30.04.2009

pub et indépendance des médias

tsunami.jpgLa publicité a été introduite au XIXème siècle pour aider l'information à atteindre le plus grand nombre de lecteurs; puis, les médias avaient identifié les annonceurs comme leurs principaux clients, auxquels l'information devait s'adapter; le dernier acte se joue quand la presse se vend à la publicité et en arrive à falsifier l'information. La couverture du tsunami asiatique permet d'en prendre la mesure. L'événement, qui s'est produit le dimanche 26 décembre 2004, n'a été rapporté dans la semaine qui a suivi ni par Métro, ni par 20 Minutes, ni par L'Express, ni par Le Nouvel Observateur, ni par Le Point, ni par Le Figaro Magazine. Le tsunami a fait 295.000 morts. Mais l'événement a malencontreusement eu lieu entre Noël et le jour de l'an. Or, cette semaine-là, les journaux "gratuits" et la presse magazine d'actualité ne paraissent pas. Car la période des fêtes de fin d'année se caractérise par une décrue importante de la publicité. Les annonceurs et les acheteurs d'espace publicitaire partent en vacances. Pas question pour eux d'annoncer dans un magazine ou un quotidien qui ne sera pas lu dans des pays exotiques ou sur les pistes de Val d'Isère et Chamonix. "Il n'y a pas de news magazines pendant les fêtes de Noël, non parce qu'il n'y a pas d'actualité, mais parce qu'il n'y a pas de publicité à ce moment-là", a reconnu en février 2005 Marc Lecarpentier, qui fut patron de Télérama pendant vingt-six ans.

[...] L'Oréal est l'un des tout premiers annonceurs français. Grâce à l'appui de son agence Publicis et de son patron Maurice Levy, il est en mesure de faire entendre ses intérêts aux journaux qui seraient tentés de nuire à son image. Rares sont les journalistes français qui se risquent à mettre en doute les allégations publicitaires de L'Oréal lorsque la marque affirme, au printemps 2004, que sa crème amincissante réduit de façon visible l'apparence de la cellulite ou que sa lotion antirides diminue visiblement les rides d'expression. Il a fallu que l'Advertising Standard Authority impose en Grand Bretagne le retrait de telles publicités pour que des journaux comme Le Monde, Libération ou Les Echos rendent compte, en août 2005, de cette décision qui mettait en cause la véracité des prétendues "preuves scientifiques" apportées par L'Oréal.

[...] En 1987, Francis Bouygues se rend maître de TF1. Présentateur du journal télévisé sur la Une, Bruno Masure note immédiatement un changement: "Le curseur bouge. Avant on avait les pressions politiques, là c'est les pressions économiques. C'est-à-dire qu'il y a des annonceurs très puissants qu'il ne faut pas trop chagriner. C'est vrai qu'on avait des débats en conférence de rédaction quand on mettait en cause des grosses boîtes comme Nestlé: qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on ne fait pas, consultons le service juridique, etc. Ce sont des gens qui annoncent chez nous, alors si on les emmerde, ils vont supprimer leur budget."

Marie Bénilde, On achète bien les cerveaux, 2008.

 

bruno t'es qu'un sale menteur!

et même pas poli en plus

car en effet:

La publicité du XXIème siècle sera éthique ou ne sera pas.

Jacques Séguéla.

22.04.2009

obama et berlusconi morts de rire

obama berlusconi.jpget pourquoi pas?

ils ont bien raison de se marrer les mecs du g20, après tout c'est eux les vainqueurs, les rois du pétrole, régnant sur les banques comme sur les esprits

les gens normaux sont en voie de disparition

énorme titre au-dessus de la photo:

 

5.000 milliards!

 

après y'a deux écoles:

  • 1) le journalisme sérieux qui écrit: 5.000 milliards! c'est le pognon qu'ils viennent encore de nous voler, et regardez comme ils sont contents de leur coup, ça vous débecte pas trop vous? ben alors aux armes citoyens! vous attendez quoi? balayons tous ces porcs de la face de la terre!

  • 2) le journalisme collabo qui s'écrit: "Satisfaction générale et euphorie des Bourses", bourses avec une majuscule, oui, sans quoi ça évoquerait un peu trop les couilles qu'on a pas, et satisfaction générale donc, et même euphorie, youpi, les banques sont sauvées, la méchante cricrise est finie, la gentille croissance va pouvoir repartir vers des lendemains qui chantent avec la voix de carla bruni, alleluia!

l'une de ces deux écoles est, comme les gens normaux, en voie de disparition

sauras-tu deviner laquelle?

