01.05.2009
retirer mes guignols d'irak
et pas dans cent sept ans hein
maintenant!
pendant qu'on y est, retirer les troupes d'afghanistan
retirer les troupes d'un peu partout en fait
rapatrier tous ces pauvres crétins et débloquer du pognon pour leur apprendre un vrai métier
refonder l'assurance maladie, l'assurance chômage, les retraites, arranger tout le bordel de façon à offrir à chacun une vie décente
mettre un terme au hold-up permanent de la finance
avec le blé récupéré, assurer la transition vers la décroissance
quoi d'autre?
ah oui, désarmorcer ces saloperies de missiles nucléaires, bon dieu je sais même pas combien y'en a au juste, démanteler le complexe militaro-industriel quoi merde
rouvrir évidemment le dossier du 11 septembre
avec, pour changer, une commission réellement indépendante
traduire bush et sa clique (et les financiers au-dessus d'eux) en justice pour crimes contre l'humanité
bon là c'est la fête du travail, pas de bol, mais je m'y mets demain matin, promis
08:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bush, obama, usa, politique, golfe, guerre, 11 septembre
31.03.2009
le stade dubaï du capitalisme
allez, à la demande générale de personne en particulier, voici encore quelques extraits de ce tout petit bouquin édifiant:
Zone de guerre
Dubaï est aujourd'hui un partenaire respecté de Washington dans sa "guerre contre le terrorisme" -- elle sert notamment de base aux Américains pour espionner l'Iran. Mais il est probable qu'El Maktoum, comme les autres dirigeants des Emirats, conserve un canal ouvert avec les islamistes radicaux. Si Al-Qaïda le voulait, il pourrait sans doute transformer en "tours infernales" le Burj Al-Arab et d'autres gratte-ciels emblématiques du paysage urbain de l'émirat. Mais jusqu'à présent, Dubaï est l'une des seules villes de la région à avoir complètement échappé aux attentats à la voiture piégée et aux attaques contre les touristes occidentaux. C'est très probablement dû au statut de l'émirat en tant que zone de blanchiment d'argent et refuge haut de gamme, tout comme Tanger dans les années 1940 ou Macao dans les années 1960. Le développement de son économie souterraine est la meilleure police d'assurance de Dubaï contre les attentats suicides et autres détournements d'avions.
Incarnation du rêve des réactionnaires américains
... une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d'opposition (ni élections, d'ailleurs). Comme il se doit dans un paradis de la consommation, sa fête nationale -- non officielle --, qui définit aussi son image planétaire, est le fameux Festival du Shopping, parrainé par les vingt-cinq centres commerciaux de la ville. Ce grand moment de folie consumériste démarre tous les 12 janvier et attire pendant un mois quatre millions de consommateurs haut de gamme, provenant essentiellement du Moyen-Orient et d'Asie du Sud.
Bangkok du Moyen-Orient
L'émirat est connu pour sa mansuétude à l'égard des vices occidentaux -- à l'exception de la consommation de drogue. Contrairement à ce qui se passe en Arabie Saoudite ou même à Koweit City, l'alcool coule à flots dans les hôtels et les bars pour étrangers de la ville, et personne ne s'indigne de voir des jeunes femmes en bustier léger ou même des baigneuses en string sur la plage. Dubaï -- tous les guides les plus branchés vous le confirmeront -- est aussi le "Bangkok du Moyen-Orient, avec ses milliers de prostituées russes, arméniennes, indiennes ou iraniennes, contrôlées par diverses mafias et gangs transnationaux. Les filles russes accoudées au bar sont la façade glamour d'un sinistre trafic basé sur les enlèvements, l'esclavage sexuel et la violence sadique. Bien entendu, la modernissime administration d'El Maktoum nie toute responsabilité dans cette industrie du sexe florissante, même si les initiés savent parfaitement que les putes sont indispensables pour remplir les hôtels cinq étoiles d'hommes d'affaires européens et arabes. Quand les étrangers vantent l'exceptionnelle "ouverture" de Dubaï, c'est à cette permissivité libidineuse qu'ils font allusion, pas à la liberté syndicale ou à celle de la presse. [voir aussi la petite vidéo à l'adresse: http://current.com/items/76359062/dubai_prostitution.htm]
Mike Davis, Le Stade Dubaï du capitalisme, 2007.
