« l'art de bien chier | Page d'accueil | batman nique les afghans »
22.08.2008
l'art de bien chier
Traduit de l'anglais The Art of Well Shiting par le Dr Neville G. Barrett
(Ci-contre, le Dr Barrett en train de chier)
A Maman qui m'a tout appris.
1) Quelques définitions
Chier - v. intr. - XIIIè lat. cacare, esp. cagar - 1. Faire sortir la merde de son corps en poussant notamment au niveau des muscles du trou de balle. - syn. Excréter, déféquer, faire caca, couler un bronze, fienter, lâcher sa vieille bouse, etc. "Gregory Watts entra en coup de vent dans le Bureau Oval et, sans barguigner, chia sa race en grimaçant d'extase." (G.W. Bush, Mémoires, à paraître). - 2. fig. En chier: avoir des difficultés. "Je te raconte pas comme j'en ai chié pour lui rentrer ma queue entre les miches. Elle voulait pas la connasse." (Actes des Apôtres, Récit des Tentations de Saint Zacharie le Pieux, Livre III, verset 26-27).
Merde - n.f. et interj. - fin XIIè lat. merda - 1. La plus importante production solide du corps humain, en terme de volume comme de puanteur. La merde est produite en continu au fond d'un certain nombre de boyaux dégueulasses et résulte de la décomposition de toutes les saloperies qu'on bouffe. - syn. Caca, crotte, excrément, etc. - 2. fig. Chose de peu de valeur. "Batman? C'est une merde. Quand je veux je le nique au bras de fer." (Snailman dans Les Stupéfiantes Aventures de L'Homme-Escargot, fascicule 522, p. 17, case 3, décembre 1991). - 3. interj. Exclamation exprimant la surprise, la joie, la colère, etc. "Merde putain pépé t'as encore chié dans ton froc t'es qu'un enculé!" (Victor Hugo, Les Misérables, chapitre XI).
2) Remarques liminaires et installation de base
Pour bien chier, il faut avoir bien bouffé. A première vue, cela nous semble un truisme, et pourtant aucun Biaffré, aucun SDF sri-lankais tirant la dalle à Paris en évitant les patrouilles de flics ne vous pondra jamais la moindre merde digne de ce nom; tous les spécialistes un tant soit peu sérieux s'accordent sur ce point. A l'inverse, trop bouffer n'est pas non plus recommandé, car cela conduit à la gerbe plus souvent qu'à la chiasse. Le Bon-Chieur sait où se situe le juste milieu. Avec l'expérience, il apprend à choisir et doser précisément son alimentation afin de produire des pralines de la couleur et de la consistance souhaitées.
Ce point étant éclairci et la matière étant prête à jaillir de nos boyaux, nous voici à l'entrée des chiottes. On ne dit pas assez qu'ici commence l'art de bien chier. En effet, avant même de s'asseoir et de lâcher sa bouse, et quelle que soit l'urgence organique éprouvée au niveau du trou du cul, il convient de nous assurer que les conditions minimales sont remplies. Peu nombreuses, ces conditions sont toutefois essentielles. Elles constituent la base du bien-chier.
Nous proposons la checklist suivante:
- Ce lieu est-il équipé d'un trou assez proche du sol - 40 cm maximum, 25 pour un jeune enfant - pour que nous puissions y accéder (donc y chier) sans acrobatie superflue, et assez large pour laisser passer notre boudin, lequel, en moyenne, n'excèdera que rarement les 3 cm de diamètre (prévoir une marge de plusieurs centimètres)? Au-delà de la question (évidemment cruciale) des dimensions dudit trou, nous nous permettons d'insister vivement sur sa présence. Trop d'êtres humains (ou se disant tels) de par le vaste monde, déposent encore leur crotte à même le sol à l'instar de vulgaires chinetoques. Nous sommes fermement convaincus que, pour des motifs mystiques (pensons à l'inhumation des morts, aux stigmates du Christ, etc.) autant que civilisationnels (les singes ne chient pas dans des trous), il est du devoir sacré de l'homo sapiens de fienter dans un trou.