21.04.2009

la théorie du salarié méchant

Le_capitalisme_ne_recule_devant_rien.jpgOn pourrait penser que, prenant conscience du fait que leurs collègues sont au chômage par leur faute, les salariés qui ont un travail sympathiseraient avec l'idée qu'ils doivent renoncer à tirer parti de leur nature frivole et vagabonde, laquelle leur permet d'empocher la rente (sous forme de hausse de salaire) qui est le prix de leur fidélité. C'est trop compter sur leur bonté d'âme! Ces insiders confortablement assis sur leurs privilèges n'hésiteront pas au passage à pousser leur avantage, et à mener la vie dure aux outsiders. C'est ce qu'a bien perçu la théorie du salarié méchant, appelée fort sobrement "le modèle insiders-outsiders".

Lorsqu'il existe du chômage, la tentation pourrait être grande pour les salariés restés sur le carreau (les outsiders) de proposer leurs services à bas prix aux patrons, pour concurrencer les insiders. Une telle baisse des enchères serait susceptible de ramener le plein-emploi. Dès lors, il suffit de comprendre pourquoi cette baisse du salaire ne peut en vérité se produire, pour justifier la persistance du chômage.

C'est que les insiders ont une capacité de nuisance qu'on imagine à peine. Si des outsiders tentaient d'en rabattre sur leurs prétentions salariales (pour se faire embaucher), les insiders pourraient se venger de deux manières: en refusant de coopérer avec zèle avec ces nouveaux arrivants (par exemple, en refusant de les former à leurs nouvelles tâches), et en les harcelant pour leur gâcher une partie de leur plaisir. Ceci provoquerait, d'un côté, une augmentation des coûts de rotation de la main-d'oeuvre pour l'entreprise (une embauche serait alors d'autant plus coûteuse que les anciens refuseraient de coopérer avec les nouveaux) et de l'autre côté, celui des outsiders, une augmentation de leur salaire de réservation (pour compenser les désagréments que s'apprêtent à leur faire subir leurs futurs collègues). Autrement dit, si les outsiders proposent de baisser les salaires pour se faire embaucher, les insiders ont le pouvoir de rendre leur embauche tout de même coûteuse à l'entreprise (en limitant leur coopération avec eux), à quoi s'ajoute le pouvoir de faire passer le goût aux outsiders de diminuer leur salaire (en leur promettant la vie dure). Puisque l'embauche risque finalement de se révéler coûteuse pour l'entreprise, et que le harcèlement subi par les outsiders les dissuade de baisser leur salaire, le chômage est une situation d'équilibre.

Au total, le pouvoir de nuisance des salariés en place est responsable du chômage des laissés-pour-compte. Et si l'affaire paraît immorale, c'est que l'on perd de vue que si les outsiders étaient à la place des insiders, ils feraient exactement la même chose.

Avouons-le cependant, dire que les insiders sont des salariés méchants n'est pas une traduction honnête de l'esprit de cette théorie. Ils sont plutôt égoïstes, et potentiellement méchants. Ceux qui ont un emploi ne se réjouissent pas, en effet, du chômage des autres. Ils ne font que tirer avantage du droit du premier arrivant, qui leur dispense une rente de situation (un salaire supérieur au taux qui équilibrerait le marché) extorquée par le pouvoir de nuisance dont ils disposent. Toutefois, qui peut nuire n'est pas forcément méchant, d'autant qu'à l'équilibre il ne se passe rien: pas de nouvelle embauche, pas de harcèlement donc, et encore moins de comportements non coopératifs. Tout est dans la menace, au cas où...

Il y a ainsi, dans cette théorie, comme un ressort digne des films d'épouvante, où plane partout une menace, qu'on ne voit jamais, mais qui règle la tragédie. Ce qui a l'avantage pratique de combiner le plaisir qu'on éprouve à se faire peur, avec le constat d'une réalité paisible où les salariés au travail sont en apparence d'honnêtes travailleurs. Brrrr...!

Ayons toutefois une pensée émue pour les patrons, que ces menaces intimident tout de même, et qui se trouvent finalement rançonnés par leurs propres salariés, puisqu'ils doivent les payer plus cher pour apaiser leur courroux. Halte à l'exploitation des petits capitalistes par les gros salariés!

Laurent Cordonnier, Pas de pitié pour les gueux, 2000.

 

petit bouquin hilarant qui passe en revue le tissu de propagande constitué par les diverses théories économiques du chômage

18.04.2009

la globalisation ça marche à quoi?