07:04 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, golfe, mike davis, terrorisme, esclavage
28.03.2009
les ilotes de dubaï
Comme les émirats voisins, Dubaï a atteint la perfection dans l'art d'exploiter les travailleurs. Dans un pays qui n'a aboli l'esclavage qu'en 1963, les syndicats, les grèves et les agitateurs sont généralement hors-la-loi, et 99% des salariés du secteur privé sont des étrangers expulsables sur-le-champ.
[...] La grande masse de la population est constituée de travailleurs sous contrat venus d'Asie du Sud, étroitement dépendants d'un unique employeur et soumis à un contrôle social de type totalitaire. Une myriade de domestiques philippines, srilankaises et indiennes veillent au bien-être fastueux des élites, tandis que le boom immobilier repose sur une armée de Pakistanais et d'Indiens sous-payés travaillant douze heures par jour, six jours par semaine, par des températures infernales.
A l'instar de ses voisins, Dubaï viole systématiquement les règles de l'OIT (Organisation Internationale du Travail) et refuse de signer la convention des Nations Unies sur les droits des travailleurs migrants. En 2003, l'ONG Human Rights Watch a accusé les Emirats Arabes Unis de construire leur prospérité sur le "travail forcé".
[...] Non contents d'êtres surexploités, les ilotes de Dubaï -- comme le prolétariat dans Métropolis de Fritz Lang -- doivent se faire invisibles. La presse locale ne peut rien publier sur l'exploitation des travailleurs migrants ni sur la prostitution (les Emirats Arabes Unis occupent le 137ème rang sur l'échelle de la liberté de la presse établie par Reporters Sans Frontières). De même, les travailleurs asiatiques n'ont pas accès aux rutilants centres commerciaux, aux terrains de golf flambant neufs et aux restaurants chics. Et les sordides baraquements de la périphérie où ils s'entassent à six, huit, voire douze dans une seule pièce, souvent sans climatisation ni toilettes décentes, sont inconnus des circuits touristiques officiels, qui vantent une oasis de luxe, sans pauvreté ni bidonvilles.
[...] La police de Dubaï détourne assez facilement les yeux des importations illégales d'or et de diamant, des réseaux de prostitution et des personnages louches qui achètent d'un seul coup vingt-cinq villas en liquide, mais elle manifeste un zèle remarquable lorsqu'il s'agit d'expulser des ouvriers pakistanais se plaignant que leur patron ne les paie pas, ou d'emprisonner pour "adultère" des domestiques philippines violées par leur employeur.
Mike Davis, Le Stade Dubaï du capitalisme, 2007.
07:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : golfe, travail, capitalisme, esclavage, dictature, mike davis
24.03.2009
la baguette magique de dubaï
îles artificielles, gratte-ciels géants, hôtels sous-marins, pistes de ski indoor dans un pays où il fait facilement du 50° à l'ombre, lingots d'or en vente à la super-superette du coin, répliques des pyramides d'Egypte à l'échelle 1:1...
