07.01.2009

manufacturing consent, noam chomsky & the media, 1992

 

En 1978, c'était devenu un vrai génocide. On évalue à 200.000 le nombre de personnes qui ont été tuées. Les USA avaient fourni 90% des armes. Dès l'invasion, les cargaisons affluent. Quand les armes viennent à manquer, l'administration Carter augmente les livraisons. D'autres pays suivent. Le Canada, l'Angleterre, la Hollande, tous ceux qui veulent s'enrichir sont là pour veiller au massacre. On ne se soucie pas en Occident de questions d'atrocités s'il y a un profit à faire. Cet exemple l'illustre parfaitement...

 

génocide "oublié" au timor oriental

génocide cambodgien monté en épingle pour désigner à l'opinion les "vrais" méchants

les grands médias au service de washington et de l'occident

au service du pognon, quoi

la routine

autre documentaire indispensable sur et avec chomsky

 

le film complet en streaming...

... ou par emule

27.11.2008

desperate auschwitz: encore 36 millions de morts

Ebensee_concentration_camp_prisoners_1945.jpgles chambres à gaz furent inventées pasque le gars hitler se faisaient du mouron pour l'équilibre psychologique de ses trouffions, vous le saviez ça?

il s'inquiétait notamment pour les ceusses chargés de faire des cartons dans les organes vitaux des untermenschen, c'est vrai, buter des gens désarmés à longueur de journée ça va, c'est jouable, mais les regarder en même temps dans le blanc des yeux c'est parfois déstabilisant avouez, c'est des coups à faire des cauchemars et un nazi qui fait des cauchemar est moins efficace au boulot, c'est connu, sans compter qu'il réveille les autres

moi c'est pareil avec les petits lapins, mamie hélène je sais pas comment elle fait, elle leur caresse tendrement le râble et la seconde d'après avec son immense couteau pointu elle te les égorge et fout du sang partout sur le mur je te jure on se croirait dans cannibal holocaust mais elle imperturbable elle continue à gazouiller sur le joli tricot qu'elle vient de finir pour son arrière petite nièce vanessa, franchement des fois elle me fout les jetons mamie, batman elle lui crache dessus je parie qu'il se sauve en pleurant, avant de devenir bouseuse elle aurait fait un cdd à auschwitz dans les années 40 que ça m'étonnerait pas, tandis que moi c'est différent, je suis plutôt joan baez et peace and love moi, c'est pas vraiment que je sois végétarienne mais bon pour que je consente à mettre un morceau de viande dans ma bouche il faut que le mec me plaise déjà, ou alors que le morceau en question soit suffisamment écrabouillé pour qu'on reconnaisse pas qu'il est d'origine animale, chez mcdo ils ont bien compris çà, moi les petits lapins même si tu leur ligottais les quatre pattes et les oreilles je pourrais pas, rien que de saisir le couteau dans ma main je tourne de l'oeil aussi sec, c'est limite dangereux, je pourrais me le planter dans le bide en tombant déjà, alors imagine des lapins géants en pyjama ET QUI PARLENT!...

hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!...

d'où les chambres à gaz, c'est beaucoup moins traumatisant, mais seulement ça finissait par coûter bonbon en carburant pour alimenter les wagons plombés et surtout le zyklon b ça se trouve pas dans l'intestin d'un âne mort, c'est même carrément compliqué, faut des usines et tout alors depuis héhé on a inventé beaucoup mieux

"Le massacre par la sous-alimentation et par la faim de millions d'êtres humains reste le principal scandale du début de ce IIIème millénaire. [...] Il s'agit d'un crime contre l'humanité indéfiniment répété. [...] La faim aura tué en 2004 plus d'êtres humains encore que toutes les guerres réunies conduites au cours de cette même année. [...] Dans le monde, environ 62 millions de personnes, soit 1% de l'humanité -- toutes causes de décès confondues -- meurent chaque année. En 2003, 36 millions sont mortes de faim ou de maladies dues aux carences en micronutriments. La faim est donc la principale cause de mort sur notre planète. Et cette faim est faite de main d'homme. Quiconque meurt de faim meurt assassiné. Et cet assassin a pour nom la dette."

Jean Ziegler, L'Empire de la honte, 2005.

