles. Enfin, parce que vouloir s'informer sans effort est une illusion qui relève du mythe publicitaire plutôt que de la mobilisation civique. S'informer fatigue, et c'est à ce prix que le citoyen acquiert le droit de participer intelligemment à la vie démocratique.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
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05.02.2009
guerre en direct
La couverture de l'opération "Tempête du désert", lors de la guerre du Golfe, en 1991, ne pouvait donner lieu qu'à un malentendu, les médias promettant de montrer la "guerre en direct", alors que les militaires avaient décidé de ne proposer aux journalistes que des leurres.
[...] Le professeur Mark Cristin-Miller, de l'université de New York, le confirme: "'Tempête du désert' a été une opération de propagande d'une dimension sans précédent. Ce fut un désastre pour la presse occidentale et pour le peuple américain, car tout a été orchestré comme une chorégraphie et manipulé par le Pentagone. Et les médias l'ont accepté."
[...] Les guerres, dans un univers surmédiatisé, sont devenues de grandes opérations de promotion politique qui ne sauraient être conduites en dehors des impératifs de relations publiques. Elles doivent produire des images propres, limpides, répondant aux critères du discours de propagande ou, en termes contemporains, du discours publicitaire.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
tempête du désert... attends ça me dit quelque chose...
c'est pas la suite de la guerre des clones?
avec will smith c'est ça?
ouais, si je me souviens bien c'est quand le joker (qu'on croyait mort) refait surface déguisé en ben laden et menace de sodomiser mère teresa si on lui refile pas fissa les clés du faucon millenium vu qu'il en a un besoin urgent pour échapper aux griffes de la malédiction de la momie transgénique d'hitler
on l'a vu avec lisa
(le film, pas le joker)
je te raconte pas comme on a chialé à la fin surtout quand le brillant général américain bourré de médailles et de tempes grisonnantes rate une marche en descendant de son bombardier atomique et se foule une cheville et qu'on lit la souffrance et l'incompréhension dans ses yeux égarés et qu'il pousse sa gueulante déchirante sur fond de villes bougnoules irradiées:
WHY!
ça m'a tuée
06:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, usa, médias, golfe, cinéma, ignacio ramonet, politique
03.02.2009
derrière le paravent des médias
Qui peut échapper à ce tam-tam planétaire? Tian'anmen, Berlin, Roumanie, Golfe, Somalie, Rwanda, Bosnie, O. J. Simpson, Diana, Clinton-Lewinsky, Kosovo scandent avec une telle force le rythme de l'actualité que tout le reste de l'information s'estompe, s'assourdit, se dissipe. Au point même que des faits majeurs peuvent se dissimuler derrière le paravent des médias et échapper à l'attention du monde.
[...] En prenant la tête dans la hiérarchie des médias, la télévision impose aux autres moyens d'information ses propres perversions avec, en premier lieu, sa fascination pour l'image. Et cette idée fondatrice: seul le visible mérite information; ce qui n'est pas visible et n'a pas d'image n'est pas télévisable, donc n'existe pas médiatiquement. Les événements producteurs d'images fortes -- violences, guerres, catastrophes, souffrances -- prennent alors le dessus dans l'actualité. [...] Contrainte de suivre, la presse écrite croit pouvoir recréer l'émotion ressentie par les téléspectateurs en publiant des textes (reportages, témoignages, confessions) qui jouent, de la même manière que les images, sur le registre affectif et sentimental, s'adressant au coeur, à l'émotion et non à la raison, à l'intelligence. De ce fait, même des médias réputés sérieux en viennent à négliger des crises graves, qu'aucune image ne permet de faire exister concrètement.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
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31.01.2009
la révolution version second life
Les journalistes, les médias -- et dans une certaine mesure les citoyens -- sont en attente d'une personnalité tenant un discours de portée planétaire, fondée sur l'émotion et la compassion: un mixte de Diana et de Mère Teresa, de Jean-Paul II et de Gandhi, de Clinton et de Ronaldo, et qui parlerait de la souffrance des exclus (3 milliards de personnes) comme Paulo Coelho parle de l'ascèse de l'esprit. Quelqu'un qui transformerait la politique en télévangélisme, qui rêverait de changer le monde sans jamais passer à l'acte, qui ferait l'angélique pari d'une radicale évolution sans révolution.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
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