La baguette magique de Dubaï, c'est évidemment le "pic pétrolier": chaque fois que vous dépensez 50 $ pour faire le plein de votre voiture, vous contribuez à irriguer l'oasis d'El Maktoum [l'enfoiré d'émir-pdg-dictateur local]. Les prix du pétrole sont actuellement tirés à la hausse par la demande de l'industrie chinoise autant que par la peur de la guerre et du terrorisme dans les régions productrices. D'après le Wall Street Journal, "les consommateurs ont dépensé en produits pétroliers 12.000 milliards de dollars de plus en 2004 et 2005 qu'en 2003". Comme dans les années 1970, il s'opère un transfert de richesses gigantesque, qui est aussi un facteur de déséquilibre, entre pays consommateurs et pays producteurs de pétrole. En outre, on voit pointer à l'horizon le "pic de Hubbert", à savoir le moment à partir duquel les nouvelles réserves de pétrole ne pourront plus satisfaire la demande mondiale, propulsant les prix du brut à des niveaux carrément stratosphériques. Dans un scénario économique utopique, ces gigantesques profits pourraient servir à financer la conversion de l'économie mondiale à l'ère de l'énergie renouvelable, en étant investis dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'augmentation de l'efficacité écologique des systèmes urbains. Mais, dans le monde réel du capitalisme, ils alimentent la débauche de luxe apocalyptique dont Dubaï est l'illustration exemplaire.
[...] Le philosophe-roi du Dubaï (l'un des projets d'île artificielle sera d'ailleurs une réplique géante d'une épigramme de son cru) sait parfaitement que c'est la peur qui tire à la hausse les revenus pétroliers qui ont permis de tranformer les dunes de sables en forêt de gratte-ciels et de centres commerciaux. Chaque fois que des rebelles font exploser un pipeline dans le delta du Niger, chaque fois qu'un martyr lance son camion piégé contre un immeuble de Riyad, chaque fois que Washington et Tel Aviv piquent une colère contre Téhéran, le prix du pétrole (et les revenus de Dubaï) bénéficie de la hausse du niveau général d'anxiété sur les tout puissants marchés à terme. Autrement dit, la capitalisation des économies du Golfe n'est pas seulement indexée sur la production de pétrole, mais aussi sur la crainte d'une interruption de l'approvisionnement. La peur est une véritable manne pour les pays producteurs de pétrole.
Mike Davis, Le Stade Dubaï du capitalisme, 2007.
07:32 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, économie, pétrole, golfe, écologie, mike davis
05.02.2009
guerre en direct
La couverture de l'opération "Tempête du désert", lors de la guerre du Golfe, en 1991, ne pouvait donner lieu qu'à un malentendu, les médias promettant de montrer la "guerre en direct", alors que les militaires avaient décidé de ne proposer aux journalistes que des leurres.
[...] Le professeur Mark Cristin-Miller, de l'université de New York, le confirme: "'Tempête du désert' a été une opération de propagande d'une dimension sans précédent. Ce fut un désastre pour la presse occidentale et pour le peuple américain, car tout a été orchestré comme une chorégraphie et manipulé par le Pentagone. Et les médias l'ont accepté."
[...] Les guerres, dans un univers surmédiatisé, sont devenues de grandes opérations de promotion politique qui ne sauraient être conduites en dehors des impératifs de relations publiques. Elles doivent produire des images propres, limpides, répondant aux critères du discours de propagande ou, en termes contemporains, du discours publicitaire.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
tempête du désert... attends ça me dit quelque chose...
c'est pas la suite de la guerre des clones?
avec will smith c'est ça?
ouais, si je me souviens bien c'est quand le joker (qu'on croyait mort) refait surface déguisé en ben laden et menace de sodomiser mère teresa si on lui refile pas fissa les clés du faucon millenium vu qu'il en a un besoin urgent pour échapper aux griffes de la malédiction de la momie transgénique d'hitler
on l'a vu avec lisa
(le film, pas le joker)
je te raconte pas comme on a chialé à la fin surtout quand le brillant général américain bourré de médailles et de tempes grisonnantes rate une marche en descendant de son bombardier atomique et se foule une cheville et qu'on lit la souffrance et l'incompréhension dans ses yeux égarés et qu'il pousse sa gueulante déchirante sur fond de villes bougnoules irradiées:
WHY!
ça m'a tuée
06:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, usa, médias, golfe, cinéma, ignacio ramonet, politique
03.02.2009
derrière le paravent des médias
Qui peut échapper à ce tam-tam planétaire? Tian'anmen, Berlin, Roumanie, Golfe, Somalie, Rwanda, Bosnie, O. J. Simpson, Diana, Clinton-Lewinsky, Kosovo scandent avec une telle force le rythme de l'actualité que tout le reste de l'information s'estompe, s'assourdit, se dissipe. Au point même que des faits majeurs peuvent se dissimuler derrière le paravent des médias et échapper à l'attention du monde.