36 millions de personnes c'est marrant ça fait grosso merdo la moitié de la population française, autrement dit tu fais la liste de tous les gens que tu connais, toute ta famille mettons, mais pas les clebs et les poissons rouges ok? seulement les êtres humains, bon tu fais la liste et ensuite tu barres un nom sur deux, tu saisis?

les barrés c'est les ceusses qui sont morts de faim

son problème à ziegler (comme à chomsky aussi) c'est qu'il a un pauvre style de fonctionnaire, regarde: "il s'agit d'un crime contre l'humanité indéfiniment répété", c'est pas du cavanna c'est clair, putain de bordel de dieu les mots faudrait les faire péter à la gueule de l'occident!

oui pasque je vous ai pas dit mais la dette bien sûr égale l'occident

j'ai pas peur de balancer

la dette égale mézigue à chaque fois que j'achète un paquet de café ou une banane à la multinationale de pourris qui dicte ses prix là-bas ousque les 36 millions sont morts de faim en 2003

la dette égale mézigue à chaque fois que je signe un contrat de travail (même pour nettoyer les chiottes à temps partiel) chez nestlé total elf nike michelin ou n'importe laquelle de ces associations de malfaiteurs qui font pression jour et nuit sur les gouvernements fantoches et corrompus afin qu'on construise plutôt des ports nickel chrome pour l'exportation des matières premières à la place des champs de patates, dispensaires et autres écoles pour les mômes là-bas ousque les 36 millions de négros sont morts de faim en 2003

la dette égale mézigue à chaque fois que je lâche un peu de thune à son altesse mon banquier ou que j'obtiens de lui un crédit afin de m'offrir la dernière poubelle qui fait tutût pouêt pouêt avec abs et gps et crs en série, ou encore la maison borloo en carton loin loin au fond de la banlieue, avec télé incorporée dans les murs et big brother dedans qui me regarde me branler sur le canapé ikea, virement ou crédit pour son altesse c'est kif kif, c'est rien que du gros gras pognon qu'il va pouvoir faire joujou avec à wolstrite en ricanant de voir le cours de la cacahuète qui se pète la gueule et comment que ça fout le bronx là-bas ousque les 36 millions de pedzouilles sont morts de faim en 2003

la dette égale mézigue à chaque fois que je m'intéresse à la vie d'un connard déguisé en chauve-souris ou de quatre desperate pouffiasses au lieu de celle des 36 millions en question, celle qui s'est achevée en 2003

la dette égale évidemment mézigue à chaque fois que je vote sarko dsk fabius royal bush obama ou l'un quelconque des dix mille autres fils de pute qui soutiendront jusqu'à leur dernier souffle que there is no alternative, notamment à leur enrichissement personnel, et que la dette c'est la dette enfin quoi merde! même les 36 millions de bougnoules qui sont morts de faim en 2003 devraient pouvoir comprendre un truc aussi basique: rendez à césar le pognon qu'il vous a gentiment prêté tas d'enculés foireux! sinon c'est pas réglo

putain déjà 16 h?

bon je résume: la dette égale plein de machins intimement liés au mode de vie occidental

j'avais un truc à faire aujourd'hui mais je sais plus quoi, je l'ai zappé

ah oui! la révolution...

08.11.2008

s'indigner des crimes des autres

 

S'indigner des crimes des autres est aisé, ne coûte rien mais n'est pas particulièrement attirant et parfois même un peu indigne. Se regarder dans un miroir est plus important mais plus difficile. [...] Notre participation aux crimes est réelle, et ce à différents niveaux. La situation [israëlo-palestinienne] ne pouvait durer sans l'appui des USA. Ils ont bloqué toute solution diplomatique pendant 30 ans. Les USA fournissent aussi l'aide économique et militaire. Et quand les colonies israéliennes essaimaient dans la région pour intégrer des territoires à Israël, c'était aux frais du contribuable américain. Lorsque 50.000 personnes sont torturées, le citoyen américain paie. Lorsque Israël a envahi le Liban et y a fait 20.000 victimes, les USA ont non seulement fourni les moyens mais aussi opposé leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU qui voulait arrêter l'invasion. Cela n'avait pas d'importance. Ce n'était pas des atrocités. Les seules atrocités sont commise à l'encontre d'Israël.

[...] Retour vers "l'axe du mal". Pourquoi un "axe du mal"? Que se passe-t-il dans la tête des conseillers de G.W. Bush lorsqu'ils lui donnent cette phrase à lire? Nous n'avons aucun document interne, je ne peux donc que spéculer. Mais il me paraît raisonnable de penser que ce fatras est destiné avant tout à une audience américaine. Comment rendre les gens muets et dociles? Tout le monde le sait. Le meilleur moyen de contrôler les gens c'est la peur. Et pour provoquer cette peur, il suffit de ressortir quelques lignes d'un conte de notre enfance ou d'une ancienne épopée dans laquelle un monstre, l'incarnation du mal, veut venir nous détruire.