- Avons-nous à portée de main - à moins d'1 m du trou en question, 50 cm pour un enfant - de quoi nous torcher le fion lorsque l'acte sera consommé? Papier hygiénique, essuie-tout, journal local, journal national, livre de Marc Levy, torchon, serviette de bain, serviette de table, serpillière, éponge (humide de préférence), pièce d'habillement quelconque (éviter cependant les fermetures éclair, ainsi que le velours côtelé qui laisse de la merde dans les rainures), chat, oie, canard, gros pigeon, galet poli par le ressac, barbe de vieillard, etc., les possibilités sont légions mais il nous faut absolument quelque chose. Et quelque chose d'extérieur à notre propre corps. En d'autres termes, le Bon-Chieur n'acceptera sous aucun prétexte d'essuyer sa merde à main nue.
- Sommes-nous seul(e), c'est-à-dire hors de vue de tout être humain en vie? Notons ici que même la présence d'un aveugle - vis à vis duquel nous sommes pourtant stricto sensu hors de vue - est susceptible d'inhiber certaines personnes et, en provoquant une contraction involontaire des muscles du fion, de les empêcher de chier la moindre merde. C'est terrible mais c'est ainsi. De nombreuses études l'ont démontré.
- La porte est-elle équipée d'un verrou qui fonctionne? Si tel n'est pas le cas, il est évident que, même si nous nous sommes assuré(e) d'être seul(e), rien ne nous garantie qu'un(e) intrus(e) - voire plusieurs, voire un troupeau de caribous (c'est arrivé!) - ne va pas surgir au moment ô combien délicat de l'expulsion du boudin (cf. ci-après, paragraphe 4, alinéa 3). Le verrou a pour fonction de nous prémunir contre toute remise en question de notre nécessaire solitude pendant l'acte merdique.
3) Ultimes préparatifs
Les conditions sont à présent réunies afin que nous puissions produire une belle merde bien puante. Mais avant de passer à l'acte proprement dit, il nous faut encore exécuter certains gestes qui, comme nous l'allons voir, ne sont pas dépourvus d'importance (à réaliser dans l'ordre):
- Procéder à un déshabillage partiel. C'est fondamental! Ce geste simple, à la portée même des trisomiques et des nègres, nous évitera de nous en foutre plein le bénard et, par voie de conséquence, de nous tartiner de la merdasse jusqu'aux aisselles. La partie à dénuder a minima est comprise entre le nombril et les genoux. Il est également possible - quoiqu'inutile - de retirer ses chaussettes pour chier.
- S'asseoir. D'aucuns vous affirmeront qu'en se déchaussant et en écartant un tant soit peu les guiboles, on peut fort bien chier debout. Nous ne récusons pas l'assertion. Nous prétendons simplement que la position assise offre les meilleures garanties d'une parfaite extraction de la merde. Sans compter qu'on évite ainsi le risque de s'éclabousser les pieds en cas de faible densité des matières (e.g. chiasse). S'asseoir, donc, mais pas n'importe où ni n'importe comment. Nous aurons soin de nous placer le trou du cul exactement à la verticale du trou du chiotte, ceci afin de ne pas beurrer la lunette. Mieux encore: osons recommander aux plus raffiné(e)s d'entre nous une position légèrement en retrait qui, par pression sur le fond de la lunette, et par le simple effet de l'attraction gravitationnelle et du poids du haut du corps, facilitera l'ouverture des miches nécessaire à l'écoulement de la merde sans s'en foutre sur tout le pourtour du fion.