[...] En prenant la tête dans la hiérarchie des médias, la télévision impose aux autres moyens d'information ses propres perversions avec, en premier lieu, sa fascination pour l'image. Et cette idée fondatrice: seul le visible mérite information; ce qui n'est pas visible et n'a pas d'image n'est pas télévisable, donc n'existe pas médiatiquement. Les événements producteurs d'images fortes -- violences, guerres, catastrophes, souffrances -- prennent alors le dessus dans l'actualité. [...] Contrainte de suivre, la presse écrite croit pouvoir recréer l'émotion ressentie par les téléspectateurs en publiant des textes (reportages, témoignages, confessions) qui jouent, de la même manière que les images, sur le registre affectif et sentimental, s'adressant au coeur, à l'émotion et non à la raison, à l'intelligence. De ce fait, même des médias réputés sérieux en viennent à négliger des crises graves, qu'aucune image ne permet de faire exister concrètement.
Ignacio Ramonet, La Tyrannie de la communication, 2001.
06:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, télévision, guerre, ignacio ramonet, golfe
27.01.2009
journalisme de classe
Accès de franchise ou impudence, le journaliste de télévision le plus influent de France, Patrick Poivre d'Arvor, a un jour convenu du sens de sa mission: "Nous sommes là pour donner une image lisse du monde." Lisse et en tous points conforme aux intérêts d'une classe sociale.
[...] Si la mise à nu du journalisme de classe et la perception de sa nature totalitaire aveuglent désormais une partie de l'opinion, c'est sans doute que les dernières années ont déchiré un voile de plus en plus vaporeux. Guerre du Golfe, traité de Maastricht, accords du GATT: sur tous ces sujets qui exigeaient une vraie confrontation des points de vue et qui engageaient l'avenir du pays, la quasi totalité des quotidiens, des hebdomadaires, des radios, des télévisions, ont, chaque fois, battu le même tambour avec les mêmes arguments. Au service de la guerre, au service de l'argent, au service du commerce.
[...] Des médias de plus en plus présents, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre. Longtemps, le désir de transformation sociale continuera de buter sur cet obstacle. Face à un parti non déclaré, à une oligarchie dont on ne doit rien attendre, mieux vaut rechercher et encourager les voix dissidentes, conscients du caractère irréversible de leur marginalité médiatique.
Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, 1997.
06:54 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : serge halimi, politique, médias, télévision, golfe, capitalisme, dictature
26.11.2008
des gars collent à tes rots
09:41 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, société, humour, golfe, afghanistan, israël
25.11.2008
qui est en train de gagner en irak?
... en tout cas, pas les Irakiens. Il sera sans doute impossible de chiffrer le coût humain de la guerre, et il est significatif qu'aucun effort sérieux n'ait été entrepris pour compter les morts irakiens, alors qu'on connaît, à l'unité près, le nombre des soldats américains tombés au combat (4139 au 10 août 2008). Nous en sommes réduits aux estimations, qui convergent sur un point: l'ampleur du désastre.
Un récent rapport réalisé par une société britannique, Opinion Research Business, et fondé sur des entretiens en tête à tête avec 2414 adultes, affirme que 20% de ces personnes ont eu au moins un mort dans leur foyer et estime à un million les morts provoquées, directement ou indirectement, par la guerre entre le 19 mars 2003 et l'été 2007.