[...] Des trois pays qui forment "l'axe du mal", l'Irak et l'Iran se sont fait la guerre ces 20 dernières années. La Corée du Nord a encore moins à voir avec ces pays que la France. La Corée du Nord a probablement été incluse pour deux raisons: elle est totalement sans défense et isolée, une cible parfaite, aisée, pas chère et personne ne s'y opposera. [...] De plus, la Corée du Nord n'est pas musulmane, ce qui nous détourne de la conviction que la cible du gouvernement américain est le monde musulman.

[...] Bush et Blair ont, il y a quelques jours encore, répété le refrain de Clinton et d'autres, comme quoi nous devons nous débarrasser de Saddam Hussein car c'est un criminel qui a même utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. Et c'est parfaitement exact, il a utilisé les armes chimiques contre son propre peuple, le crime ultime. Ce qui n'est pas dit, c'est qu'il l'a fait avec l'approbation de papa Bush, qui pendant et après cette période l'a soutenu, tout comme l'Angleterre. Ils trouvaient très bien qu'il gaze les Irakiens et développe des armes de destruction massive toujours avec le soutien américain et anglais. Ils ont continué à le soutenir malgré ses atrocités car en ce temps là, il était utile. [...] C'est un démon, OK, mais ses crimes ne peuvent justifier l'attaque prévue. On ne peut comprendre que nous devons nous appliquer les mêmes normes que nous imposons aux autres. C'est incompréhensible. Un sondage parmi les intellectuels américains montrerait un soutien massif aux bombardements en Afghanistan. Mais combien pensent que l'on devrait bombarder Washington à cause de la guerre américaine contre le Nicaragua, Cuba, ou la Turquie? Seul un fou pourrait faire cette suggestion. Pourquoi l'un a-t-il raison et l'autre tort? [...] Quelqu'un comprend-il cela? Non, ils n'y parviennent pas. Et ce n'est pas exceptionnel. Je parie que si on retournait dans le Japon des années 30-40 afin de sonder les intellectuels sur la guerre, les réponses seraient les mêmes. Je sais que c'était vrai en Allemagne, en France et ailleurs. C'est la norme. C'est effrayant mais normal.

29.10.2008

j'ai les mêmes qualifications pour parler des affaires du monde que henry kissinger

Reagan_with_Henry_Kissinger.jpg... ou n'importe qui au Département de Science politique, ou que des historiens professionnels -- aucune que vous ne possédiez vous-même. [...] Si quelqu'un me demandait de donner une conférence sur la physique quantique, je refuserais, parce que je ne m'y connais pas suffisamment. Mais les affaires du monde sont banales: rien dans les sciences sociales ou l'histoire ou je ne sais quoi n'est au-delà des capacités intellectuelles d'un jeune de quinze ans. Il faut travailler un peu, lire un peu, réfléchir -- rien de très profond.

[...] En fait, l'idée qu'il faut posséder des qualifications spéciales pour parler des affaires du monde n'est qu'une escroquerie de plus [...] une nouvelle technique pour faire croire à la population qu'elle ne sait rien, qu'elle devrait rester en dehors de tout ça et laisser les types intelligents s'occuper de tout. [...] C'est un autre façon d'essayer de marginaliser les gens et il ne faut pas s'y laisser prendre.

Chomsky, Comprendre le pouvoir.

25.10.2008

power & terror - noam chomsky in our times


extrait du film de john junkerman, 2002

Juste après le 11 septembre, et c'était totalement prévisible, dans ma première interview après le 11 septembre, j'ai dit, ce qui était évident, que toute puissance répressive au monde en saisirait l'occasion pour réaliser son propre programme implacablement. Et ce de différentes façons en fonction de qui ils sont. Les USA d'une manière, la Turquie et la Russie, d'une autre. Et c'est ce qui est arrivé.

Pas besoin d'être très perspicace pour voir cela. C'est un événement historique, indubitablement. [...] Et de par le monde les gouvernements ont vu le 11 septembre comme une occasion de mettre en avant des programmes -- souvent des programmes durs et rétrogrades auxquels les populations sont opposées, ou du moins réticentes. Mais ils ont pu les faire passer dans ces temps d'angoisse et de tension en faisant appel à une sorte de faux patriotisme, qui se traduit par de la fidélité et de la subordination.