4) L'acte de chier proprement dit
Enfin, nous sommes assis(e), déculotté(e) et prêt(e) à chier! L'acte lui-même se déroule en quatre temps (comme le moteur à explosion):
- Inspiration: Elle permet d'emmagasiner l'air nécessaire à l'expulsion du colombin hors du trou de balle. La profondeur de notre inspiration sera proportionnelle à la quantité de merde à produire: de petites inspirations donneront un chapelet de crottes, tandis qu'à l'inverse, une ample réserve d'air dans les poumons nous assurera de chier un bel étron d'un seul tenant.
- Blocage: Le diaphragme se tend tel l'arc de l'intrépide Ulysse aux mille ruses. Le calme règne avant la tempête. Le Ver Brun (vermis brunus) cher aux alchimistes se tient tapi dans le néant de mon cul, se préparant à franchir la barrière cosmique qui sépare l'être du non-être. Nous voici à présent dans l'oeil du cyclone et tout va se jouer dans la seconde suivante. On dit que le Créateur lui-même, à l'aube du Septième Jour, retint son souffle, effrayé des répercussions possibles de Son projet grandiose à travers les siècles des siècles. Si nous ne sommes pas de nature aventureuse, il est encore possible de renoncer, de fuir avec toute cette merdasse inchiée à l'intérieur du bide (ne pas omettre de se reculotter, toutefois). En revanche, si nous acceptons les risques d'éclaboussures merdiques, alors il est temps de passer à l'...
- Expulsion: C'est l'apothéose, l'instant suprême et culminant dans l'acte de chier! A travers les âges et les civilisations, les poètes ont chanté à l'envi cette fulgurance inouïe du corps et souhaité que le temps suspendît son vol absurde, car à cet instant, et à cet instant seulement, le Bon-Chieur percevra la juste rétribution de ses efforts et l'odeur revigorante, majestueuse de la merde encore tiède.
- Détente: Ne surtout pas la négliger! Il s'agit désormais, après l'orgasme de l'expulsion, de recharger nos batteries afin de faire face à la venue toujours possible d'un nouveau boudin.
5) L'après
Que faire après avoir chié une belle bouse dans les règles de l'art? C'est la question qui revient comme un leitmotiv lancinant dans nombre de lettres de patients angoissés. La réponse tient en peu de mots:
- Se torcher. Opération complexe s'il en fut, le torchage fait appel aux étonnantes capacités proprioceptives de notre cerveau pour conduire, sans le secours de la vue, notre main garnie de papier (ou journal, torchon, éponge, etc., cf. paragraphe 2, alinéa 2) jusqu'à l'endroit précis où se situe notre trou du cul. En soi, voilà déjà un petit miracle! Un millimètre d'erreur à gauche ou à droite et c'est la catastrophe: nous nous sommes beurré de la fiente plein les doigts et probablement sous les ongles. Mais pas de panique. A l'instar du sage hindou Prahlinvada (XVIè s.), laissons la conscience des choses nous pénétrer avant d'agir... Pas trop longtemps, cependant, car la merde est en train de nous sécher sur le trou de balle.
- Se rhabiller. En effet, si nous avons consciencieusement suivi point par point les instructions permettant de bien chier (cf. notamment ci-dessus, paragraphe 3, alinéa 1), nous avons à ce moment précis le cul à l'air. Il est donc indispensable, avant toute apparition en public, de remonter et reboutonner son froc. Ce geste élémentaire nous évitera 1) de nous péter la gueule dès le premier pas, 2) d'offrir aux regards d'autrui un appareil uro-génital et des miches que la Morale nous recommande de toujours - sauf consultation médicale et copulation - tenir cachés.
- Se laver les mains, en particulier dans le cas où l'opération de torchage (cf. ci-dessus, alinéa 1) ne se serait pas déroulée tout à fait comme prévu.
6) Pour en savoir plus...
Nous n'avons évidemment pas épuisé le sujet, loin de là, mais nous connaissons désormais les règles d'or du Bien-Chier. Les plus exigeants d'entre nous pourront glaner quelques informations complémentaires ci-dessous et en suivant les hyperliens:
- La merde est réputée pour sa qualité d'engrais mais c'est une grosse connerie: en réalité, elle ne sert strictement à rien et il est d'usage de s'en débarrasser le plus rapidement possible.
