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17.04.2009
l'enculiade - chant 11
bref au matin chacun enfile son armure en or massif rehaussé d'argent vu que c'est tous des rois bourrés de pognon et, après une tige et un petit kawa sur le pouce, se dirige vers le champ de bataille en rouspétant rapport au fait que la femme de ménage est encore pas passée et y'a des macchabées partout qui jonchent dégueulassement, c'est pas des conditions de travail ça, mais discipline oblige les deux armées se mettent quand même en rang l'une en face de l'autre et commencent à méthodiquement s'entrepercer la viande jusqu'à la pause de trois quarts d'heure à midi, sans compter les pauses pipi ça va de soi, on est pas des chiens
alors agamemnon on sait pas ce qui lui a pris ce jour-là: il était déchaîné
il tuait, il tuait!
les autres c'est pas dur, ils se sont mis à le regarder d'un sale oeil, voire à maugréer dans son dos que c'est rien qu'un enculé de stakhanoviste, c'est quoi ces cadences infernales? qu'est-ce qu'il cherche à démontrer au juste hein? qu'on y va pas à fond de notre productivité potentielle? bordel il a qu'à dire franchement qu'on est des feignasses et c'est marre
bon faut reconnaître n'empêche que grâce à aga les troyens se barrent dans tous les sens, y compris hector qu'est déjà rendu loin loin dans la campagne, caché au milieu d'un troupeau de vaches, quand soudain une greluche à moitié à poil apparaît et lui fait comme ça: valeureux hector, c'est le père éternel qui m'envoie, va donc délivrer orléans et bouter les anglois hors du... merde c'est pas ça, qu'est-ce que j'ai foutu de mes notes... ah voilà: t'inquiète pas valeureux hector, le vent va tourner, retourne au combat vite fait
ah bon tant mieux fait hector, après quoi il rameute ses troupes en fuite et regalope vers le champ d'honneur où, en effet, agamemnon a chopé une ampoule à la main droite à force de couper des têtes, il se réfugie dans sa tente afin de se faire sucer pour oublier la douleur, et hector se met à son tour à massacrer comme un damné, les achéens tombent comme des merdes
c'est le moment pile où achille se réveille avec la gueule de bois en pensant saloperie de foutre on avait dit qu'on levait l'ancre à l'aube, quelle heure il est?
dehors on entend des gens hurler et croiser le fer genre il doit être au moins neuf dix heures
achille sort en gueulant patrocle!
personne
il va pour pisser son bol contre un buisson mais dérape sur une flaque de sang frais
NOM DE DIEU PATROCLE!!
patrocle apparaît et lui fait la bise, il se passe quoi mon chou?
- où t'étais putain, ça fait deux heures que je t'appelle, c'est quoi ce boucan, ces flaques de raisiné partout?
- tu sais bien, la guerre de troie
- hé bé, on dirait qu'une fois de plus ça chie pour les achéens, va voir où ils en sont, pis trouve-moi de l'aspirine, un shoot de blanche, n'importe quoi mais fissa
- ben toi mon coco tu t'es levé du pied gauche
achille balance une pataugas que patrocle évite facilement avant de courir chez le vieux nestor: ça boume? il en est où le score?
- c'est ce gros enculé d'achille qui t'envoie fait nestor, dis-y que diomède, ulysse et agamemnon sont blessés, qu'il nous reste juste trois fantassins armés de coupe-ongles pour tenir tête à hector et son armée, et dis-y aussi qu'on l'emmerde
- bon bon
(vite la suite!)
08:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, humour, écriture, littérature






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