Ce genre de pratique est dans la nature des pouvoirs forts. Toute occasion est mise à profit.

21.10.2008

l'empire

Kawashiokor5.jpgLes archives documentaires internes des Etats-Unis remontent loin dans le passé et elles répètent toutes la même chose: le principal engagement international des Etats-Unis dans le tiers-monde doit consister à empêcher l'arrivée de régime nationalistes qui soient réceptifs aux pressions des masses populaires pour une amélioration des bas niveaux de vie et pour une diversification de la production. La raison en est que nous devons maintenir un climat favorable aux investissements et assurer les conditions qui permettent un rapatriement correct des bénéfices vers l'Occident (note 52).

[...] Et les effets de cet engagement dans l'ensemble du tiers-monde sont dramatiquement clairs. [...] Ainsi, le Nord-Est du Brésil, par exemple, est une région assez fertile, avec abondance de bons terrains, mais tout est occupé par de grosses exploitations, et la recherche médicale brésilienne identifie maintenant sa population comme étant une nouvelle espèce, dont le cerveau a une taille réduite à environ 40% de celui des êtres humains, le résultat de générations de malnutrition et d'abandon (note 54).

[...] En fait, si on regarde les pays qui se sont développés dans le monde, il y a un simple petit fait qui devrait être évident pour n'importe qui après cinq minutes d'observation, mais on ne trouve jamais personne pour le dire aux Etats-Unis: les pays qui se sont développés économiquement sont ceux qui n'ont pas été colonisés par l'Occident; tous les pays qui l'ont été sont des ruines complètes.

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir.

 

une nouvelle espèce les mecs, c'est pas beau ça? c'est même une putain d'idée géniale, on n'a qu'à améliorer les humains comme on fait avec les vaches: ici pour le tourisme pédophilique il nous faut des meufs modèle réduit avec les poils et les nichons qui poussent pas, là pour bosser dans les champs il nous faut des gros rustauds (désolé zhang) qui entravent que dalle, et pis chez nous on n'a qu'à faire pousser des grands blonds aux yeux clairs, des occidentaux quoi, ach ça va être super!

16.10.2008

ronald reagan et le futur de la démocratie

Official_Portrait_of_President_Reagan_1981.jpgÇa ne marche que si nous avons des médias obéissants qui vont se mettre en quatre pour le présenter comme un merveilleux personnage qui a tellement de charisme, vous savez: "le président le plus populaire de l'histoire", "il a créé une révolution", "la chose la plus étonnante depuis la crème glacée" et "comment pourrions-nous le critiquer? tout le monde l'adore". Si vous pouvez le faire, alors vous aurez fait un bon bout de chemin vers la marginalisation du public.

[...] Dans tous les livres publiés par des proches de l'administration Reagan, il a été très difficile de cacher le fait que Reagan n'avait pas la moindre idée de ce qui se passait. A chaque fois qu'il n'avait pas été bien programmé, les choses qui sortaient de sa bouche étaient comme -- ce n'était pas des mensonges -- étaient comme une sorte de verbiage d'enfant. [...] Pour être capable de mentir, il faut un certain degré de compétence.

[...] Toute la carrière de Reagan a consisté à lire les lignes qu'avaient écrites pour lui des gens riches. D'abord c'était comme porte-parole pour General Electric [...] et il a seulement continué à la Maison Blanche. [...] Il a fait cela pendant huit ans, ils le payaient bien, et lui, apparemment, il aimait ça, il avait l'air heureux d'être là, il pouvait faire la grasse matinée.

[...] La façon dont il a disparu est très frappante. Pendant huit ans, l'industrie des relations publiques et les médias avaient prétendu que ce type révolutionnait l'Amérique. [...] Arrivé à la fin de son contrat, ils l'ont renvoyé chez lui, c'était fini. Aucun journaliste n'aurait même imaginé d'aller voir Reagan après ça pour lui demander son opinion sur quoi que ce soit, parce que chacun savait qu'il n'avait aucune opinion sur rien. Et ils le savaient depuis le début.

[...] Maintenir le fonctionnement du système, mais en le vidant de sa substance.

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir.