Un Hold-Up Géant.jpgAu fric. Il n'est pas forcément inutile de le rappeler: ramenée à l'essentiel, débarrassée de tout clinquant, la globalisation c'est une histoire de gros sous. C'est un mouvement de l'argent. C'est l'argent qui cherche un terrain de jeu plus vaste, parce qu'à force d'être confiné dans un même espace il a du mal à se multiplier, et il s'asphyxie. Pendant des siècles, cette petite pratique a voulu dire une seule et unique chose: faire la guerre. Envahir la ville voisine. On les raconte différemment, mais les guerres ont toujours été faites pour remettre l'argent en mouvement, pour conquérir d'autres marchés, pour s'emparer des ressources des autres. Faire respirer l'argent.

Si je voulais faire une comparaison, ce qui me viendrait à l'esprit ce serait la conquête de l'Ouest. Là aussi l'objectif était d'agrandir le terrain de jeu de l'argent pour lui permettre de se reproduire. Le Far-West était l'agrandissement idéal du terrain de jeu: des kilomètres de terres qu'ils suffisait d'aller prendre [en passant sur le cadavre encore tiédasse des Indiens coco faudrait voir à pas l'oublier, n.d'.i.j.] pour les remplir de consommateurs. Le seul problème, pour le monde d'alors [à part les Indiens], c'était la distance. Et voici la solution: le chemin de fer. Un peu comme internet aujourd'hui, le chemin de fer raccourcissait l'espace et le temps. Il transformait un espace gigantesque en un unique pays. Il fallait cependant le construire, et pour cela il fallait de l'argent, et pour en trouver il fallait qu'il y ait tout de même des gens prêts à risquer leurs propres sous, et après cela il fallait encore qu'un tas de gens aient vraiment envie de monter dans ce train et de s'en aller refaire leur vie à des milliers de kilomètres de là. Il fallait qu'un tas de gens soient convaincus que l'Ouest, ça existait vraiment. Jamais ils ne seraient partis, ces trains, si l'on n'avait pas réussi, bien avant de les construire, à y faire monter l'imagination des gens.

Il y a dix ans, la globalisation c'était exactement ce genre de chose. Une chose qui n'existait pas mais qui pouvait devenir réelle: à la condition que tout le monde se persuade qu'elle existait.

Alessandro Baricco, Next. Petit livre sur la globalisation et le monde à venir, 2002.

08.04.2009

une nouvelle structure de la finance

Les-pieds-nickel-s-avec-la-cagnote.jpgLe développement de la consommation de masse a modifié en profondeur la structure de la propriété financière, soumise à un double mouvement: diffusion de la richesse dans la société et centralisation des fonds au sein d'organismes financiers puissants. Les capitaux ne sont plus la propriété exclusive de quelques riches bourgeois. peu à peu, le nombre et le poids relatif des petits épargnants a grandi. les personnes aux revenus les plus bas disposent elles-mêmes souvent de quelques centaines d'euros sur un livret de caisse d'épargne. Parallèlement à cette répartition sur des bases financières élargies, la gestion financière s'est concentrée en un petit nombre d'organismes très puissants. En drainant les capitaux diffus dans la société, banques, assurances, caisses d'épargne, caisses de retraite sont devenues les centres du pouvoir financier.

Ainsi, le couple prolétariat/bourgeoisie tend à être supplanté par une société de masse qui connaît encore des inégalités marquées, mais dans laquelle chacun, ou presque, est à la fois producteur, petit capitaliste et consommateur. Cependant, les mécanismes fondamentaux demeurent les mêmes. Le moindre épargnant attend que les sommes placées dégagent un profit. Et les organismes financiers se portent garants de cette rentabilité. Autrement dit, le citoyen producteur/consommateur/épargnant est l'acteur essentiel de tout ce fonctionnement, qu'il fasse volontairement ou non tourner les rouages de la machine. Le banquier agit comme exécuteur d'une volonté collective. Quel client lui demandera de dégager moins de profits afin de réduire la dette des pays les plus pauvres?

Gérard Moreau, Dictature de la croissance, 2005.

24.03.2009

la baguette magique de dubaï

dubai1.jpgîles artificielles, gratte-ciels géants, hôtels sous-marins, pistes de ski indoor dans un pays où il fait facilement du 50° à l'ombre, lingots d'or en vente à la super-superette du coin, répliques des pyramides d'Egypte à l'échelle 1:1...