Alain Gresh dans Manière de voir d'octobre-novembre 2008
arrêtez de vous branler, c'est pas le négro tout beau tout neuf qui va changer quoi que soit à la politique étrangère amerloque
en cadeau, un petit aperçu du quotidien des bagdadis sur le blog inside iraq
15:17 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, guerre, usa, golfe, massacre, branlette, alain gresh
08.11.2008
s'indigner des crimes des autres
S'indigner des crimes des autres est aisé, ne coûte rien mais n'est pas particulièrement attirant et parfois même un peu indigne. Se regarder dans un miroir est plus important mais plus difficile. [...] Notre participation aux crimes est réelle, et ce à différents niveaux. La situation [israëlo-palestinienne] ne pouvait durer sans l'appui des USA. Ils ont bloqué toute solution diplomatique pendant 30 ans. Les USA fournissent aussi l'aide économique et militaire. Et quand les colonies israéliennes essaimaient dans la région pour intégrer des territoires à Israël, c'était aux frais du contribuable américain. Lorsque 50.000 personnes sont torturées, le citoyen américain paie. Lorsque Israël a envahi le Liban et y a fait 20.000 victimes, les USA ont non seulement fourni les moyens mais aussi opposé leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU qui voulait arrêter l'invasion. Cela n'avait pas d'importance. Ce n'était pas des atrocités. Les seules atrocités sont commise à l'encontre d'Israël.
[...] Retour vers "l'axe du mal". Pourquoi un "axe du mal"? Que se passe-t-il dans la tête des conseillers de G.W. Bush lorsqu'ils lui donnent cette phrase à lire? Nous n'avons aucun document interne, je ne peux donc que spéculer. Mais il me paraît raisonnable de penser que ce fatras est destiné avant tout à une audience américaine. Comment rendre les gens muets et dociles? Tout le monde le sait. Le meilleur moyen de contrôler les gens c'est la peur. Et pour provoquer cette peur, il suffit de ressortir quelques lignes d'un conte de notre enfance ou d'une ancienne épopée dans laquelle un monstre, l'incarnation du mal, veut venir nous détruire.
[...] Des trois pays qui forment "l'axe du mal", l'Irak et l'Iran se sont fait la guerre ces 20 dernières années. La Corée du Nord a encore moins à voir avec ces pays que la France. La Corée du Nord a probablement été incluse pour deux raisons: elle est totalement sans défense et isolée, une cible parfaite, aisée, pas chère et personne ne s'y opposera. [...] De plus, la Corée du Nord n'est pas musulmane, ce qui nous détourne de la conviction que la cible du gouvernement américain est le monde musulman.
[...] Bush et Blair ont, il y a quelques jours encore, répété le refrain de Clinton et d'autres, comme quoi nous devons nous débarrasser de Saddam Hussein car c'est un criminel qui a même utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. Et c'est parfaitement exact, il a utilisé les armes chimiques contre son propre peuple, le crime ultime. Ce qui n'est pas dit, c'est qu'il l'a fait avec l'approbation de papa Bush, qui pendant et après cette période l'a soutenu, tout comme l'Angleterre. Ils trouvaient très bien qu'il gaze les Irakiens et développe des armes de destruction massive toujours avec le soutien américain et anglais. Ils ont continué à le soutenir malgré ses atrocités car en ce temps là, il était utile. [...] C'est un démon, OK, mais ses crimes ne peuvent justifier l'attaque prévue. On ne peut comprendre que nous devons nous appliquer les mêmes normes que nous imposons aux autres. C'est incompréhensible. Un sondage parmi les intellectuels américains montrerait un soutien massif aux bombardements en Afghanistan. Mais combien pensent que l'on devrait bombarder Washington à cause de la guerre américaine contre le Nicaragua, Cuba, ou la Turquie? Seul un fou pourrait faire cette suggestion. Pourquoi l'un a-t-il raison et l'autre tort? [...] Quelqu'un comprend-il cela? Non, ils n'y parviennent pas. Et ce n'est pas exceptionnel. Je parie que si on retournait dans le Japon des années 30-40 afin de sonder les intellectuels sur la guerre, les réponses seraient les mêmes. Je sais que c'était vrai en Allemagne, en France et ailleurs. C'est la norme. C'est effrayant mais normal.
16:43 Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chomsky, politique, usa, guerre, société, palestine, golfe