15.10.2008

le monde d'orwell et le nôtre

Voix_web.jpgLes termes du discours politique sont conçus de façon à empêcher de penser. L'un des principaux est cette notion de "défense". Examinez les archives diplomatiques de n'importe quel pays -- l'Allemagne nazie, l'Union soviétique, la Libye, choisissez votre histoire d'horreur préférée -- et vous y trouverez que tout ce que ces pays ont jamais pu faire était "défensif". [...] Aussi absurde que cela soit, vous ne pouvez pas mettre cela en question aux Etats-Unis. Nous sommes ici devant un des sommets du fanatisme idéologique. [...] Essayez de parler de l'"attaque" américaine contre le Sud Viêt-nam. Vos rédacteurs en chef vont penser que vous revenez de la planète Mars, qu'un tel événement n'a jamais existé dans l'histoire. Or il a existé dans l'histoire réelle.

Ou prenez l'idée que les Etats-Unis soutiennent la "démocratie" partout dans le monde. [...] Selon quels critères le Salvador et le Guatemala sont-ils démocratiques, et non le Nicaragua? Eh bien, il existe un critère: au Nicaragua [sous les sandinistes], les membres du monde des affaires ne sont pas représentés aux commandes de l'Etat, donc ce n'est pas une "démocratie". Au Salvador et au Guatemala, les gouvernements sont dirigés par des militaires au profit des oligarchies locales -- les propriétaires terriens, les riches hommes d'affaires, les professionnels ambitieux -- et ces gens-là ont partie liée avec les Etats-Unis et c'est pourquoi ces pays sont des "démocraties". Peu importe qu'ils fassent sauter la presse indépendante, qu'ils tuent l'opposition politique, qu'ils massacrent des dizaines de milliers de gens et qu'ils ne fassent jamais rien qui ressemble vaguement à des élections libres, rien de tout cela ne compte. Ce sont des "démocraties" parce que ce sont les bonnes personnes qui dirigent l'Etat.

[...] Prenez l'expression "processus de paix" que nous entendons tout le temps. Le terme "processus de paix" est employé dans les médias pour couvrir tout ce que les Etats-Unis peuvent faire à n'importe quel moment dans le monde, et à nouveau il n'y a pas d'exception. Les Etats-Unis soutiennent toujours le processus de paix, par définition. [...] Et c'est un exemple frappant parce que, dans les années 80, les Etats-Unis constituaient le principal facteur de blocage de deux grands processus de paix internationaux, l'un en Amérique centrale et l'autre au Moyen-Orient. Mais essayez donc de trouver ce fait simple et évident dans n'importe lequel des principaux médias. C'est impossible.

[...] "Modéré" est un terme qui signifie "suit les ordres des Etats-Unis, par opposition à ce qu'on appelle "radical". [...] On peut être très à droite et être "radical", il suffit de ne pas suivre les ordres des Etats-Unis.

Chomsky, Comprendre le pouvoir

13.10.2008

une armée de mercenaires composée de pauvres venus des ghettos

chomsky.jpgLe grand succès du mouvement pacifiste [pendant la guerre du Viêt-nam]: il fit du tort à l'économie américaine. Ce n'est pas une blague. Le mouvement pacifiste a rendu impossible la déclaration d'une mobilisation nationale pour la guerre: il y avait trop de dissidence et de contradictions, "ils" ne pouvaient plus faire comme pendant la Seconde Guerre mondiale, par exemple, quand toute la population fut mobilisée pour la guerre.

Voyez-vous, s'"ils" avaient pu mobiliser la population comme à cette époque, alors la guerre du Viêt-nam aurait été excellente pour l'économie [...] Mais "ils" ne le pouvaient pas, il fallait mener une guerre purement déficitaire [...] Et le résultat, c'est que nous avons eu le début d'une stagflation et l'affaiblissement du dollar américain, tandis que nos principaux concurrents économiques, l'Europe et le Japon, commençaient à empocher d'énormes profits comme producteurs étrangers à la guerre. Bref, la guerre avait modifié l'équilibre économique du pouvoir entre les Etats-Unis et ses principaux rivaux industriels. Le monde américain des affaires a été capable de comprendre ça, il a vu ce qui se passait, et lorsque l'offensive du Têt est arrivée et qu'il fut clair que calmer cette révolution serait un gros problème, l'Amérique des affaires se retourna contre la guerre.