 

 

La baguette magique de Dubaï, c'est évidemment le "pic pétrolier": chaque fois que vous dépensez 50 $ pour faire le plein de votre voiture, vous contribuez à irriguer l'oasis d'El Maktoum [l'enfoiré d'émir-pdg-dictateur local]. Les prix du pétrole sont actuellement tirés à la hausse par la demande de l'industrie chinoise autant que par la peur de la guerre et du terrorisme dans les régions productrices. D'après le Wall Street Journal, "les consommateurs ont dépensé en produits pétroliers 12.000 milliards de dollars de plus en 2004 et 2005 qu'en 2003". Comme dans les années 1970, il s'opère un transfert de richesses gigantesque, qui est aussi un facteur de déséquilibre, entre pays consommateurs et pays producteurs de pétrole. En outre, on voit pointer à l'horizon le "pic de Hubbert", à savoir le moment à partir duquel les nouvelles réserves de pétrole ne pourront plus satisfaire la demande mondiale, propulsant les prix du brut à des niveaux carrément stratosphériques. Dans un scénario économique utopique, ces gigantesques profits pourraient servir à financer la conversion de l'économie mondiale à l'ère de l'énergie renouvelable, en étant investis dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'augmentation de l'efficacité écologique des systèmes urbains. Mais, dans le monde réel du capitalisme, ils alimentent la débauche de luxe apocalyptique dont Dubaï est l'illustration exemplaire.

[...] Le philosophe-roi du Dubaï (l'un des projets d'île artificielle sera d'ailleurs une réplique géante d'une épigramme de son cru) sait parfaitement que c'est la peur qui tire à la hausse les revenus pétroliers qui ont permis de tranformer les dunes de sables en forêt de gratte-ciels et de centres commerciaux. Chaque fois que des rebelles font exploser un pipeline dans le delta du Niger, chaque fois qu'un martyr lance son camion piégé contre un immeuble de Riyad, chaque fois que Washington et Tel Aviv piquent une colère contre Téhéran, le prix du pétrole (et les revenus de Dubaï) bénéficie de la hausse du niveau général d'anxiété sur les tout puissants marchés à terme. Autrement dit, la capitalisation des économies du Golfe n'est pas seulement indexée sur la production de pétrole, mais aussi sur la crainte d'une interruption de l'approvisionnement. La peur est une véritable manne pour les pays producteurs de pétrole.

Mike Davis, Le Stade Dubaï du capitalisme, 2007.

20.03.2009

enculé d'écureuil

ecureuil3.jpgon croyait qu'il faisait pousser des noisettes dans le respect des conventions collectives et des 35 heures, en réalité c'était une couverture, depuis le début il opérait de juteux placements financiers à court terme ce chacal

enfin cet écureuil

résultat la crise

mondiale!

c'est la naïveté qui nous tuera tous moi je dis

n'empêche avec lisa quand on a appris l'ignoble vérité, on s'est dit bordel de dieu mais faut réagir, on va quand même pas laisser ce crétin à fourrure assassiner l'économie planétaire avec notre pognon

on a tout retiré

le banquier chialait et s'agrippait à ma jupe-culotte avec ses doigts crochus remplis de bagouses en gueulant naaan pitié à l'avenir on sera réglo je vous jure, il a fallu que lisa lui foute un coup de saton sans ça je le traînais jusqu'à l'appart, gras comme il est ce porc c'est épuisant

bon c'est bien joli mais seulement maintenant on est drôlement emmerdées, imagine, les soixante sept mille six cent douze euros cinquante et un (nos éconocroques sur le rmi depuis 1992) on sait pas où les planquer pour pas que les cambrioleurs les trouvent

pourtant on a cherché

sous le lit y'a pas de place, c'est plein de tampax (ou des kleenex je sais pas) usagés et de canettes vides

dans le placard à fringues y'a jamais eu de fringues mais y'a une araignée qui trône, grosse comme la chatte à la voisine et avec le même regard vicieux qu'elle (la voisine), avec lisa on a plus osé s'approcher de la lourde depuis peut-être trois ans

dans mon soutif j'ai essayé mais primo ça fait une bosse ça comme, les gens s'écartent dans la rue, les flics m'arrêtent en criant haut les mains et tout et où qu'est mon permis de port d'arme, bon, deuzio les biffetons deviennent assez rapidement gras et puants et ils en veulent plus à monoprix, ni même à l'arabe du coin, pour te dire

la culotte à lisa, régis y a glissé dix balles un jour qu'on faisait un concours de strip-tease de putes, ben on les a jamais retrouvés