- La merde est vieille comme le monde: les trilobites et les dinosaures en produisaient déjà des quantités phénoménales. On a ainsi retrouvé, un peu partout dans le monde, des dizaines et des dizaines d'étrons fossiles qui sont actuellement en cours d'analyse dans les plus laboratoires les plus réputés.
- Le merdium, élément chimique de symbole Mr et de poids atomique 116, est mou, malléable, généralement brun sombre. Au contact avec l'air, il se dessèche rapidement. Au contact de l'eau, il forme en un clin d'oeil une soupe dégueulasse et absolument infecte. Le merdium a été isolé en 1808 par Sir Humphry Davy après que son oxyde, la merdite, ait été identifié dans un vieux chiotte abandonné d'Europe Centrale.
- Une merde-étalon est conservée depuis 1862 dans la chapelle du Musée des Arts et Métiers de Paris, sous atmosphère contrôlée (photo ci-contre). Elle y côtoie le célèbre pendule de Foucault, la machine de Léon Bollée et d'autres conneries antiques.
- Une passionnante controverse scientifique s'est dernièrement fait jour au sujet de la merde manquante (également désignée sous le nom de "merde noire"). En effet, nous savons qu'un individu en bonne santé produit environ deux tonnes de merde en trente-cinq ans d'existence, ce qui équivaut à la durée de vie moyenne d'homo sapiens depuis son apparition il y a 200.000 ans. Un rapide calcul nous donne donc, pour l'ensemble de l'Humanité ayant vécu (80 milliards d'individus), un poids total de 160.000.000.000 de tonnes (cent soixante milliards). Or, certains chercheurs, dont notamment le Pr Andrezjw Bosinski de l'Université de Cracovie, ont mis en évidence le fait qu'on n'observerait dans l'univers qu'environ 10% de cette masse de merde. Les 90% restants demeurent introuvables et seraient peut-être, aux dires des astrophysiciens ralliés aux théories du Pr Bosinski, à l'origine du Big Bang.
- Pour la composition exacte de la merde humaine, voir l'encyclopédie Vulgaris-Médical
(c) Dr Neville G. Barrett. Paru dans Cospopolitan du 12 avril 2008.
15:45 Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : merde, santé, société, humour, fion, usa





Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://jaipasenviedenparler.hautetfort.com/trackback/1760834
Commentaires
Démonstration BRILLANTISSIME !
J'en suis constipé d'admiration.
Ecrit par : Zhang | 22.08.2008
pète un coup ça ira mieux
(ça me fait penser... il faudrait peut-être que je vous parle aussi de l'art de péter...)
Ecrit par : Insanity Jane | 22.08.2008
putain... t'vois, qu'est-ce que je disais !
Ecrit par : WonderWoman | 23.08.2008
ça, pour être dans la merde, on peut dire qu'on y est :)
Ecrit par : Insanity Jane | 23.08.2008
Ca, je vais l'imprimer et le coller sur le mur de mes toilettes.
Encore un truc qui va bien me servir !
Ecrit par : Pau | 23.08.2008
pense à faire circuler aussi, je suis sûre qu'y'a encore un tas de cons qui chient n'importe comment, on est pourtant au xxième siècle, c'est hallucinant!
Ecrit par : Insanity Jane | 23.08.2008
ahhhhhh .... que de beauté ...
Allez un truc qui va avec : http://lenia.hautetfort.com/archive/2007/10/18/crepitus-ventris-pendant-les-greves.html
car l un ne va pas sans l autre ...
(Sinon sur le coup en haut à gauche j ai cru que c était David Douillet en photo ! )
Ecrit par : Lénia | 25.08.2008
david douillet? un autre chieur célèbre?
Ecrit par : insanity jane | 25.08.2008
Ecrire un commentaire