[...] Il y avait aussi un autre facteur que je devrais signaler ici: l'armée américaine tombait en morceaux. Rappelez-vous, c'était une armée de citoyens, et c'était la première fois dans l'histoire qu'une armée de citoyens devait mener une guerre coloniale: et cela ne fonctionne pas. Je veux dire qu'on ne peut pas prendre des enfants dans la rue et en faire des tueurs professionnels en quelques mois: pour une chose pareille, il faut des nazis comme la Légion étrangère française, ou des paysans qu'on mobilise, à qui on donne des armes et qu'on transforme en tueurs froids, comme les contras [au Nicaragua], disons. C'est comme ça que tous les pouvoirs impériaux dans l'histoire ont conduit leurs empires. Mais les Etats-Unis ont essayé de le faire avec une armée de citoyens et, en 1968, elle s'écroulait déjà: drogues, absence de discipline, meurtres d'officiers.

[Nous avons] maintenant une armée de professionnels. [...] Je pense qu'ici le mouvement pacifiste a fait une erreur. Je veux dire que personnellement, je n'ai jamais été en faveur de la suppression de la conscription [...] Voyez-vous, ça n'existe pas, une "armée de volontaires": une "armée de volontaires", c'est une armée de mercenaires composée de pauvres. Regardez les Marines, ce que vous voyez, ce sont des visages noirs, venus des ghettos. [...] Et les officiers sont blancs, bien sûr. C'est comme l'Afrique du Sud: les officiers sont blancs, les bidasses qui, en pratique, commettent la majorité des atrocités dans des endroits comme la Namibie sont noirs.

Chomsky, Comprendre le pouvoir

 

hé c'est quoi cette histoire de légion étrangère? il y aurait donc, au pays de sarkozy et des droits de l'homme (sic), des "nazis" encore plus ravagés et barbares que les meuuurinz' au viêt-nam? franchement j'ai peine à le croire...

12.10.2008

ce que font effectivement les médias

chomsky1.jpg... c'est prendre l'ensemble des postulats qui expriment les idées fondamentales du système de propagande [...] et de présenter alors un espace de débat à l'intérieur de ce cadre: ainsi le débat ne fait qu'augmenter la force des postulats, en les incrustant dans l'esprit des gens comme s'ils constituaient le spectre tout entier des opinions possibles.

[...] Ces grands médias ont en commun certains traits fondamentaux. Tout d'abord, les institutions qui fixent l'agenda sont de grandes sociétés. [...] La structure économique d'un journal est de vendre des lecteurs à d'autres entreprises [les annonceurs]. [...] La presse ne gagne pas d'argent sur les gens qui achètent les journaux, ils en perdent. Mais [...] la presse est maintenue en vie par d'autres entreprises, via la publicité. [...] Maintenant, demandez-vous quelle image du monde on doit s'attendre à voir sortir de cet arrangement? Une réponse plausible est: une image qui met en avant les points de vue et les perspectives politiques qui satisfont les besoins, les intérêts et les vues des acheteurs, des vendeurs et du marché.

[...] Si vous regardez les sources que les journalistes choisissent, ce ne sont pas des sources expertes, ce sont des sources qui représentent des intérêts privés: c'est de la propagande. [...] Supposez qu'en tant que journaliste, vous commenciez à aller voir en dehors des intérêts privés. Vous vous apercevrez, tout d'abord, que le niveau de preuve nécessaire est beaucoup plus élevé. [...] Ainsi, si vous rapportez une atrocité commise par les guérillas, tout ce dont vous avez besoin, c'est d'un témoin par ouï-dire. Mais parlez de tortures commises par un officier américain, vous aurez besoin d'une bande vidéo. Et c'est pareil pour n'importe quel sujet. [...] Avec des contraintes de cet ordre, il est très facile de prévoir de quel côté [le journaliste] ira.

[...] La structure du capitalisme repose en partie sur le fait que les acteurs essaient d'augmenter leur profit et leurs parts de marché: s'ils ne font pas cela, ils ne seront plus acteurs. Tout économiste sait cela: ce n'est pas une théorie de la conspiration que de le faire observer, c'est juste considéré comme un fait institutionnel convenu.

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir, 2005.

 

en fait c'est dit aussi, et de façon plus synthétique, dans le film de john junkerman "pouvoir et terreur" (2002) quand un type demande: Comment le gouvernement influence-t-il les médias?

Il ne le fait pas, répond chomsky. Le gouvernement n'a presque pas d'influence sur les médias. (genre prends ça dans ta face)

Alors quel est le mécanisme sous-jacent? insiste le type en question

chomsky: C'est comme si vous me demandiez comment le gouvernement convainc General Motors d'accroître ses profits. (là bien sûr tout le monde autour se fend la gueule) Cela n'a pas de sens. Les médias sont d'énormes sociétés qui ont les mêmes intérêts que le business qui domine le gouvernement.

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