les chiottes c'est risqué, y'a trop de passage

sous l'évier y'a un rat mort

dans le frigo y'a des courts-jus

scotcher le pèze sous la table? impossible, c'est déjà plein de crottes de nez

dans la terre du ficus j'ai pensé, hé hé, génial, c'est pas trop humide vu qu'on l'arrose jamais, c'est depuis qu'un jour ce bâtard verdâtre a failli envahir toute la pièce, on a décidé avec lisa de pas l'encourager dans cette voie, bonne idée la terre du ficus ouais seulement j'ai pas réussi à faire sortir cette saloperie de forme de vie végétale, il a dû faire pousser des racines à travers le pot, le plancher, peut-être une partie de la croûte terrestre pour trouver de l'eau l'enculé, je me disais bien qu'il avait bonne mine ces derniers temps

la baignoire c'est également un des endroits les plus secs de l'appart, mais manque de bol y'a groumpf qui dort dedans

foutre

le pognon c'est que des problèmes continuellement

12.03.2009

capitalisme à la mad max

Gorz.jpgOn a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l'opacité et le manque de contrôle de l'industrie financière -- en particulier des hedge funds --, la menace de dépression, voire d'effondrement qui pèse sur l'économie mondiale, n'est pas due au manque de contrôle; elle est due à l'incapacité du capitalisme de se reproduire. il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d'imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l'industrie financière cherche à éviter: la dévalorisation de masses gigantesques d'actifs financiers et la faillite du système bancaire.

[...] La sortie du capitalisme aura lieu d'une façon ou d'une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s'opérer. La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d'Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les massacres et trafics d'êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d'anticipation.

André Gorz, Ecologica, 2008.

 

la menace de dépression...

il a écrit ça évidemment avant la big dépression dont au sujet de laquelle on est dedans jusqu'aux sourcils

andré gorz est clamsé juste avant le bouquet final, c'est quand même con

il s'est suicidé même

avec sa meuf

à l'issue d'une de ces innommables "graves maladies" que nous autres sapiens sapiens avons inventées avec nos petites mains et nos petits neurones, on est trop forts moi je dis

07.03.2009

chic! ma boutique...

chic! ma boutique!.jpg... cherche à m'enculer haut et fort en me vendant 23 € (+ 3 € de port) cet authentique tee-shirt à deux balles dont en plus je n'ai que foutre vu que des tee-shirts à deux balles j'en ai des placards entiers

pis attends je vais pas me balader avec un tee-shirt marqué "hautetfort", t'es fou

trop la honte

d'ailleurs ils ont pas ma taille, ils s'arrêtent à xxl

06.03.2009

les trente désastreuses (1945-1975)

lasserpe-berlusconi-naples.jpgDans les années 1960, les professeurs d'économie et les technocrates se gargarisaient des cercles vertueux de la croissance. A cette époque, qualifiée de "Trente Glorieuses", a succédé celle que les économistes critiques désignent comme les "Trente Piteuses". En réalité, les Trente Glorieuses elles-mêmes, bilan fait des dégâts subis par la nature et par l'humanité, ont été aussi "Trente Désastreuses". En fin de compte, les cercles vertueux se sont révélés plutôt pervers à bien des égards. Le dérèglement climatique qui nous menace aujourd'hui est le fruit de nos folies d'hier.

[...] Si, au Nord, la paupérisation au sens économique était contraire à l'évidence vécue pendant l'ère consumériste, la déculturation et la dépolitisation avançaient cependant à grands pas. Certains analysaient et dénonçaient ce phénomène de façon plus ou moins adroite, comme Pier Paolo Pasolini ou Guy Debord. La destruction des villes en temps de paix, avec la "périphérisation" des nouvelles couches moyennes ou immigrées (en habitat pavillonnaire, en grands ensembles ou en HLM), la montée en puissance de la grande distribution, de l'automobile et de la télévision, fabriquant un "deuxième peuple" quasi invisible et sans parole, volontiers manipulé par un pouvoir médiatique sans scrupule, lié aux firmes transnationales. La mondialisation, favorisant un grand déménagement et le démantèlement des filets de protection sociale, a achevé la destruction de la culture populaire. Ces évolutions ont ouvert la voie à une classe politique populiste, corrompue, voire criminelle. En Italie, le phénomène Berlusconi en est une illustration caricaturale. Mais la berlusconisation poursuit ses ravages dans toute l'Europe, et au-delà.

Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, 2007.

 

bon bref le gars latouche décline les affreux visages de la catastrophe et nous donne des débuts d'ébauches de réflexions de vagues possibilités de solutions de pistes à suivre si on veut pas (presque) tous crever comme des rats dans les plus brefs délais

des trucs qui commencent par RE, du genre REévaluer, REdéfinir ceci cela, REpenser tout le bordel

il est gentil latouche

tout le monde est très gentil mais concrètement personne n'a rien à proposer, on nage dans la plus parfaite utopie

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