« file-moi ta culotte | Page d'accueil | dieudonné, humoriste engagé »
22.10.2008
file-moi ta culotte
je vous jure, c'est exactement les mots qu'elle a employés: file-moi ta culotte et demain en échange je te rends deux culottes, zéro risque
- mais lisa voyons, une culotte ça donnera jamais deux culottes
elle a juste roté et ricané en faisant: tu verras, tu verras
- comment tu comptes t'y prendre?
- trop complexe ma chérie, je peux absolument pas t'expliquer
et comme j'hésitais encore elle a fait semblant de se foutre en rogne: allez sale morue, c'est sans risque pour toi je te dis, le procédé est sûr à 100% garanti sur facture, allez putain tope là
là j'ai commencé à vaguement soupçonner un truc chelou, mettez-vous à ma place, mais pour gagner du temps j'y ai filé ma culotte et j'ai joué la bonne fille bien obéissante et pour tout dire bien conne, manque de personnalité, manque de tout, un rôle pour lequel je m'entraîne depuis toujours et soit dit en passant je suis pas mauvaise
ensuite on a sorti les bières et on s'est mis à lever le coude sérieux et même si au départ j'avais fermement dans l'idée de rester sur le coup je dois dire qu'à un moment donné j'ai lamentablement zappé l'histoire des culottes tout en lâchant une ignoble gerbe d'un vert acide sur l'accoudoir du canapé mais il en a vu d'autres, après quoi tout s'embrouille, y'a qu'une chose dont je sois relativement sûre c'est qu'on a rampé de concert jusqu'au pieu en chantant la digue la digue et en se foutant des grandes claques de débiles entre les omoplates, même que lisa s'est salement amoché à cause que j'ai cogné un peu fort et manque de bol elle s'est éclaté le menton sur le béton à l'endroit où la moquette a disparu depuis l'incendie de l'autre soir
au matin bien entendu les draps étaient tout durs de sang coagulé mais ce qui m'a ruiné d'un coup ma gueule de bois ç'a été de voir le ventre de lisa quand j'ai tiré tout ce merdier pour le foutre dans la baignoire à tremper: le nombril gonflé avec un cercle pointillé gros comme une grosse noix autour, son speech des culottes multipliées par deux m'est revenu comme un flash et ça a fait jbing dans ma tête: aucun doute, ma lisa -- si belle, si rude, si bonne siffleuse de canettes -- mon amour qui dormait là, toute ronflante, auréolée de pureté et de taches de pipi -- ma lisa s'était fait mordre par un CAPITALISTE!
j'ai été m'enfermer dans les chiottes pour gerber sans la réveiller
clope au bec je me suis refais la scène dans ma tête, comme si j'y étais, ma lisa seule à la maison et ce mec entrant sous un prétexte quelconque, beau gosse, cravate, n'oublions pas qu'ils ont le pouvoir de changer leur apparence, elle se méfie pas ma lisa si pure ou alors s'il est plus de midi elle est déjà schlass ô mon amour, elle entrave que dalle, le monstre en profite pour lui fourguer d'abord un petit compte épargne, l'air de rien, bientôt elle est à point, à genoux elle lui pompe le dard et l'appelle mon sauveur et tout et alors ce chacal lui balance le coup de grâce: des obligations à 15% l'an ma petite dame et sans risque aucun ça vous tente? à ce moment précis on dirait que ma lisa se réveille d'une sorte d'hypnose, elle veut résister, fuir, mais en posant le pied sur une canette à moitié vide elle se viande à faire trembler l'immeuble et quand la poussière retombe on voit le capitaliste penchée au dessus d'elle, imprimant sa marque hideuse en forme de pièce de deux euros sur le ventre flasque et immaculé de ma pauvre lisa ô lisa j'ai mal ton innocence foudroyée et moi qui vais devoir te fuir pour pas que tu m'entubes et toute ta vie désormais lisa cette faim inextinguible POURQUOI?!
dégueulasse
pour oublier ces horreurs j'ai été chercher quelque chose à boire
17:16 Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, capitalisme, humour, pognon, culotte





Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://jaipasenviedenparler.hautetfort.com/trackback/1858139
Commentaires
Merde !!
La crise financière s'attaque aux culottes !!
Bon alors, je te propose :
Si tu veux acheter des slips, des caleçons et des culottes, voire même des chaussettes, je te fais crédit à taux variable non capé, ce qui me fait des titres de créance.
Durant les premiers mois d'utilisation desdits slips etc, le taux d'intérêt sera de 2%, mais passé un certain délai, il pourra osciller entre 8 et 12%, je suis pas censé te le dire, mais bon, je suis quand même sympa.
Ces créances portant sur des culottes, des slips etc, je les revends à des banques pour me faire du pèse, et si tu ne payes pas tes crédits, c'est eux qui se démerdent.
Ils revendront les créances culotiennes, chaussettiennes, slipesques et autres aux chinois et aux arabes, le tout sera coté en bourse, vendu et revendu, sous des appellations ésotériques du genre SLIP307 - SICAVBEOCHAUSSETTES- SOUTIF-PEA478x- ACTIONCULOTTEFIX4895 et tout le monde sera content.
Par contre, ce qu'il ne faut SURTOUT PAS DIRE, c'est que si la valeur de la culotte baisse, c'est à dire si elle devient jaune devant et marron derrière, entre autres, ou si les chaussettes puent trop les pieds pourris de fromage ou bien si l'heureux possesseur n'a aucune hygiène, alors là, c'est la crise car il ne peut plus revendre !
Et si ennnn plus tu ne peux plus rembourser ton crédit, non seulement on te foutra dehors de chez toi parce que ta culotte est sale, mais en plus tu seras foutrement coupable d'avoir crasché une gentille banque qui ne demandait qu'à te rendre service...
Non, franchement, non !!!! C'est toujours les ménages qui exagèrent.
Merde alors !!
Il reste encore des frites ?
Ecrit par : Zhang | 23.10.2008
c'est beaucoup plus clair que dans "les échos" :DD
Ecrit par : insanity jane | 24.10.2008
Ecrire un commentaire